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jeudi 7 novembre 2019

War for the Rose Throne, book 1: Priest of Bones de Peter McLean

Ace books, 352 pages, 2018, fantasy


Quand le Parrain rencontre un monde de fantasy.

On nous raconte le retour de la troupe de Tomas Piety après avoir gagné la guerre pour leur reine. Leur capitaine n'étant plus la pour les guider, ils continuent à suivre son second, Tomas. Celui ci était aussi le prêtre de la troupe, sa déesse étant la déesse des guerriers, celle qui ne demande rien mais soulage les peines de ceux ci.
Tomas rentre chez lui pour reprendre sa vie en main. En effet, il était un des boss de la pègre d'un des quartiers pauvre d'une ville de province avant la guerre.

Mais quelle est sa surprise de voir que quand il rentre il n'y a plus rien. Son "business" a été cannibalisé par des inconnus et il va devoir repartir de zéro si il veut pouvoir survivre dans un pays en proie à la famine et la maladie. Il lui faut rapidement commencer à le reconquérir pour pouvoir payer ses hommes, qui ne resteront pas longtemps à ses cotés sans ça.

En plus de tout ça, il est contacté par les espions de la reine, avec qui il travaillait déjà avant. Ceux ci pensent qu'une puissance étrangère essaye de les déstabiliser de l'intérieur, notamment en reprenant par la force les "entreprises" telles que celles de Tomas. Ils veulent bien l'aider à faire à nouveau sa place... à condition que ça soit en suivant leurs ordres.
Tomas ne sait vraiment pas dans quoi il a mis les pieds !

Le héros est sans pitié, c'est un patron de la pègre locale et il connait les règles. Mais il a aussi des règles de vie finalement assez droites : il ne supporte pas les viols, il accepte les différences, il ne veut pas de drogue dans ses rues ... Finalement si l'intrigue ne se déroulait pas dans les taudis d'une grande ville, ça pourrait limite être de la high fantasy.

Au final, pour moi Toma est un faux personnage sombre. Il prétend qu'il ne se préoccupe pas des gens mais il est quand même prêtre, il entend leurs confessions, et sans râler (alors que c'est un peu sa spécialité). Il sait rassurer aux pires moments, et il est souvent touché par leurs problèmes.
Il n'est pas mauvais, ce n'est qu'une façade de dur à cuire pour survivre dans ce monde. Quelqu'un qui en a trop vu et pour qui la violence est juste le court normal des choses, les règles qu'il a appris à suivre pour survivre.

Il a été mis trop jeune dans des situations qui l'ont endurci, mais son passage dans l'armée l'a changé et il a un sentiment d’appartenance qu'il n'avait pas avant.  Ce sont ses hommes, ils se sont sauvés la vie mutuellement à de nombreuses reprises et ont été ensemble dans des situations horribles. Ça renforce les liens.
Pour eux il tient, il ne flanche pas malgré son envie à certains moment.
J'ai bien aimé aussi son ton détaché. Il est toujours à prendre du recul sur chaque situation, sans jamais vraiment s'affoler. C'est un personnage très réfléchis au final.

Concernant l'intrigue c'est sans doute le point le moins remarquable du livre. C'est du déjà vu, et j'ai trouvé ça assez prévisible dans l'ensemble.
Ceci dit j'apprécie toujours une bonne histoire de malfrats en fantasy donc ça ne m'a pas déçu en soi. C'était juste un peu banal et aurait mérité un élément nouveau pour se démarque un peu.

Le seul point que j'ai moins apprécié à été le final de ce tome. Surtout la façon dont c'était fait. Pour moi c'était un changement trop brusque et pas logique pour le personnage principal. Je sais que c'est censé annoncer la suite, qui sera plus politique et moins pègre mais je n'ai pas trouvé que ça collait avec le personnage qui est un homme des rues, parle comme un homme des rues, à des manières d'homme des rues, et qui n'a jamais eu envie d'être autre chose.
Il a toujours parlé avec dédain des riches, des puissants et de leur vie, et du coup le voir accepter d'en devenir un juste parce qu'on lui a demandé me semble un peu bizarre. En plus pour moi il se fait un peu trop mener à la baguette par l'espionne. 

En bref, j'aurais préféré que le changement soit plus progressif sur l'ensemble du tome, et pas casé dans les 30 dernières pages.  Après c'est vrai que l'idée de voir Toma et sa bande passer du coté de la politique locale n'est pas pour me déplaire en soi, ça va nous changer. Ils ne vont plus du tout être dans leur milieu naturel donc ça risque d'être drôle de les voir se dépatouiller de tout ça sans provoquer de catastrophes.

J'ai passé un bon moment dans cette lecture. Ce n'est pas le livre de l'année mais j'ai fini par m'attacher à Toma Piety et sa petite bande de bras cassés.
L'ensemble était quand même moins sombre et "dark fantasy" que ce que j'imaginais en me lançant dedans, tout en restant assez brut et graveleux quand même.


15/20

jeudi 19 mai 2016

Le Livre malazéen des glorieux défunts, tome 2 : Les Portes de la maison des morts de Steven Erikson





Titre Original : Deadhouse Gates
Date de sortie :  2008
Éditeur : Calmann-Lévy
Nombre de pages : 393




Résumé :

Dans le désert de Raraku, en plein cœur du continent de Sept Cités tombé sous la domination de l'Empire malazéen, la révolte gronde: la prophétesse Sha'ik et ses fidèles, avec l'appui inattendu d'anciens Brûleurs de Ponts las de l'absolutisme de l'impératrice Laseen, préparent le Tourbillon, la Guerre Sainte contre l'occupant annoncée dans le Livre de Dryjhna.
D'une ampleur inédite, tant par sa taille que par sa sauvagerie, ce maelstrôm de sorcellerie et de folie guerrière va entraîner l'Empire malazéen tout entier dans un des conflits les plus sanglants de son histoire, changeant les destinées et donnant naissance à des légendes...


Avis de Lianne

Ce livre n'est que la première moitié du second tome de la série du Livre Malazéen des glorieux défunts. Je fais donc cette chronique sans savoir la fin vu que je n'ai pas encore lu la seconde moitié.

Ce livre est la chronique d'un monde perdu, ou tout comme, un monde cruel et sans pitié. Un monde ou malgré une tendance générale, oui on est plus ou moins tous d'accord pour dire que l'empire Malazéen est mauvais, il n'y a pas de camp bon ou mauvais. 
Tout est relatif, en fait je crois que je dirais que cette moitié est vraiment très chaotique. Elle est la pour nous montrer que malgré le fait que le lecteur est pour la rébellion contre l'empire, cette rébellion n'est pas bonne non plus en soi. Elle est presque aussi mauvaise que le mal qu'elle est sensé combattre. Elle n'est composée que d'un peuple avide d'un haine énorme et qui marchera sur tout pour atteindre son but, peu importe si on torture et viole des enfants à tous les coins de rue, peu importe si les personnes qui le subissent ne sont au final pas plus pour l'empire qu'eux (car l'empire est composé de nombreux peuples qui ne sont pas du tout unis), et peu importe si on brule des citées entières pour y arriver.

C'est une des raisons qui ont fait que ce tome a été difficile à lire pour moi.
L'autre raison vient du fait que ce tome reprend une trame différente du précédent. On suis de nouveaux personnages dans des endroits nouveaux et qui ont des objectifs dont on ne parlait pas du tout dans le tome précédent. Je ne m'y attendait pas et donc j'ai été vraiment très surprise de retomber dans un tome qui était si différent. Un peu comme si on repartait à zéro dans une nouvelle série et j'étais vraiment perdue pendant un long moment.
Bon les liens avec  le précédent finissent par arriver mais ils sont tardif dans ce demi-tome, et résultat mon rythme de lecture n'a pas été important sur tout le début.

Néanmoins je pense qu'il y a un bon potentiel pour la suite, et même si mes personnages préférés du début ne le sont plus sur la fin, d'autres qui n'avaient pourtant aucun attrait au début en ont gagné au fur et à mesure de ma lecture.
Comme dans le premier tome on suis plein de personnages qui semblent au début être dans des situations très différentes sans aucun lien, mais au fur et à mesure de l'avancée on fini par voir des liens entre eux, et on comprend l'importance de la trame principale qui les englobe tous.
La "magie" de ce monde est toujours aussi mystérieuse, et j'ai du fois un peu de mal à appréhender les choses, on a des espèces de dimensions parallèles d'où les mages puissent leur pouvoir mais on en sais pas grand chose de plus. Il y a des Dieux et autres divinités ou personnages qui en sont devenus un peu partout. C'est à la fois très primitif et très évolué.

L'écriture d'Erikson (même si il s'agit d'une traduction j'en suis consciente mais les avis que j'ai lu sur la VO en disent la même chose donc elle semble réussie) est vraiment très brut, viscérale, elle prend aux tripes. On a l'impression d'être avec les protagonistes plongé dans la boue et les odeurs de morts. Particulièrement pour ce tome je trouve, le précédent étant moins désespéré dans un sens, mais peut être que cet avis vient du fait que j'ai lu tout le tome d'un coup et pas juste une moitié.
Si vous avez envie de lire un livre ou il n'y a pas de héros et ou tous les protagonistes doivent subir de nombreuses épreuves plus horribles les unes que les autres le tout dans un monde très primitif et plongé dans le chaos, cette série est faite pour vous. Mais assurez vous d'avoir le courage nécessaire au voyage car à coté de cette histoire, GoT fait office de voyage d'agrément.


16/20 J'attends la suite pour donner ma note finale.

Challenges :