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dimanche 26 janvier 2020

Les Lions d'Al-Rassan de Guy Gavriel Kay

J'ai lu, 730 pages, 1995, Fantasy


Malgré le fait que ma lecture de ce livre soit mal tombée, pendant une panne de lecture, je l'ai tout de même adoré. Preuve si il en est de sa valeur.

Cette période a été difficile pour moi, j'avais du mal à trouver le temps et la motivation pour lire et il se passait des fois des semaines avec moins de 10 pages d'avancée. Ce qui fait que j'ai mis quasiment 2 mois à le terminer. 

Malgré son coté interminable, une chose ne m'a jamais quitté durant la lecture : mon amour pour les personnages. Ainsi que le fait que je ne pouvais que réaliser le fait que j'appréciais cette lecture même dans les pires moments, chose inhabituelle car j'ai abandonné quasiment tout les autres livres (beaucoup) commencé durant cette période alors que je me suis accroché tout du long sur celui ci.

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune avec Lutin, Aelinel, Elhyandra, Zaphrina, Lupa et Codaleia qui porte sur les livres de Guy Gavriel Kay.



Ce livre se déroule dans une époque basée sur la Reconquista espagnole, et évoque l'histoire du Cid, dans la région d'Al-Andalus durant la période troublée du 11ième siècle ou les chrétiens se lance dans sa reconquête.


Depuis l'assassinat du dernier Calife, le pays est en proie au chaos alors que plusieurs peuples et religions s'y croisent.
Les jaddites (qui évoquent les catholiques) occupent le nord et désespèrent de retrouver l'Espéragne d’antan qu'ils ont perdu, les ashirites (les musulmans) le sud et leur zone s'est divisée en plusieurs citées-état qui ne sont plus unies, et on retrouve aussi une minorité kindath (juive) un peu partout. 

Dans ce contexte troublé, nous faisons la connaissance d'Ammar Ibn Khairan. Celui ci a un passé chargé car c'est lui, tout jeune, qui a été chargé d'assassiner le Calife. Depuis il a muri et est devenu un diplomate et un poète mais sa réputation est toujours aussi mauvaise parmi la population et certains peuples.

Son propre roi fini par l'abandonner pour des raisons politiques et il s’exile dans la superbe cité de Ragosa, une ville dirigée par un roi érudit et ou l'art a une place de choix. Sur place il fait la connaissance d'un autre homme de son temps : Rodrigo Belmonte. Celui ci est un seigneur et un capitaine jaddite réputé dont le nom fait frémir ses ennemis. Il a aussi été exilé par son propre roi suite a une dispute avec un autre seigneur qui a dégénérée.

Entre les deux exilés, le guerrier et le poète, l'amitié est immédiate et très forte. Renforcé par leur amour d'une jeune femme médecin kindath, Jehane bet Ishak, qui réside dans la ville après avoir du fuir son lieu de naissance à cause d'une fort sentiment anti-kindath qui s'y était développé. 

Le lien fort entre ces trois personnages si différents est au cœur de l’intrigue de ce livre. Finalement tout ce qu'ils souhaitent c'est être en paix quelque part. Mais malheureusement pour eux ils ne vivent pas dans la bonne époque et la guerre de reconquête est à leur porte. Survivre va devenir un combat de tout les instants et chacun va devoir choisir son camp ...

- Dites-le moi. Que doivent faire des hommes d'honneur dans une telle guerre, Ammar ?
- Se massacrer jusqu'à ce que quelque chose prenne fin en ce monde.

Guy Gavriel Kay n'est pas un auteur qui précipite les choses. Les relations entre les personnages et la tapisserie de fond sont vraiment développés tout au long du roman.

Étant donné ma façon peu habituelle de lire ce livre, je ne peux pas dire que j'y ai vu des longueurs (du moins je ne peux pas différencier les longueurs du fait que j'ai mis si longtemps à lire le livre de celles que j'aurais vraiment ressentit si je l'avais lu d'une traite). Mais une chose est sure c'est qu'il ne faut pas lire ce livre en s'attendant à un livre d'action au rythme effréné.

Une chose qui m'a marqué c'est la facilité qu'à l'auteur a donner vie à un personnages en quelques lignes ou quelques phrases de dialogue. Ils sont tous bien distincts et on tombe très vite sous leur charme.
J'ai vraiment apprécié tout les personnages de ce livre, même les plus sombres. Finalement tous ont des nuances, tous ont des motivations personnelles et un passé qui viennent naturellement.

En fait une partie des raisons qui ont fait que j'ai mis tant de temps à lire ce livre était que je ne voulais pas voir les personnages souffrir tellement je les appréciais. Mais la tension ne cessait de monter et je ralentissais ma lecture au fur et à mesure. Certaines situations sont vraiment propres à vous briser le cœur.

J'ai particulièrement apprécié le personnage d'Ammar.
C'est un personnage droit qui sait les fautes qu'il a commis. Il a un regard réaliste sur ses propres actions et prend toute la vie avec un certain humour des fois un peu cynique.
Il est très intelligent et est capable de lire une situation et d'en trouver la solution rapidement. Sa capacité d'analyse le sauvera à plusieurs reprises. 

Rodrigo et Jehane n'étaient pas très loin derrière, bien sur. Le trio se complète bien, chacun ayant une particularité et une façon d'être qui donne une force à l'ensemble.


Je regrette que ce livre ai été lu en si mauvaise période. Parce que pour que j'ai pu autant l'apprécier malgré tout c'est qu'il aurait surement été un coup de cœur sans ça. Je m'avance peut etre, bien sur, mais j'ai tout de même décidé de le  mettre dans ma liste des relectures à faire un jour, histoire de valider ou pas cette théorie.


Au final j'ai passé un excellent moment en compagnie de ces personnages. Je comprend pourquoi ce livre est si reconnu (c'est l'un des plus connus de l'auteur) et je ne peux que le recommander à ceux qui voudraient lire une fantasy un peu différente, très prenante et documentée. 


17/20


dimanche 12 janvier 2020

Sun Eater, book 2: Howling Dark de Christopher Ruocchio

Daw, 688 pages, 2019, Science-fiction


Un excellent second tome, qui fait bien évoluer le personnage principal.

Pour rappeler et compléter ce que j'avais déjà dit sur l'univers dans la chronique du premier tome : Empire of Silence, ou L'Empire du silence vu qu'il est prévu en VF pour mars 2020. 

Ici nous suivons Hadrian Marlowe, un homme qui est à la fois célébré comme un héros, car il a détruit dans les flammes l'antique ennemis des humains, les aliens carnivores Cielcin contre lesquels ils étaient en guerre depuis des siècles, et considéré comme un monstre car il a anéantit un soleil entier, tuant d'un coup 4 milliards de personnes, dont l'empereur lui même.

Mais Hadrian n'est qu'un homme. Il a du faire des choix dans des situations tragiques. Il décide donc de raconter son histoire pour que le futur distingue l'homme de la figure historique. 

On est dans un monde ou des Ai super développées ont faillit détruire l'humanité alors qu'elle était au début de son ère de colonisation spatiale.
L'empire Sollan c'est formé à ce moment la et après bien des échecs a enfin réussi à repousser les AI et à reprendre le contrôle des terres.

Depuis, dans l'empire, toute technologie plus évoluée que de la simple mécanique est quasiment proscrite. Sauf pour ce qui est du transport qui lui est réservé à l'élite et très fortement contrôlé. Il y a aussi des exceptions faites pour l'armée.

L'élite est aussi la seule à avoir accès à la génétique, et depuis des siècles ils se sont améliorés de telle sorte qu'ils ne ressemblent plus vraiment aux humains de la plèbe. Ils vivent pas loin d'un millénaire pour ceux les plus proches génétiquement de l'empereur, sont bien plus grands (ils atteignent facilement les 8-9 pieds - 2m50 pour certains), n'ont quasiment jamais de cancer et se régénèrent plus rapidement que les autres.

D'ailleurs le narrateur du livre a 1500 ans quand il commence ses chroniques, et il fait une tête de plus que ses amis plébiens qui l'accompagnent. Les officiers plébiens de l'Empire Sollan dans l'armée atteignent les 300-400 ans en général quand ils ne font pas parti de l'élite qui peut aller bien plus loin (on les fait augmenter aussi quand ils deviennent utiles).

Ils sont tous contrôlé par un clergé qui a la mainmise dans tout et qui n'hésite pas à qualifier d'hérétique toute technologie ou abus de génétique. Et ils ne font aucune exception.

Comme je le disais donc dans ma chronique du premier tome, on a un monde très contrasté. La plèbe vit quasiment dans un monde antique, avec juste un minimum d'électricité pour les lumières, alors que l'élite de l'empire peut se balader de monde en monde a bord de vaisseaux limite supraluminiques.

Il n'y a pas que l'Empire Sollan dans l'univers, même si celui ci contrôle quand même la grosse majorité des mondes.
Ils sont alliés à d'autres peuples, en paix, même si ceux ci autorisent souvent bien plus de technologie qu'eux.

****

Dans le premier tome on suivait la jeunesse de notre héros (Hadrian) qui après s'être enfuit de chez lui pour ne pas être obligé de devenir inquisiteur dans l'église, survit dans la rue et devient champion d'arène (Gladiateur).

Dans ce tome ci il est devenu le "chef" d'une bande de mercenaires au service de l'empire. Tout ceci est en fait une farce, une façade pour les envoyer dans une mission secrète : essayer de communiquer avec les Cielcin, les extraterrestres prédateurs qui attaquent sans cesse les colonies humaines dans une partie de la galaxie. avec qui L'empire Sollan (et ses alliés) sont en guerre depuis 400 ans.

En effet une occasion unique se présente : Hadrian et ses amis ont réussi à faire prisonnier un des prêtres Cielcin, un gardien de leurs mémoires, qui sont normalement très protégés et dont aucun humain n'avait jamais eu de contact avec avant.
Ils comptent utiliser leur otage pour entamer des négociations de paix avec au moins un des Clans Cielcin. (et pour en profiter pour en apprendre plus sur les Cielcin, notamment leur langue)

Mais pour cela il faut arriver à trouver un intermédiaire qui pourrait avoir déjà des contacts (par exemple commerciaux) avec les Cielcin vu qu'il n'y a aucune forme de communication entre les deux peuples à l'heure actuelle.

Pour cela ils n'ont qu'un nom comme indice : Vorgossos.
Une planète aux mains des Extrasolarians, les indépendants ne faisant parti d'aucun empire ou monde et qui vivent dans les lieux les plus reculés et inaccessibles de la galaxie.

Hadrians et ses faux mercenaires ont déjà passé 50 ans à la poursuite de Vorgossos quand commence ce second tome et le moral des troupes n'est plus au top devant cette quête qui semble s'éterniser et ne jamais porter ses fruits ...
Pendant ce temps les Cielcin ont décimé des milliers de colonies humaines et des billions de vies ont été perdues.

Une dissension forte commence à se faire sentir entre Hadrian qui voudrait persévérer indice par indice, et le vrai commandant de ses faux mercenaire qui lui ne souhaiterait que retourner auprès des troupes pour combattre leur ennemi en face ...

C'est ainsi que commence ce second tome.

****

Dans ce tome on va donc explorer certains cotés non Sollan de la galaxie. Et mon dieu ce que ça peut être différent. En dehors de l'empire il n'y a aucune restriction technologique. Il n'est donc pas rare de trouver des humain-driades verts par exemple, fait pour survivre grâce à la lumière sans avoir à manger ou des hommes-machines dont seul le cerveau est encore organique (et encore).

En fait la seule chose qui est encore plus ou moins taboue c'est les AI. Tout le monde a encore peur des "meriicanis" (qui vient surement de "Américains"), les AI folles qui ont tenté de conquérir les humains en les "habitants" (en gros des ordinateurs organiques).

Dans ce tome on explore le monde bien plus en détail, et le fait d'avoir des avis extérieurs sur l'empire et ce qu'il s'y passe est éclairant sur certains points.

Le personnage principal est un idéaliste, il voudrait que tout puisse se terminer dans la paix, contrairement à ce que croient son empire et tout les humains plus ou moins. A-t-il raison? Je ne vous le dévoilerais pas mais un début de réponse nous est offert dans ce tome, du moins pour Hadrian et ses convictions. 

J'ai bien aimé aussi le fait que le héros commence en étant totalement anti-technologie. Il en a une peur panique qui lui a été inculquée depuis l'enfance et du coup il devra vraiment se secouer pour accepter la réalité qu'il va découvrir ici.
D'ailleurs des fois ses décisions sont un peu incompréhensibles pour le lecteur. Mais c'est fait exprès si j'ose dire.
Hadrian n'est pas parfait. Loin de la. Il fait même pas mal d’erreurs durant sa quête. Certaines qu'il va regretter, et d'autres qui vont l'amener contre tout attente bien plus loin qu'il imaginait.
Même le narrateur, lui même dans le futur, le reconnait.
C'est un héros qui arrive avec une vision biaisée de la réalité, et qui devra lutter contre ses propres convictions avant de pouvoir évoluer et continuer sa vie.


Dans l'ensemble on est sur de la science-fiction d'aventure grand spectacle.
On voyage dans de nombreux lieux, tous grandioses à leur façon. J'ai pris grand plaisir à les imaginer, colorés ou sombres, magnifiques ou hideux ...

Les événements s'enchaînent à un bon rythme, et pourtant on pourrait presque dire qu'à certains moment le rythme est assez lent. J'ai bien ressenti le temps passer pour le héros. Tout ne se résout pas dans la minute, on n'est pas dans un livre d'action, et longues sont les attentes à certains moments.
Mais c'est tant mieux car ça montre que j'étais bien immergée dans le récit.

J'ai tout autant apprécié ce tome que le précédent. D'autant plus qu'on a l'impression de se rapprocher de l'objectif final du récit, vu qu'il concerne aussi les Cielcin. 


Une excellente lecture, l'attente va être longue pour le tome suivant !

17/20


Autres avis sur ce tome : Apophis, ...
Mon avis sur le tome précédent : Empire of Silence,

samedi 28 décembre 2019

Teixcalaan, book 1: A Memory Called Empire de Arkady Martine

Tor Books, 464 pages, 2019, Science-fiction


Une belle découverte !

Dans ce space opera politique, nous suivons une jeune ambassadrice, Mahit. Celle ci est la représentante d'une toute petite nation de stations spatiales minières sur la frange de la zone conquise par les "humains" (enfin, humain est un grand mot, certaines autres nations les considèrent plus comme des Aliens tellement ils se sont différentiés après des milliers d'années séparés les uns des autres).

Au cœur du territoire humain, un empire gigantesque qui a phagocyté quasiment tout le reste, sauf l'insignifiant, le Teixcalaan. C'est dans cet empire que Mahit se retrouve ambassadrice de sa nation.

Le peuple de Mahit a une technologie secrète, la mémoire Imago. Une sorte de mémoire collective qui passe de génération en génération. Chacun génération ajoutant ses propres connaissances et fusionnant avec l'arrivant le plus récent en formant des lignées très précieuses.

Seulement voila, l'ancien ambassadeur est mort, surement assassiné, Et bien sur personne n'a pu récupérer son Imago pour le donner à Mahit. On lui a donné l'imago de son prédécesseur jeune, celle qu'il a enregistré quand il était revenu à la station après 5 ans de travail et qu'on avait sauvegardé sa mémoire au cas ou. Elle se retrouve donc avec 15 ans de retard sur les informations qu'elle devrait connaitre.

En plus de ça elle n'a eu que 3 mois pour s’accommoder de la mémoire qu'elle a reçu, alors qu'il faut en général un an pour que les deux personnalités finissent par fusionner et avoir accès au contenu de l'imago dans sa totalité (ne plus avoir l'impression d'avoir un étranger dans sa tête qui la contredit tout le temps).
Pire encore, quand elle se trouve en présence du corps de son prédécesseur pour commencer son enquête, la personnalité de son imago pète un câble et disparaît comme sous le choc, ne la laissant qu'avec une espèce de mémoire fantôme qui réapparaît à certains moments sous formes d'impressions vagues, sans qu'elle puisse rien faire pour l'en empêcher et ne lui apporte plus aucune information utile.

Elle se retrouve bien vite en plein dans un grand complot dont elle est au centre, sans comprendre ce qu'il se passe vraiment et quelles catastrophes elle est en train de faire par son ignorance ...

Mahit est une jeune très enthousiaste, elle a toujours été fascinée par le Teixcalaan et sa culture. Du coup elle peut paraître un chouilla naïve certaines fois de par ses réactions qui vont limite à l'encontre de ce pourquoi elle est la (protéger ses stations et les empêcher d'être bouffées par l'empire).
Mais elle n'est pas bête pour autant, elle joue seulement le jeu de l'ingénue la plupart du temps.
Elle est totalement seule dans la Cité, la capitale du Teixcalaan. Qui croire? Quelles sont les personnes qui ont le même intérêt qu'elle dans le jeu qui se joue?

Tout est très subtil dans ce peuple amateur de poèmes et de sous entendus, et des fois une phrase dite trop vite peut tout faire échouer.

Les façons de faire des Teixcalaan sont à peu près aussi Alien que celle de l'empire de Dune de ce qu'on peu connaitre. Par exemple un détail qui m'a marqué : ils sourient avec leurs yeux et pas avec leur bouche (plus ils ouvrent les yeux, plus ils sourient).
 
La cour de l'Empereur est très grandiloquente avec ses concours de poésie politique ou c'est celui qui a le plus de sous entendus qui vont du coté de la politique du moment qui gagne, et ses costumes très colorés. D'ailleurs dans tout le livre la place de la poésie est très importante et pourra rebuter certains j'imagine.

Autre point important dans l'intrigue : Empire a des problèmes de successions. L'empereur est très vieux, et les trois héritiers choisis l'ont été politiquement pour satisfaire différentes factions qui elles mêmes ne s'entendent pas. Un quatrième aussi, très ambitieux aimerais bien mettre la main sur le pactole, quitte à déclencher une guerre.
En gros la situation n'est pas du tout calme et il faut marcher sur des œufs.

Mahit va devoir naviguer à vue pour essayer de découvrir ce qu'il se passe vraiment et dans quelles problèmes c'est bien fourré son prédécesseur.

Le "Memory" du titre fait bien entendu référence à l'Imago secret du peuple de Mahit dont certaines personnes ont découvert l’existence et aimeraient bien récupérer ...

Ce premier tome peut limite se lire comme un oneshot, même si certains détails semble nous faire croire qu'il y avait plus derrière tout ce qui a été découvert et donc on pourra bien sur continuer l'ensemble dans les tomes suivants.

Il y a plein de détails que j'ai trouvé charmants dans ce livre comme par exemple le fait qu'au début de chaque chapitre il y a des extraits de documents en rapport plus ou moins lointain avec le livre (des fois c'est juste des extraits d’œuvre dont les personnages parlent par exemple, d'autres fois des lettres importantes, etc ...)

Il y en a un que j'ai bien aimé parce qu'il est vraiment dans le ton de la série :
I carry exile in my heart. It animates my poetry and my politics; I will never be free of it, having lived outside of Teixcalaan for so long. I will always be measuring the distance between myself and a person who remained in the heart of the world; between the person I would have been had I stayed and the person I have become under the pressure of the frontier. When the Seventeenth Legion came through the jumpgate in bright star-snatching ships and filled up the Ebrekti sky with the shapes of my home, I was at first afraid. A profound discontinuity. To know fear in the shape of one’s own face.

—from Dispatches from the Numinous Frontier, Eleven Lathe

Autre anecdote marrante dans le livre c'est les noms des Teixcalaanlitzlim (les citoyens de l'empire). Ils sont composés d'un nombre qui a une symbolique et ensuite d'un nom d'objet ou de concept.
Du genre l'empereur est "Six Direction", l'aide de Mahit s'appelle "Three Seagrass" ... Il y a des nom qui claquent du genre "One Lightning" (le grand général de l'armée) ou "Ten pearl" (l'ingénieur en chef de la ville) mais on trouve aussi des trucs du genre "Thirty-Six All-Terrain Tundra Vehicle" ...

Bref, mine de rien ça m'a fait apprendre pas mal de vocabulaire (Nineteen Adze : 19 herminette - je ne savais même pas ce que c'était en français).

Bref, au final cette série plaira peut être moins aux personnes qui sont réfractaires à la poésie et aux subtilités de ce genre. Un peu comme This Is How You Lose the Time War, mais en bien moins marqué. Je pense qu'il faut un minimum de sensibilité au coté littéraire pour apprécier pleinement ce texte (même si le style en lui même n'est pas aussi abusé que dans l’œuvre que j'ai cité avant).

Mais j'avoue que si sur le papier je ne me mettrais pas forcement dans ce type de personnes, ici ça a réussi à me toucher. 

J'en ressort vraiment positive, j'ai apprécié cette lecture et je lirais la suite avec plaisir.

16.5/20

dimanche 15 décembre 2019

Dans les bois de Harlan Coben

Pocket, 491 pages, 2008, Thriller


Vous ne verrez pas souvent de chronique de thriller ici. Et pour cause, ce n'est normalement pas un genre que j'apprécie.
Je suis souvent tombé sur des livres trop gores ou trop plants qui jouaient sur l'ambiance ce qui n'est pas du tout mon style préféré. Du coup c'est vrai qu'avec les années je suis devenu frileuse du genre, je n'osais plus trop en ouvrir car malgré le fait que j'en lisais beaucoup dans le passé, j'avais du mal à m'y retrouver dans la production plus récente.

Mais celui ci, que j'ai lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres d'Azilis pour la session 64 où le mot était "dans", a parfaitement fonctionné car il était totalement dans le style qui me plait.


Nous suivons Paul Copeland un avocat et procureur du comté d'Essex. Veuf il élève seul sa fille de 6 ans, aidé par la famille de la sœur de sa femme, dont le mari s'occupe aussi de la fondation qu'il a créé en son nom pour aider les familles dont un membre est aussi malade et en souffrance.  (comme l'a été sa femme longtemps avant sa mort)

Il y a 20 ans Paul était animateur dans une colonie qui c'est terminé en catastrophe : 4 enfants ont été tués par un tueur en série, dont la sœur de Paul. Seuls deux corps ont été retrouvés (la zone était perdue dans les bois et très grande, et le tueur avait éparpillé les cadavres)

Paul, en tant que procureur, est en plein milieu d'un procès très médiatique dans lequel deux gosses de riches sont accusés d'avoir violé une strip-teaseuse avec l'aide de leur fraternité.
Mais qu'il est appelé à la morgue car on a trouvé un cadavre qui avait son nom sur lui.
Quel n'est pas sa surprise de reconnaître en cet adulte des signes prouvant clairement qu'il s'agit en fait de Gil Perez, l'autre enfant soit disant mort dans la colonie et dont on n'avait jamais trouvé le corps ...

Évidemment tout ceci relance l'enquête pour Paul qui va se jeter dedans à corps perdu car si celui ci était vivant, c'est qu'il reste un maigre espoir que ça sœur le soit aussi, et que tout ne se soit pas passé comme on le pense il y a 20 ans ... Mais est-ce vraiment bien de remuer le passé? 


Ici on est totalement sur un page-turner. On a constamment des informations en plus qui relancent le mystère, de la tension, des interrogations ... Les retournements de situations sont très nombreux et bien menés, on ne sait vraiment pas ou va aller l'intrigue au fur et à mesure.

Comme toujours pour les thrillers, la fin paraitra originale à certains et pas du tout à d'autres. Pour ma part je l'ai bien apprécié justement parce que je ne l'attendais pas. Limite c'était la seule option que je n'avais pas envisagée.
Mon appréciation de cette lecture n'est pas liée à celle de sa fin. C'est l'ensemble que j'ai bien aimé, la fin n'en est qu'un des composants.

Le rythme ne faiblit jamais et c'est vraiment un bon point car c'est surement ça qui m'a permis de le lire et de l'apprécier en période de mini panne de lecture.
Le style est vraiment très fluide aussi ce qui fait qu'on a du mal à lâcher l'ensemble.

En tout cas ça a été une vrai réussite. J'imagine que c'est assez classique en thriller ce genre d'intrigue mais vu que je n'en lis quasiment jamais normalement ça ne m'a pas du tout dérangé.


16/20

samedi 7 décembre 2019

Jane Yellowrock, book 13 : Shattered Bonds de Faith Hunter

Ace books, 380 pages, 2018, Urban fantasy


J'aime toujours autant cette série !

Pour rappel on suis Jane Yellowrock, une change-peau Cherokee qui est une mercenaire chargée de tuer les renégats surnaturels qui ont échappé à leur clan ou qui posent des souci aux humains (très souvent des vampires). Dans ce monde les surnaturels sont connus des humains. Ils ne sont pas forcement totalement accepté mais ils savent qu'ils existent, ce n'est pas un secret. D'ailleurs les vampires n'ont pas la nationalité américaine, ils sont en quelque sorte une espèce d'enclave indépendante car les humains ne savent pas quoi faire d'eux.
La série se déroule en grande partie à la Nouvelle Orléans (mais pas ce tome ci).

Quand le tome commence Jane est malade. Elle a un espèce de cancer magique qui la dévore de l'intérieur du à son utilisation forcée de certains pouvoirs qui n'étaient pas fait pour un corps humain.

Elle a un sursis car le cancer ne la touche pas quand elle est en forme animale. Mais voila qu'un des "Makers", des vampires très très très anciens qui sont plus animaux qu'humains qui terrifient tout le monde (vampires compris) met les pieds aux USA. Il est temps pour la chasseuse de se mettre à la poursuite de sa proie !

L’intérêt de ce tome est dans le fait qu'on sort un peu des schémas habituels des tomes précédents du fait de la forme physique de Jane. Et ce n'est pas un défaut pour moi, ça permet un peu de renouveler l'ensemble.
L'intrigue est divisée en deux : d'une part sa quête pour comprendre d’où peut venir sa maladie (qui est clairement magique), et de l'autre sa traque du vampire.

On reste sur une composition aussi dense que les tomes précédents, remplie de monologues internes de Jane qui se pose tout un tas de questions sur elle même, son passé, la nature de ses ennemis ... Moins d’interactions avec ses alliés du coup vu qu'une bonne partie du roman se passe sous sa forme animale.

Au final je dirais que ça se rapproche plus des tout premiers tomes de la série, à l'époque ou elle était solitaire que des derniers ou elle faisait partie d'une grosse équipe. C'est aussi sans doute pour ça que j'ai bien apprécié ce tome, on retrouve une ambiance qui rappelle les débuts. J'ai bien apprécié le fait que Jane sorte de son coté de plus en plus sur-humain pour redevenir ce qu'elle était à l'origine.

En plus ce tome pourrait être le dernier vu qu'il a l'air de clore une partie des intrigues qui étaient développées jusqu'ici. Mais pour autant il n'a pas cette ambiance de dernier tome donc je doute que ça le soit vraiment (même si pour l'instant on n'a aucune nouvelle sur la suite).

Dans l'ensemble j'ai passé un excellent moment, je ne regrette pas d'avoir continué cette série. 

16/20

Mes avis sur les tomes précédents de cette série : tome 3 : La Lame de Miséricorde, tome 4 : La Malédiction du Corbeau, book 5 : Death's Rival, book 6 : Blood Trade, book 7 : Black Arts, book 8 : Broken Soul, book 9 : Dark Heir, book 10 : Shadow Rites, book 11 : Cold Reign, book 12 : Dark Queen,
Et le Spin off Soulwood, book 1 : Blood of the Earth, book 2 : Curse on the Land, book 3: Flame in the Dark, book 4 : Circle of the Moon,

vendredi 29 novembre 2019

Les chroniques hérétiques, tome 1 : Les loups d'Uriam de Philippe Tessier

Leha, 424 pages, 2010, Fantasy jeunesse


Un fantasy jeunesse bien sympathique.

Dans ce conte nous suivons Tire-d'Aile, un pantin de bois qui a prit vie grâce au magicien Maître Saule. La vie de la jeune créature est belle pendant un temps, jusqu'au jour ou leur village est attaqué et que son maître bien aimé est capturé. Heureusement,Tire d'Aile réussi à s'enfuir grâce à la magie.
Son maître lui donne comme dernière consigne de rejoindre les Loups d'Uriam, de féroces guerrier qui seront à même de l'aider dans une mystérieuse quête dont il ne comprend rien.

Accompagné d'une flamme vivante, d'une araignée de cristal et d'un vieux loup bavard, ils vont essayer d'échapper aux troupes qui les traquent. Et surtout essayer d'en savoir plus sur le pourquoi de la traque et de la mission ...

Je ne suis en général pas grande amatrice de fantasy jeunesse, mais celui ci est bien passé.
Certes au début le tout peut sembler un peu simple et gentillet mais les personnages sont attachants. le rythme rapide ou s'enchaînent les épisodes et événements pleins d'action, rend la lecture agréable.
Et malgré cette débauche d'action, le roman reste une lecture tout dans l'ambiance, très proche du conte et du merveilleux.

Certains épisodes du début sont un peu tous sur le même principe. On a un personnage qui semble dangereux mais on fini par s'apercevoir qu'on ne l'avait juste pas compris et il fini en allié grâce à l'ouverture d'esprit de nos héros.
Pour de la littérature jeunesse je trouve ça intéressant d'aborder ce genre de thèmes qui relativisent les peurs des grande méchants des contes pour enfants habituels (le loup, l'araignée, le dragon ...)

Autre point fort de ce roman c'est le fait que petit à petit l'intrigue devient de moins en moins linéaire. le monde évolue et les objectifs des héros aussi.
Du coup on est dans une intrigue qui est moins naïve qu'on pourrait le croire en commençant et qui réserve quelques surprises même au lecteur habitué à la fantasy.

Si je devais faire une comparaison, je dirais que l'ambiance de ce livre m'a rappelé ma lecture du Hobbit. On est clairement sur un personnage jeune avec des passages quasiment vu avec des yeux d'enfants, plein de moments drôles, cocasses ou émouvants, mais le monde dans lequel il évolue reste quand même sombre et riche.

En fait plus on avance plus l'ambiance s'assombrit, plus les personnages sont en situation désespéré. Mais pourtant l'ensemble reste plaisant, sans aller dans l'excessif.

Dans l'ensemble je reconnais que ce n'est pas mon genre de lectures préféré mais j'ai tout de même lu ce live avec plaisir et je le recommande pour un public jeune qui veut découvrir la fantasy.

16/20

vendredi 22 novembre 2019

Le lion du Caire de Scott Oden

Bragelonne, 480 pages, 2013, Historique (Fantasy/fanstique)


Le jeune Calife du Caire, Rachid al-Hasan, se retrouve impuissant, plus ou moins prisonnier de son palace. Son propre vizir joue contre lui en prétextant être de son coté tout en essayant de le renverser pour prendre sa place. Les partisans d'Alamut, la redoutée al-Hashishiyya (les Assassins) envoient un de leurs hommes, le très célèbre et redouté Émir du couteau, Assad, pour tenter une approche auprès du Calife et réconcilier les deux peuples.
Et celui ci arrive juste à temps, le vizir a fait alliance avec les templiers tenant Jérusalem, dans le dos du calife, pour soit disant les défendre d'une armée l'invasion venant de Damas, qui va bientôt arriver. L'armée des Francs approche donc aussi de la ville et celle ci sera bientôt assiégée des deux cotés ...

Seul l'intelligence d'une jeune femme du Harem du Calife, témoin des agissement du vizir, sauve la partie. Assad aura bientôt fort à faire si il veut sauver non seulement le Calife pour son maître, mais aussi la ville entière. Seulement il n'est pas seul sur le coup, les frères ennemis d'al-Hashishiyya vont tout faire pour lui barrer la route et empêcher l'influence des siens de prendre place au Caire ...


Si tout peut sembler assez clair quand on lit ce résumé, ce n'était pas vraiment le même constat dans le livre. On se retrouve avec une intrigue qui se joue entre six différentes factions, dans une ville qui croule sous les intrigues : alliés, trahisons, complots, assassinats, innocents prit dans l'affaire ... Complexe au premier abord pour rentrer dedans.
Dans l'ensemble je dirais que c'était une bonne lecture, pleine d'action. On est vraiment sur un livre d'aventure/complots qui a un bon rythme. Pas le temps de s'ennuyer, il se passe toujours quelque chose d'important à tout moment.

Après ce n'est pas le roman le plus profond de la terre. Les personnages sont très nombreux pour un oneshot, du coup on n'a pas trop le temps de les approfondir. Tout est dans l'intrigue et l'action, plus que dans les personnages. Je pense que pour un livre d'action/aventure fait pour être divertissant, il joue bien son rôle, mais il aurait peut être pu être plus développé.

Je classerais ce livre en fantastique. En plus de l'épée maudite d'Assad il y a de la nécromancie avérée même si ça reste très mystérieux (certains autres personnage n'y croient pas vraiment). Au final on est peut-être moins dans le fantastique que la momie par exemple mais c'est assez proche.

Finalement le seul reproche que j'ai a faire au roman est la fin. Il y a deux solutions, soit l'auteur comptait faire une suite et ne l'a jamais fait, soit il a "oublié" (?) une partie, parce qu'il reste pas mal de questions sans réponses et de sous intrigues secondaires non résolues une fois le livre refermé. Certes la partie attaque de la ville et la mission de Assad auprès du Calife sont terminée, et c'est le principal, mais c'est dommage pour le reste.

Et bizarrement après y avoir repensé, ce sont les intrigues concernant les personnages féminins qui ne sont pas close. Il n'y a que deux femmes dans l'intrigue à la fin du roman et sur aucune des deux on a de final.
Une des deux sous intrigues aurait pu se résoudre en quelques lignes, du coup c'est bizarre qu'elle s'arrête comme ça. Par contre pour l'autre ça aurait été un tout autre problème vu que ça concerne un ennemi qu'ils n'ont ont laissé s’échapper pour s'occuper de problèmes plus pressants et qui du coup reste libre à la fin et a la ferme intention de se venger. A moins de faire une vrai suite je ne vois pas comment on aurait pu régler ce problème en quelques lignes (quoi que ...).

C'est un peu bête parce que du coup je sors avec un avis un peu plus négatif que durant la très grande majorité du livre que j'ai beaucoup apprécié.

Au final une lecture très sympa, malgré une fin un peu trop en suspend pour moi. 


16/20


D'autres avis sur ce livre : Blackwolf, Herbefol, le Bibliocosme, ...

mercredi 20 novembre 2019

La guerre éternelle de Joe Haldeman

J'ai Lu, 281 pages, 2001 (cette édition, 1976 première édition française), Science-fiction


Un classique de la SF qui a eu du mal à passer.

Dans ce roman on suit un ancien étudiant en physique qui est "forcé" de combattre les nouveau aliens qui attaquent les vaisseaux humains (on ne nous explique pas vraiment en quoi il a été forcé par contre, ça manquait un peu d'explications au début).
On le suit dans 4 étapes de sa vie depuis le moment ou il est en formation, jusqu'à ce qu'il devienne commandant d'une mission très lointaine.

A chaque fois le fait de voyager à très grande vitesse fait que le temps passe bien plus vite sur terre que pour lui. Le livre commence en 1997 et se termine en 3100 (et quelques), alors que le héros est encore dans ses belles années.

Entre chaque mission il rentre sur terre et il la trouve de plus en plus changée et éloignée de ce qu'il a connu.
Plus le temps passe, moins il s'y sent bien. En plus du coté guerre anti-militaire qui montre le coté stupide qu'elle peut prendre, c'est cette éloignement qui est au centre des pensées du héros en permanence.

Le gouvernement central fait tout (y compris les gruger) pour qu'ils soient obligés de reprendre les armes dans le seul métier pour lequel ils ont été formés jusqu'au bout. En effet ils ont du abandonner leurs études au départ pour aller se battre, et la technologie et les sciences ont trop évolué pour reprendre vu qu'ils reviennent des dizaines d'années après être parti.

Malgré des points intéressants sur le coté militaire et répression, très précis sur ses termes et technologies, ce que j'ai moins aimé a été l'évolution de la terre, que j'ai trouvé très mal traité.
L’obsession de l'auteur sur le sujet homosexuel que le personnage principal ne comprend pas et qu'on cherche à lui imposer, est à mon avis très maladroite et va l'encontre de ce qui se fait de nos jours.

Mettre l'homosexualité comme la nouvelle norme n'est pas gênant en soi (d'autres romans le font de façon très réussie), mais la rendre aussi forcée et imposée que l'hétérosexualité a pu l'être (et l'est toujours globalement de nos jours) m'a mise extrêmement mal à l'aise. En fait j'étais limite en colère à certains moments.
C'était pas fin et ça ne rendait pas du tout le personnage sympathique. Franchement on aurait pu s'en passer. En plus dans la conclusion le héros est très fier d'avoir réussi à convaincre son ami homosexuel et amoureux de lui de tenter l'hétérosexualité en se faisant laver le cerveau médicalement parce que c'est "tellement mieux" ...
Au final ça casse le coté 'anti-militariste' et très marqué années "peace and love" du roman.

La conclusion était bien pensée et intéressante, mais je l'ai trouvé trop rapide. On nous l’assomme en quelques lignes et hop, terminé. Ça aurait eu plus d'impact si les héros l'avaient découvert par eux même par exemple, ou si la découverte avait été plus progressive. Mais la non, on leur déballe le tout d'un coup de façon limite gratuite sans qu'ils aient rien demandé au milieu d'un grand discours qui révèle plein d'autres éléments. C'est vrai que j'ai eu l'impression que l'auteur en avait marre et qu'il c'est dit "c'est bon, je ne rajoute pas un age de plus, je leur dit tout à la fin de celui ci comme ça débarrassé". 

Je suis très mitigée par cette lecture même si je suis contente d'avoir pu sortir ce "classique" de ma PAL.


12/20

dimanche 17 novembre 2019

[Avis rapide] L'exécutrice , book 18: Sharpest Sting de Jennifer Estep

Autoédité, 364 pages, 2019, Urban fantasy

La recette de cette série ne change pas et me fait toujours passer un bon moment.

Dans ce tome, pour la première fois depuis le début de la série, Gin est confronté directement à Mason, le leader du Cercle, la société secrète responsable de tout le malheur qui est arrivé à Ashland.
Mais Mason ne sera pas facile à vaincre. C'est un élémental de terre de très très haut niveau, il est donc presque littéralement immortel car il peut transformer son corps en pierre et résister à n'importe quel assaut ou accident.

En plus à cause des développement des tomes précédents, maintenant Gin est connue, donc ses proches aussi. Et Mason est très futé, il va bien sur les utiliser pour manipuler Gin et essayer de la faire travailler pour lui au lieu de contre lui ...

Bref, un tome tout en tension. Pour une fois on ne peux pas dire qu'on a l'impression que Gin se ballade car même celle ci doute de pouvoir faire quelque chose contre Mason. Celui ci a trop d'avantage et elle a trop de faiblesses maintenant avec sa famille et ses amis, trop de gens à protéger...

On a aussi pas mal de découvertes, on se pose toujours autant de questions sur le passé mais on se rapproche de plus en plus de la vérité. Les non-dits sont nombreux et il faut vraiment creuser pour arriver à comprendre ce qu'il s'est passé.

Dans l'ensemble, comme d'habitude dans cette série j'ai passé un excellent moment. On est sur une bonne lecture, divertissante, pleine d'action et ou le rythme ne ralentit pas !
Évidemment la formule globale reste la même et si je suis toujours dedans au 18ième tome, c'est que ça me convient encore. 

16/20

Mes avis sur certains tomes de la série : tome 15 : Unraveled, tome 15.5 : Nice Guys Bite, tome 16 : Snared, tome 17 : Venom in the Veins, 

vendredi 15 novembre 2019

Sholan Alliance, book 1: Turning Point de Lisanne Norman

Daw Books, 272 pages, 1993, Science-fiction


De temps en temps j'aime bien piocher dans de la SF rétro oubliée ou peu connue, histoire de changer. Celle ci sera surement totalement inconnue à la très grande majorité d'entre vous vu que ni la série ni même aucun des romans de l'autrice n'ont été traduits.
 
Il s'agit d'un space opera typique de la production des années 90, plein d'aventures et un coté "pouvoirs", à la Star Wars. Au final pour de la SF pas prise de tête et ou on ne recherche pas de thèmes d'actualité, c'est sans doute mon sous-genre de SF préférée.

On suit une colonie récente humaine sur une planète éloignée de tout et sans contact avec la Terre car les communications longues distance n'ont pas encore été inventées.
Les humains se croyaient seuls au monde mais ont fini par se rendre compte que ce n'était pas tout le cas quand ils ont eu la désagréable visite d'extraterrestres bien plus développés qu'eux, les Valtegan, qui ont pris la planète d’assaut.
Ceux ci ont gardés une partie de la population vivante parce que ça les amusait (tourisme, ...)

Dans les survivant nous faisons la connaissance d'une jeune femme, Carrie, qui a une sœur jumelle, Elise. Les deux ont une relation bizarre car en fait Elise ne ressent pas la douleur, c'est Carrie qui la ressent pour elle.
Du coup celle ci a toujours été malade, faible, tandis que sa sœur prenait tout les risques sans aucune considération pour sa santé et sa sécurité.

Elise est entré dans la résistance anti-Valtegan, mais a fini par se faire prendre. Le moment de la torture a été terrible pour Carrie, mais le pire a été le moment ou elle a perdu sa sœur. Les deux étaient en fait liées télépathiquement et Elise a faillit entraîner sa sœur avec elle dans sa mort.

Heureusement celle a trouvé à la dernière seconde une bouée à laquelle s'accrocher, en la personne d'un extraterrestre grièvement blessé dans le crash de son vaisseau sur la planète après avoir été attaqué par les Valtegan.
Celui ci a aussi le don de la télépathie, c'est d'ailleurs une classé très respectée de la population dans son monde. Il se cache parmi les humains pour se protéger des Valtegan car sa race est l'ennemie de ceux ci.

Bref, les deux espèces vont devoir se découvrir, c'est un peu un récit de premier contact, ou de second contact vu qu'ils connaissent déjà les Valtegan.
Mais malgré leur haine commune des Valtegan, ils sera difficile pour eux de cohabiter vu leurs différences et les préjugés qui vont avec. Les deux races sont fondamentalement différentes et s'apprivoiser ne sera pas facile.

Franchement j'ai passe un super moment détente dans cette lecture. Certes on pourrait toujours argumenter que le coté romance n'était pas nécessaire à l'intrigue, mais ça ne me gêne pas plus que ça. Il y a de toute façon bien plus d'aventure que de romance dans l'ensemble.

Mon seul reproche est que j'ai trouvé la fin un peu abrupte. Dans le sens ou on fini vraiment à la second ou la mission en cours est terminée, sans qu'il y ai la moindre conclusion ni baisse de régime après l'adrénaline qu'on a ressentit. Du coup ça fait bizarre.

C'est pas un cliffhanger vu que ça se termine juste après le gros moment intense du livre, mais ça donne vraiment l'impression que le livre n'était pas fait pour s'arrêter la mais a été coupé brutalement.
Mais bon, au moins ça donne envie de continuer pour voir ce qui se passer ensuite.

Au final rien d'extraordinaire, juste un bon moment. Mais vu que c'était tout ce que j'en attendais c'est donc un pari réussi. J'ai été aussi surprise que ça n'ai pas mal vieillit, pas de thèmes dérangeants, l’héroïne se bat contre la misogynie de son propre peuple ce qui est même étonnamment d'actualité.


16/20

jeudi 14 novembre 2019

Ivy Wilde, tome 3: S.O.S fantômes en détresse de Helen Harper

Createspace, 278 pages, 2017, Urban fantasy
(Lu en VO)


Dans ce tome Ivy a un problème. Voila qu'elle peut voir et entendre les fantômes. C'est un effet secondaire de son expérience passé avec la nécromancie.

Et ceux-ci savent qu'elle peut les voir, du coup ils ne se gênent pas pour foutre le boxon histoire qu'elle les remarque. Elle est finalement contacté par l'un d'entre eux qui lui révèle qu'en fait à chaque fois qu'un personne avec un soupçon de magie, pour une raison ou une autre a prononcé une phrase du genre "tu ne trouvera pas le repos avant ..." (ou l'a juste pensé), l'esprit de ladite personne ne peux pas passer dans l'au delà et reste bloquer sur terre. Sans rien pouvoir faire pour régler le problème en plus.

Une situation totalement bloquée qui frustre pas mal les fantômes. Du coup maintenant qu'on peut les voir, ils ont bien l'intention de régler leurs problèmes pour pouvoir trouver enfin le repos.
Histoire de frapper un bon coup et de montrer qu'ils comprennent les difficultés d'Ivy, ils décident de lui révéler un secret connu d'eux seuls : il y a un endroit ou plein de fantômes de sorcières sont retenues prisonniers.

Ivy va vite se rendre compte qu'elle a affaire à un tueur en série ...


Je suis encore une fois un peu déçue par cette série. Non pas parce que le livre ai vraiment des défauts, je n'en ai pas trouvé à vous sortir noir sur blanc. Mais je n'ai pas retrouvé cette flamme que j'avais aimé dans le tout premier.
Ceci dit j'ai mieux aimé celui ci que le précédent donc c'est déjà ça. Il a un peu d'humour. On a d'ailleurs droit à plein de moment marrants entre Winter et Ivy, ce qui manquait avant, un bon point à noter.
L'intrigue était sympa aussi, pas grandiose et pas aussi développée que ce que j'aime le plus en général en urban fantasy, mais qui se laisse suivre sans souci.

Finalement mon seul regret à la fin était que le coupable était juste méchant "parce que". Du moins si il y avait une autre raison on ne la connait pas. On a juste un très vague soupçon a un moment mais on l'oublie vite et on n'a aucune autre réponse à la fin. C'était un peu dommage quand même, même si on se doute qu'un tueur en série n'a pas forcement de raison de faire ce qu'il fait en dehors de la simple haine.

Bref une lecture agréable mais qui manquait d'un petit plus je trouve. L'ensemble était un peu trop banal pour moi. Je pense que si je n'avais pas autant apprécié le ton du premier, j'aurais surement plus apprécié les tomes suivants, que je ne cesse de comparer au sentiments que celui ci m'avait fait ressentir. Mais malheureusement je ne peux pas faire autrement maintenant et en comparaison, même si celui ci remonte un peu le niveau, il est encore loin d'être aussi sympa. 



15.5/20


 Ce tome sort en VF le 4 décembre 2019 et voici sa couverture



Mes avis sur les tomes précédents : tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité, 


mercredi 13 novembre 2019

Le corbeau d'Oxford de Faith Martin

HarperCollins, 299 pages, 2019, Policier (Cozy mystery)


Je ne chronique en général pas mes lectures autres que SFFF mais celui ci a été une bonne découverte et je pense qu'il le mérite.

Oxford, 1960. La police ne sait pas trop quoi faire de Trudy Loveday, jeune policière. C'est un métier d'homme et elle a vraiment du mal à trouver sa place dans ce milieu misogyne et conservateur. Même sa propre famille ne la comprend pas, pour elle, ça ne se fait pas. 

Une affaire secoue la ville. Sir Marcus Deering, riche et influent industriel se met à recevoir des lettres de menaces qui s'enflamment de plus en plus et lui demandent de s'excuser pour une faute passé. Au début il ne les prend pas vraiment au sérieux, en fait il n'a aucune idée de la faute qu'on lui reproche, jusqu'à ce qu'on menace de tuer son fils...
Mais alors que la police protège sa famille, c'est en fait son fils illégitime qui fini assassiné le jour et à l'heure indiqué dans la lettre de menace. 

C'est la qu'intervient le Dr Clement Ryder, médecin légiste et coroner d'Oxford, surnommé "le vieux vautour" par la police. Le rôle du coroner dans une enquête précède celui de la police. Il est en effet la pour pour faire en quelque sorte une enquête préliminaire qui fini en jugement et qui déterminera si la police doit être appelé sur l'affaire ou pas (en gros déterminer si il y a crime, accident, suicide ...). 

Ici, Ryder profite de cette affaire pour ressortir de ses cartons un ancien dossier sur lequel il n'était pas du tout satisfait et dont la victime avait fait parti. Pour avoir l'autorité de ré-interroger les témoins, il demande l'aide de la police.
Le chef de la police n'a pas envie de s'impliquer vraiment dans ce qu'ils considère comme une perte de temps, il décide donc de se débarrasser de deux problèmes en un en confiant la jeune Trudy à Ryder ...


Je n'ai vraiment pas du le temps passer dans ce roman. Je l'ai lu d'une traite et j'ai passé un excellent moment. Franchement c'est sans doute le livre estampillé "Cozy" que j'ai le plus apprécié depuis que je connais ce terme !

Déjà la différence avec les autres Cozy que j'ai eu l'occasion de lire avant, c'est le fait qu'on est vraiment dans une enquête policière officielle. Ici point de romance, de petite enquête de voisinage par une personne qui n'a rien d'officielle ou autres enquêteur amateur. Ici les témoins n'ont pas le choix de répondre ou pas, ils doivent se justifier et si ils mentent ça a bien plus de conséquence. 

Les problèmes de Trudy avec la misogynie ambiante sont bien traités je pense. Elle n'est pas du tout la fille rebelle qui est devenu policière pour aller à l'encontre des mœurs, pas du tout. C'est vraiment sa vocation et elle aime son métier. Elle se bat pour trouver sa place. 
Son arrivée auprès du Dr Ryder est le coup de pousse dont elle avait besoin. surtout que celui ci comprend bien vite qu'il a affaire à une personne motivée et intelligente. Il va exploiter ses qualités la ou elles auront le plus d'impact sur l'enquête. Leur relation de mentor et élève est vraiment agréable à suivre. 
C'est vrai que c'est assez classique en policier mais ça fonctionne bien ici, rien à redire.

Au final si je devais trouver un petit défaut au livre ça serait la découverte de la vérité qui arrive de façon brutale et un peu trop rapide à mon gout. Limite c'est pas hasard que tout se termine "si vite" même si c'est vrai que nos deux enquêteurs étaient déjà très proche de la vérité à ce moment la. 

Au final un petit roman qui a tenu toutes ses promesse en m'offrant un Cozy mystery de qualité et bien prenant avec des personnages très attachants.

17/20

Je remercie le site Babelio et les éditions HarperCollins pour ce livre reçu lors d'une masse critique. Et je souligne la réactivité de l'éditeur pour me renvoyer un exemplaire car le mien (épreuves non corrigées) avait des pages manquantes. Un grand merci !
Autres avis sur ce livre : Zina, Olive Oued,

samedi 9 novembre 2019

Nous sommes Bob, tome 2 : Nous sommes nombreux de Dennis E. Taylor

Bragelonne, 370 pages, 2018, Science-fiction


Dans cette série on suit un homme, Bob, dont l'esprit a été numérisé pour créer une AI. Le but de ses créateurs est d'explorer l'espace pour étendre l'espèce humaine à d'autres planètes. Mais Bob, loin de suivre les directives que lui a donné ce gouvernement totalitaire qui l'exploite comme un esclave, est bien décidé à faire ce qui lui plait. Il s’échappe donc dés qu'il en a la possibilité. Il peut se dupliquer si il y a suffisamment de ressource et donc on assiste petit à petit à l’émergence d'une armada de bobs.

Dans ce tome les problèmes se multiplient. On a d'un coté la terre avec pas mal de soucis, la vie dessus ne pourra plus être possible d'ici peu et il reste pas mal d'humains à sauver avant la fin. D'un autre les différentes colonies qui sont mises en place petit à petit rencontrent bien évidemment leur lot de difficultés aussi bien personnelles que techniques.
La race extraterrestre découverte par l'un des bobs dans le tome précédent évolue elle aussi de son coté.

La nouveauté dans ce tome est qu'ils rencontrent aussi d'autres extraterrestres "les autres" qui eux sont bien plus dangereux et vont demander une mise en commun de toutes les ressources des différents Bob pour tenter d'y survivre ...

On ne lit pas cette série pour faire des "waou", mais plus pour passer un bon moment, léger et plein d'humour. C'est une série très geek qui ne plaira donc pas à tout le monde. 
Un lecture tranquille pour moi, je prend plaisir à me reposer les méninges et à suivre avec le sourire les différents problèmes et découvertes des bobs. J'avais deviné dans quelle direction allait aller le scénario de ce tome et j'ai hâte de voir ce que la suite va donner.

Chacun bob est différent, tout en étant un peu semblable. Dans le sens ou ils ne sont fondamentalement différents, mais ils ont différentes obsessions et façon de gérer les difficultés. Ils peuvent même être en désaccord les uns avec les autres. Un peu comme si c'était des jumeaux avec des parcours de vie différents. 

C'est sur que ce n'est pas une série qui restera forcement longtemps dans les mémoires, mais comme lecture détente je trouve qu'elle joue bien son rôle. Elle est assez originale dans son concept, je n'en avais jamais lu qui s'en rapprochait avant mine de rien, tout en ne traitant avec humour des thèmes variés de la SF (premier contact, AI, ..), eux pas très originaux.

 Dans l'ensemble j'ai passé un bon moment, et je lirais le suivant avec plaisir !

 16/20


Mon avis sur le tome précédent : Nous sommes Légion.

jeudi 7 novembre 2019

War for the Rose Throne, book 1: Priest of Bones de Peter McLean

Ace books, 352 pages, 2018, fantasy


Quand le Parrain rencontre un monde de fantasy.

On nous raconte le retour de la troupe de Tomas Piety après avoir gagné la guerre pour leur reine. Leur capitaine n'étant plus la pour les guider, ils continuent à suivre son second, Tomas. Celui ci était aussi le prêtre de la troupe, sa déesse étant la déesse des guerriers, celle qui ne demande rien mais soulage les peines de ceux ci.
Tomas rentre chez lui pour reprendre sa vie en main. En effet, il était un des boss de la pègre d'un des quartiers pauvre d'une ville de province avant la guerre.

Mais quelle est sa surprise de voir que quand il rentre il n'y a plus rien. Son "business" a été cannibalisé par des inconnus et il va devoir repartir de zéro si il veut pouvoir survivre dans un pays en proie à la famine et la maladie. Il lui faut rapidement commencer à le reconquérir pour pouvoir payer ses hommes, qui ne resteront pas longtemps à ses cotés sans ça.

En plus de tout ça, il est contacté par les espions de la reine, avec qui il travaillait déjà avant. Ceux ci pensent qu'une puissance étrangère essaye de les déstabiliser de l'intérieur, notamment en reprenant par la force les "entreprises" telles que celles de Tomas. Ils veulent bien l'aider à faire à nouveau sa place... à condition que ça soit en suivant leurs ordres.
Tomas ne sait vraiment pas dans quoi il a mis les pieds !

Le héros est sans pitié, c'est un patron de la pègre locale et il connait les règles. Mais il a aussi des règles de vie finalement assez droites : il ne supporte pas les viols, il accepte les différences, il ne veut pas de drogue dans ses rues ... Finalement si l'intrigue ne se déroulait pas dans les taudis d'une grande ville, ça pourrait limite être de la high fantasy.

Au final, pour moi Toma est un faux personnage sombre. Il prétend qu'il ne se préoccupe pas des gens mais il est quand même prêtre, il entend leurs confessions, et sans râler (alors que c'est un peu sa spécialité). Il sait rassurer aux pires moments, et il est souvent touché par leurs problèmes.
Il n'est pas mauvais, ce n'est qu'une façade de dur à cuire pour survivre dans ce monde. Quelqu'un qui en a trop vu et pour qui la violence est juste le court normal des choses, les règles qu'il a appris à suivre pour survivre.

Il a été mis trop jeune dans des situations qui l'ont endurci, mais son passage dans l'armée l'a changé et il a un sentiment d’appartenance qu'il n'avait pas avant.  Ce sont ses hommes, ils se sont sauvés la vie mutuellement à de nombreuses reprises et ont été ensemble dans des situations horribles. Ça renforce les liens.
Pour eux il tient, il ne flanche pas malgré son envie à certains moment.
J'ai bien aimé aussi son ton détaché. Il est toujours à prendre du recul sur chaque situation, sans jamais vraiment s'affoler. C'est un personnage très réfléchis au final.

Concernant l'intrigue c'est sans doute le point le moins remarquable du livre. C'est du déjà vu, et j'ai trouvé ça assez prévisible dans l'ensemble.
Ceci dit j'apprécie toujours une bonne histoire de malfrats en fantasy donc ça ne m'a pas déçu en soi. C'était juste un peu banal et aurait mérité un élément nouveau pour se démarque un peu.

Le seul point que j'ai moins apprécié à été le final de ce tome. Surtout la façon dont c'était fait. Pour moi c'était un changement trop brusque et pas logique pour le personnage principal. Je sais que c'est censé annoncer la suite, qui sera plus politique et moins pègre mais je n'ai pas trouvé que ça collait avec le personnage qui est un homme des rues, parle comme un homme des rues, à des manières d'homme des rues, et qui n'a jamais eu envie d'être autre chose.
Il a toujours parlé avec dédain des riches, des puissants et de leur vie, et du coup le voir accepter d'en devenir un juste parce qu'on lui a demandé me semble un peu bizarre. En plus pour moi il se fait un peu trop mener à la baguette par l'espionne. 

En bref, j'aurais préféré que le changement soit plus progressif sur l'ensemble du tome, et pas casé dans les 30 dernières pages.  Après c'est vrai que l'idée de voir Toma et sa bande passer du coté de la politique locale n'est pas pour me déplaire en soi, ça va nous changer. Ils ne vont plus du tout être dans leur milieu naturel donc ça risque d'être drôle de les voir se dépatouiller de tout ça sans provoquer de catastrophes.

J'ai passé un bon moment dans cette lecture. Ce n'est pas le livre de l'année mais j'ai fini par m'attacher à Toma Piety et sa petite bande de bras cassés.
L'ensemble était quand même moins sombre et "dark fantasy" que ce que j'imaginais en me lançant dedans, tout en restant assez brut et graveleux quand même.


15/20

mercredi 6 novembre 2019

Alex Verus, book 10: Fallen de Benedict Jacka

Orbit, 384 pages, 2019, Urban fantasy


L'auteur sait décidément vraiment bien chambouler son lecteur ! Un tome excellent, comme d'habitude.

Pour rappeler le contexte de la série voici un peu le background général de l'histoire du personnage  principal :
Alex Verus, devin (il est capable de voir tous les futurs proches possibles), était un adolescent perdu qui ne comprenait pas ses pouvoirs. Après avoir fugué de chez ses parents, humains sans magie, il c'est accroché à la première personne qui a su le rassurer et l'a pris sous son aile, Richard Drakh.
Il ne savait pas à l'époque que cette personne était un des mages noirs les plus puissants, tout comme il ne savait pas que ceux ci s’opposaient aux mages blancs.

Après des années de mauvais traitements et de dangers constants qui ont transformé sa vie en enfer, il c'est échappé et c'est tenu à l'écart de toute la politique tout en essayant de faire bonne figure auprès des mages blancs qui sont les seuls à pouvoir le protéger contre son ancien maitre. Mais ceux ci se méfient de lui, malgré le fait qu'il travaille pour eux, la plupart le pensent corrompu par son expérience passé et qu'il restera un mage noir dans son cœur pour toujours. 

La série commence ainsi, et ensuite Alex se retrouve dans plein de complots et machinations qui l'obligent à s'impliquer pour survivre.


Jusqu'ici Alex avait toujours réussi à s'en sortir, le plus souvent en mentant pour protéger ses amis et notamment Anne et le Jinn. Mais les forces du conseil des mages blancs sont sur la piste de la vérité, il ne pourra plus cacher la vérité bien longtemps.
Au même moment son ancien maitre, Richard Drakh, profite du fait qu'Alex ai les mains pleine pour faire avancer ses pions obliger Anne à rejoindre son équipe et l'utiliser à son avantage. 

Alex n'a plus le choix. Le conseil ne fera rien pour l'aider, surtout qu'ils veulent autant que Drakh récupérer Anne, même si c'est pour débarrasser le monde de sa présence trop dangereuse.
Il va devoir prendre les choses en main. Et pour cela il va devoir prendre une décision radicale, une décision bien sombre ...
Gros changements dans ce tome, le point de rupture est arrivé pour Alex. Le Alex gentil, neutre et cherchant toujours la réconciliation a disparu, bienvenue à l'Alex combatif qui ira jusqu'au bout et utilisera tout les moyens à sa disposition pour sauver Anne, même ceux qu'il n'aurais jamais envisagé avant.

Quelque part on s'en doutait que ça allait se terminer de cette façon. Alex s’emmêlait les pinceaux à force de tirer sur la corde. La neutralité n'était pas fait pour exister dans ce monde ou deux camps très puissants et dominants le considéraient comme un problème. On voyait bien que ça ne pouvais pas continuer, qu'il allait devoir choisir un camp.

On fait également une grosse découverte concernant Drakh. J'ai hâte de voir ce que ça va pouvoir donner en tout cas à ce sujet. D'ailleurs j'ai ma petite idée sur ce point, j'attendais de voir ce que ça va pouvoir donner.

Un peu hors sujet mais je me suis fait la réflexion que cette série se rapprochait finalement plus de la fantasy que pas mal d'autres séries d'Urban. Au final le monde des humains n'a quasiment pas d'importance et ils n'utilisent pas de technologie non plus. Du coup ça pourrait très bien se passer dans un monde secondaire aux noms de lieux inconnus au lieu de se passer à Londres sans que ça change quoi que se soit à l'intrigue.

J'ai adoré ce tome !
Bon sang, cette série a vraiment le don pour me mettre dans tout mes états. J'en avais même les larmes aux yeux à un moment. C'est un tome qui porte bien son titre. Il est totalement tragique.J'avais envie de hurler tellement c'était injuste pour les personnages. Surtout sur la première moitié.

Ce qui est sur c'est que la suite ne peux que continue sur ce chemin, c'est un changement sur lequel on ne revient pas.Hâte de voir plus en détail ce que Dark-Alex peut devenir en tout cas !


17/20


Mes avis sur les tomes précédents de cette série : tome 1 : Fated, tome 2 : Cursed, tome 3 : Taken, tome 4 : Chosen, tome 5 : Hidden, tome 6 : Veiled, tome 7 : Burned, tome 8 : Bound, tome 9 : Marked,

dimanche 3 novembre 2019

Deverry, tome 1 : Le Sortilège de la dague de Katharine Kerr

Mnémos, 2005, 480 pages, Fantasy



Un monde de fantasy celtique très classique mais une construction de récit originale. J'ai vraiment été emportée dans cette tragédie qui se dévoile petit à petit.

Le mage Persaunn et maintenant très vieux et très sage, mais il avait une autre vie avant. Lorsqu'il était jeune, il était un prince et il était fiancé avec la fille d'un des alliés de son père, le roi. Mais entre temps il a découvert la magie, le dweomer, qui est très mal vue parmi les siens à cause du mythe des sorcières maléfiques. Il va devoir faire un choix entre la magie et sa vie d'héritier royal, les deux étant incompatibles.

N'étant pas sur de lui, il prend son temps avant de prendre une décision. Et c'est ce temps la qui va change sa vie et celle de nombre de ses proches. Alors qu'il a enfin choisi le dweomer et compte rompre ses fiançailles avant de l'annoncer à tous, son père fini par découvrir son secret et prend les décisions qu'il considère comme justes.
Les éventements qui s'ensuivent se terminent en tragédie, emportant avec eux la vie de sa fiancée avec son enfant à naitre et de son frère, tout en déclenchant une guerre entre royaumes.

Mais les âmes des humains se réincarnent régulièrement, donc tout ceux ci vont revenir, même si personne ne peux dire quand et dans quelles circonstances. 

Persaunn a été maudit. Vu que à cause de lui que toutes ses vies ont été perdues, qu'il attendu trop longtemps pour prendre une décision inévitable et détacher les autres humains de son propre destin, il ne pourra pas mourir tant qu'il n'aura pas réparé sa faute et rétabli le cours normal des choses. D'autant plus que sa fiancée était aussi destinée à la magie, et que son destin (le Wyrd ici) devait surpasser le sien.

Voila donc la tâche de Persaunn. Il va devoir vivre très longtemps et guetter le retour des personnes qu'il a connu jeune. Et bien sur, tout faire pour les sauver alors même que le Wyrd sera contre lui. En effet, les fautes des actes passés s'accumulent dans l'âme des personnes et plus celle ci est lourde, plus le Wyrd s'acharne contre elles (le principe du karma en gros). Et dans la tragédie de sa jeunesse il n'a pas été le seul à fauter ... Il lui faudra donc plus d'un essai pour commencer à entrevoir une possibilités de réussite.

Pour compliquer le tout, le destin de son ancienne fiancée est liée à un amour impossible. Quelque soit ses réincarnations elle attire les catastrophes en se liant toujours à la mauvaise personne ...


Je suis vraiment étonnée que cette série ne soit pas plus connue chez nous car elle a de nombreuses qualités.

C'est vrai que ce premier tome a une structure peu habituelle qui pourra déstabiliser ou ne pas plaire à certaines personnes. En effet on suis en parallèle trois ou quatre temporalités différentes. Du coup on découvre plusieurs histoires en même temps et il faudra reconstituer le tout pour comprendre ou l'autrice veut en venir.

Mais cette intrigue non linéaire - il est parfois un peu difficile de s'y retrouver - est vraiment le seul défaut (sans parler de certains thèmes difficiles propres aux tragédies). Et encore, personnellement je ne dirais pas qu'il s'agit d'un défaut mais plus d'un choix audacieux. 
Au fur et à mesure du livre l'autrice rajoute des réincarnations et complique le tout, tout en le rendant plus intéressant car plus varié. 

Si les personnages reviennent, à chaque fois ils sont dans une situation différente, avec des contraintes différentes, et surtout des personnalités qui changent de par leurs propres expériences et leur éducation. Sans compter bien sur, l'ajout des fautes de la précédente réincarnation qui peut ajouter une couche à ce qu'ils vont pouvoir faire dans la suivante ou pas.
Du coup il y a toujours un petit jeu ou on essaye de deviner qui est qui.
 
Le monde est très classique "fantasy celtique" (très peu de magie directe, un peu à la Tolkien, plus certains peuple du genre sorcières, gnomes, elfes ...), ce n'est pas la dedans qu'on trouvera de l'originalité, c'est certain, mais j'ai trouvé le principe de réincarnations vraiment intéressant. C'est vrai que le tout est une immense tragédie et que la tache de Persaunn est énorme et loin d'être résolue à la fin de ce premier tome. Mais ça ne rend le tout que plus intéressant. 

Il y a de la passion, de la haine, de la jalousie, mais aussi de l'honneur. C'est vraiment une histoire basée sur les personnages, les relations entre eux, la magie et le destin. On ne pourra pas s'embarquer dans ce tome tout seul, on sent bien que l'intrigue ne fait que commencer. J'ai hâte de lire la suite !


16.5/20

PS> Le résumé éditeur du livre n'est pas vraiment juste, il donne de mauvaises informations. Donc je conseille de ne pas le lire pour ne pas s'embrouiller inutilement.

samedi 2 novembre 2019

Chasseuse de vampires, book 12: Archangel's War de Nalini Singh

Berkley books, 471 pages, 2019, Urban Fantasy


Quel plaisir de retrouver cette série !
Ce tome commence directement après la fin des événements du précédent (du coup le résumé risque de spoiler pour ceux qui ne l'ont pas lu). 

Raphaël a donné son cœur d'archange immortel à Elena pour qu'elle survive aux changements que la Cascade lui impose. En échange il a prit le cœur mortel de sa bien aimée en lui. Mais ce cœur malade l'affaiblit et le rend moins implacable qu'avant, plus mortel.
Du coup Elena est maintenant dans un cocon, Raphaël attendant de voir si elle va se réveiller et dans quel état.
 
Le retour de Lijuan est attendu bientôt et que ce qu'il se passe en Chine fait peur à tout le monde. Celle ci c'est transformée en monstre qui absorbe la vie de son propre peuple pour gagner en puissance en vue de son réveil prochain.
Du coté des archanges il va falloir mettre ses petites guerres de coté et se rassembler si ils veulent pouvoir la vaincre une bonne fois pour toute ...

Mais Lijuan n'est pas la seule à se réveiller. La cascade est bien déterminée à avoir sa grosse bataille. Les anciens se réveillent petit à petit dans des explosions de pouvoirs. En plus ils sont énervés car ils n'étaient pas prêts à sortir de leur hibernation. Il y aura bientôt bien plus d'archange qu'il ne peux normalement en subsister dans le monde. C'est inévitable et la tension monte. Heureusement finalement que Lijuan concentre la haine de tout les autres, ça leur donne un but et les fait patienter.

Raphaël aussi est touché, la cascade augmente ses propres pouvoirs et un orage sans pitié à l'intérieur de lui menace de lui faire perdre la raison. Finalement c'est le cœur mortel d'Elena qui le sauve à de multiple reprises. Celui ci lui rappelle quels sont ses buts, et ce qu'il ne faut surtout pas qu'il devienne. Mais il va devoir lutter plus que jamais pour ne pas se perdre et devenir insensible.

Un tome fort, chargé en émotions.
Intense aussi, avec une scène de bataille qui fait quasiment le quart du roman tellement il se passe de choses dedans. Je ne sais pas si c'est le dernier tome, mais ça pourrait l'être vu qu'on termine enfin l'arc débuté avec le premier tome. 

Je sais que je ne suis pas toujours super objective avec mes séries chouchou, dont celle ci fait partie mais j'ai trouvé ce tome vraiment réussi !

16.5/20


Mes avis sur certains tomes précédents : Tome 9 : Le cœur de l'archange, Tome 10 : La vipère de l'archange,