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samedi 28 décembre 2019

Teixcalaan, book 1: A Memory Called Empire de Arkady Martine

Tor Books, 464 pages, 2019, Science-fiction


Une belle découverte !

Dans ce space opera politique, nous suivons une jeune ambassadrice, Mahit. Celle ci est la représentante d'une toute petite nation de stations spatiales minières sur la frange de la zone conquise par les "humains" (enfin, humain est un grand mot, certaines autres nations les considèrent plus comme des Aliens tellement ils se sont différentiés après des milliers d'années séparés les uns des autres).

Au cœur du territoire humain, un empire gigantesque qui a phagocyté quasiment tout le reste, sauf l'insignifiant, le Teixcalaan. C'est dans cet empire que Mahit se retrouve ambassadrice de sa nation.

Le peuple de Mahit a une technologie secrète, la mémoire Imago. Une sorte de mémoire collective qui passe de génération en génération. Chacun génération ajoutant ses propres connaissances et fusionnant avec l'arrivant le plus récent en formant des lignées très précieuses.

Seulement voila, l'ancien ambassadeur est mort, surement assassiné, Et bien sur personne n'a pu récupérer son Imago pour le donner à Mahit. On lui a donné l'imago de son prédécesseur jeune, celle qu'il a enregistré quand il était revenu à la station après 5 ans de travail et qu'on avait sauvegardé sa mémoire au cas ou. Elle se retrouve donc avec 15 ans de retard sur les informations qu'elle devrait connaitre.

En plus de ça elle n'a eu que 3 mois pour s’accommoder de la mémoire qu'elle a reçu, alors qu'il faut en général un an pour que les deux personnalités finissent par fusionner et avoir accès au contenu de l'imago dans sa totalité (ne plus avoir l'impression d'avoir un étranger dans sa tête qui la contredit tout le temps).
Pire encore, quand elle se trouve en présence du corps de son prédécesseur pour commencer son enquête, la personnalité de son imago pète un câble et disparaît comme sous le choc, ne la laissant qu'avec une espèce de mémoire fantôme qui réapparaît à certains moments sous formes d'impressions vagues, sans qu'elle puisse rien faire pour l'en empêcher et ne lui apporte plus aucune information utile.

Elle se retrouve bien vite en plein dans un grand complot dont elle est au centre, sans comprendre ce qu'il se passe vraiment et quelles catastrophes elle est en train de faire par son ignorance ...

Mahit est une jeune très enthousiaste, elle a toujours été fascinée par le Teixcalaan et sa culture. Du coup elle peut paraître un chouilla naïve certaines fois de par ses réactions qui vont limite à l'encontre de ce pourquoi elle est la (protéger ses stations et les empêcher d'être bouffées par l'empire).
Mais elle n'est pas bête pour autant, elle joue seulement le jeu de l'ingénue la plupart du temps.
Elle est totalement seule dans la Cité, la capitale du Teixcalaan. Qui croire? Quelles sont les personnes qui ont le même intérêt qu'elle dans le jeu qui se joue?

Tout est très subtil dans ce peuple amateur de poèmes et de sous entendus, et des fois une phrase dite trop vite peut tout faire échouer.

Les façons de faire des Teixcalaan sont à peu près aussi Alien que celle de l'empire de Dune de ce qu'on peu connaitre. Par exemple un détail qui m'a marqué : ils sourient avec leurs yeux et pas avec leur bouche (plus ils ouvrent les yeux, plus ils sourient).
 
La cour de l'Empereur est très grandiloquente avec ses concours de poésie politique ou c'est celui qui a le plus de sous entendus qui vont du coté de la politique du moment qui gagne, et ses costumes très colorés. D'ailleurs dans tout le livre la place de la poésie est très importante et pourra rebuter certains j'imagine.

Autre point important dans l'intrigue : Empire a des problèmes de successions. L'empereur est très vieux, et les trois héritiers choisis l'ont été politiquement pour satisfaire différentes factions qui elles mêmes ne s'entendent pas. Un quatrième aussi, très ambitieux aimerais bien mettre la main sur le pactole, quitte à déclencher une guerre.
En gros la situation n'est pas du tout calme et il faut marcher sur des œufs.

Mahit va devoir naviguer à vue pour essayer de découvrir ce qu'il se passe vraiment et dans quelles problèmes c'est bien fourré son prédécesseur.

Le "Memory" du titre fait bien entendu référence à l'Imago secret du peuple de Mahit dont certaines personnes ont découvert l’existence et aimeraient bien récupérer ...

Ce premier tome peut limite se lire comme un oneshot, même si certains détails semble nous faire croire qu'il y avait plus derrière tout ce qui a été découvert et donc on pourra bien sur continuer l'ensemble dans les tomes suivants.

Il y a plein de détails que j'ai trouvé charmants dans ce livre comme par exemple le fait qu'au début de chaque chapitre il y a des extraits de documents en rapport plus ou moins lointain avec le livre (des fois c'est juste des extraits d’œuvre dont les personnages parlent par exemple, d'autres fois des lettres importantes, etc ...)

Il y en a un que j'ai bien aimé parce qu'il est vraiment dans le ton de la série :
I carry exile in my heart. It animates my poetry and my politics; I will never be free of it, having lived outside of Teixcalaan for so long. I will always be measuring the distance between myself and a person who remained in the heart of the world; between the person I would have been had I stayed and the person I have become under the pressure of the frontier. When the Seventeenth Legion came through the jumpgate in bright star-snatching ships and filled up the Ebrekti sky with the shapes of my home, I was at first afraid. A profound discontinuity. To know fear in the shape of one’s own face.

—from Dispatches from the Numinous Frontier, Eleven Lathe

Autre anecdote marrante dans le livre c'est les noms des Teixcalaanlitzlim (les citoyens de l'empire). Ils sont composés d'un nombre qui a une symbolique et ensuite d'un nom d'objet ou de concept.
Du genre l'empereur est "Six Direction", l'aide de Mahit s'appelle "Three Seagrass" ... Il y a des nom qui claquent du genre "One Lightning" (le grand général de l'armée) ou "Ten pearl" (l'ingénieur en chef de la ville) mais on trouve aussi des trucs du genre "Thirty-Six All-Terrain Tundra Vehicle" ...

Bref, mine de rien ça m'a fait apprendre pas mal de vocabulaire (Nineteen Adze : 19 herminette - je ne savais même pas ce que c'était en français).

Bref, au final cette série plaira peut être moins aux personnes qui sont réfractaires à la poésie et aux subtilités de ce genre. Un peu comme This Is How You Lose the Time War, mais en bien moins marqué. Je pense qu'il faut un minimum de sensibilité au coté littéraire pour apprécier pleinement ce texte (même si le style en lui même n'est pas aussi abusé que dans l’œuvre que j'ai cité avant).

Mais j'avoue que si sur le papier je ne me mettrais pas forcement dans ce type de personnes, ici ça a réussi à me toucher. 

J'en ressort vraiment positive, j'ai apprécié cette lecture et je lirais la suite avec plaisir.

16.5/20

jeudi 26 septembre 2019

Imager Portfolio, book 3: Imager's Intrigue de L.E. Modesitt

Tor Books, 657 pages, 2010, Fantasy


Toujours une grosse réussite cette série.
             
Rhenn a bien grandit depuis le premier tome. Il est maintenant un Imager à part entière, avec femme et enfant. Il travaille dans la police d'un des quartiers les plus difficile et son association non officielle avec les trois chefs de gangs du coin, qui le respectent et ne veulent pas s'en faire un ennemi après ce qu'il c'est passé dans le tome précédent, a un peu pacifié la zone.

Mais une toute nouvelle drogue fait son apparition arrivant par les ports, et en même temps d'autres faits étranges se produisent dans le pays. Par exemple les entrepôts à grains éloignés du rivage sont mis à feu et en conséquence les réserves de nourriture de la marine du pays diminuent, ou tout les fils aînés des grandes familles de Parsis (un peuple de commerçant à moitié nomades) sont assassinés les uns après les autres dans tout le pays, et toujours dans une ville ou se trouve un port important.
      
Rhenn se doute qu'il y a quelque chose par derrière, d'autant plus qu'en dehors de ces faits il ne se passe rien nulle part, tout est bien trop calme. Il se pose plein de questions sur la situation et n'arrive pas à démêler les fait et à trouver ce qui apporte une telle tension dans l'air partout en ville.

Petit à petit on passe vraiment dans une situation globale au bord du chaos. Tout les pans de la société sont en train de bouger, aidés par une séries d'attentats et de fausse rumeurs propagées dans le peuple qui est sur le point de se soulever. Rhenn et ses collègues se lancent dans l'analyse complète de la situation, très complexe, et qui part dans tout les sens.

Est-ce un fait naturel du fait que la société veut changer? Est-ce plusieurs ennemis extérieur qui tentent de propager le chaos pour que le pays ne puisse pas aider ses alliés qui sont en train de se faire envahir? Est-ce dans le but de l'envahir aussi par la suite? Est-ce un problème interne entre les free-holder (bourgeois très riches qui se révoltent parce qu'ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent) et les High-holder (les nobles qui ont plus ou moins tout les droits)? Est-ce un complot plus personnel contre le Collegium (le conseil des mages)?


Comme les tomes précédent on est dans une fantasy très calme, avec une intrigue qui joue plus sur les cotés politique et diplomatique qu'action. On passe énormément de temps à analyser la situations car un imager doit toujours réfléchir avant d'agir tellement sa place est contestée et que la moindre mauvaise action pourrait faire basculer le pays, qui est le seul pays qui accepte ouvertement les Imagers, dans le chaos. Ceux ci se démènent dans l'ombre pour le protéger, et se protéger par la même occasion.

Mais cette fois ci la menace a l'air bien réelle et nécessite des actions ouvertes. D'ailleurs on ne peux pas dire que Rhenn fait les choses à moitié quand il se lance dans une tache.
Dans le livre certaines personnes disent que les gens ont peur de lui et je les comprend parfaitement. C'est un personnage hyper raisonnable, qui ne cherche jamais le conflit, qui veut toujours faire les choses pacifiquement quand il le peut, mais il ne faut pas le chercher et quand ça ne marche pas, il fonce.
      
Et cette fois ci c'est son pays et son existence qui est en danger donc il met les moyens. Sa réaction est efficace et surtout très brutale. D'ailleurs c'est un personnage finalement très gris, il n'hésite pas à aller à l'encontre de la loi pour obtenir justice tout en restant très droit et fidèle à ses propres valeurs.

J'avais déjà adoré les deux premiers tomes mais celui ci est d'un niveau au dessus. En fait à coté les deux premiers font limite office d'introduction. On apprenais à connaitre le monde et à le comprendre, maintenant il faut plonger dedans tête la première pour résoudre cette énigme la qui est la grosse menace.
       
J'ai passé un excellent moment, et je suis même un peu triste de quitter Rhenn car c'était le dernier tome avec ce personnage. La série et l'univers se poursuivent avec d'autres que je tenterais bientôt.

17.5/20


Mes avis sur les autres tomes de la série : book 1 : Imager, book 2: Imager's Challenge

mardi 30 juillet 2019

Avis en Vrac #71 : Alastair Reynolds, Pierre Bottero, Rachel Aaron et Timothy Zahn

Comme les précédents, cet avis en vrac regroupe des avis courts que j'ai d'abord publié sur ma page facebook avant de vous les regrouper ici quand il y en a suffisamment.
  


 Vengeresse (Revenger)
de Alastair Reynolds
Années de sortie : 2016 VO, 2018 VF
Éditeurs : Bragelonne, Gollancz (lu en VO)
Nombre de pages : 425
Genre : Science-fiction


Je dois avouer que je suis un peu déçu de ce livre. Si l'univers a du potentiel, l'intrigue elle même était basique, avec des personnages monolithiques et quelques bons gros deus ex machina.

On est dans de la SF ou la technologie est plus assimilée à de la magie qu'autre chose.

En fait on est tellement loin dans le futur que plein de technologies ont été découvertes puis perdues au fil du temps. Dans le présent de l'intrigue on sort en quelque sorte d'un age sombre et on va à la découverte de ces anciennes technologies aussi bien humaines qu'extraterrestres.

On les découvre principalement dans ce qu'ils appellent des "écrins", des espèces de champs de forces protégeant des anciennes bases ou stations qui sont toujours actifs et mortels mais qui ont des défaillances de temps en temps (qui ont été enregistrés au fil des siècles et donc qu'on peut prévoir plus ou moins).

De nombreux vaisseaux ont pour but justement de faire fortune en fouillant ses écrins et en ressortant avec des merveilles ... ou des miettes ... ou en miette suivant la chance qu'ils ont.

Adrana et Fura Ness sont deux jeunes femmes rêvant de sillonner l'espace pour en découvrir ses trésors (dans les écrins). Malheureusement leurs rêves d'aventures va tourner très court à cause d'une pirate et c'est une quête de vengeance qui débute donc ensuite ...

Le potentiel du monde est énorme, mais malheureusement je n'ai pas vraiment été séduite par le reste. Vu que les points qui m'ont le plus déçu font parti de l'intrigue elle même je ne vous les dévoile pas ici pour ne pas spoiler.

En gros il ne faut pas s'attendre à plus que quelques aventures sans grand intérêt, malgré un style fluide et des pages qui défilent.

Bref, dommage.
14/20



Le pacte des Marchombres, tome 2 : Ellana : L'envol
de Pierre Bottero
Année de sortie : 2008
Éditeur : Rageot
Nombre de pages : 448
Genre : Fantasy


J'ai vraiment été agréablement surprise par ce second tome, alors même que je n'avais pas apprécié le premier.

Ellana avance dans son apprentissage chez les marchombres.
Son maître l'envoi sur un mission ou elle doit surveiller une caravane car sa route l'amène dans un lieu ou toutes les caravanes précédentes ont disparu.
Mais plus la mission avance, plus Ellana a du mal à s'y retrouver et s'interroge. La voie semble se dérober sous ses pieds et elle a du mal à identifier les amis des ennemis ...

Ce tome est le tomme de l'interrogation et de la remise en cause pour Ellana. Plus elle en apprend sur les marchombre et leur politique, plus elle hésite. Mais comme le titre le laisse penser elle va devoir apprendre à prendre son propre envol et s'éloigner des voies connues pour trouver son propre équilibre.

Comme je le disais plus haut, je suis rentré dans ce tome à reculons car je n'avais pas vraiment aimé le premier que je trouvais rempli de défauts en plus d'être bien trop jeunesse pour mon gout.

Celui ci gomme tout ce que j'avais à redire du précédent.
En dehors d'un micro passage ou je trouve dommage que l'auteur n'entretienne pas le suspense et zappe tout les passages les plus prenants, je n'ai pas grand chose à redire sur ce tome. J'ai aussi beaucoup moins ressentit le coté jeunesse.

Certes ce n'est pas non plus le livre le plus surprenant que j'ai lu, vu qu'on s'attend logiquement aux principales avancées mais il m'a quand même bien séduite par l'évolution des différents personnages et notre découverte du background qui s'approfondit. J'en suis ravie.

Du coup je suis bien plus motivée pour reprendre la série et je vais maintenant repartie sur la second trilogie d'Ewilan qui j'espère me fera le même effet !

16/20



Heartstrikers, book 2: One Good Dragon Deserves Another
de Rachel Aaron
Année de sortie : 2015
Éditeur : CreateSpace
Nombre de pages : 487
Genre : (Urban) Fantasy


Pour rappel dans cette série on suis Julius, le plus petit de la toute dernière "portée" issue de la très célèbre Bethesda the Heartstriker, un des dragons les plus puissant et un des plus crains du monde.
A 24 ans il ne peux pas faire grand chose en dehors d'essayer de survivre dans ce monde ou normalement seuls les plus forts ont le droit de vivre.
Mais Julius est un dragon un peu spécial, il n'est absolument pas comme ses frères et sœurs. Il est pacifiste, gentil, faible (pour un dragon), conciliant, patient ... il ne comprend pas toute cette envie de puissance de son espèce.

Le problème arrive lorsque sa mère se rend compte de son existence et décide qu'elle en a marre qu'il ne fasse rien de sa vie en dehors de jouer aux jeux vidéos alors qu'un de ses frère, Justin, est déjà devenu une de ses lames (les fameux guerriers qui forment la garde du clan Heartstriker). Elle décide de le bloquer dans une forme humaine jusqu'à ce qu'il prouve sa valeur.

Cette situation était le point de départ du premier tome.
Dans celui ci la situation change pour son clan quand ils se confrontent à un autre clan, celui des Three Sisters. Il faut savoir que cet autre clan est le seul en dehors du leur à avoir un Oracle dans ses rangs. Hors le but des dragons étant de gagner à tout prix, forcement chacun des deux clan est avantagé par rapport aux autres et ils finissent par se rentrer dedans, voulant tout les deux la même chose.

La guerre est donc sur le point de se déclarer. Mais Julius est toujours bloqué sous sa forme humain, lui qui n'était déjà pas de taille à combattre sous sa forme dragon !
En plus voila que son amie et associée, la sorcière Marci a été capturée par le chef des chasseurs de dragon, et qu'elle ne survivra que si elle se présente à un rendez vous accompagné d'un dragon ...

Ce tome faisait bien plus penser à de la fantasy non urbaine niveau ambiance et en dehors des voitures et autres moyens de transport et des pizza il n'y a que très peu de références à notre monde actuel. On ne côtoie d’ailleurs aucun personnage purement humain (si on ne compte pas Marci).

Je l'ai beaucoup apprécié, autant que le premier même si il était moins "léger" quand même (le premier était très fun et leger). On est plus sur une ambiance classique de fantasy, avec un peu de drame, quelques touches d'humour et une grande aventure.

Les personnages s’approfondissent avec le temps, on les comprend mieux dans ce tome ci.
Franchement une lecture très sympa !

16/20



Quadrail, book 1 : Night Train to Rigel
de Timothy Zahn
Année de sortie : 2005
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 336
Genre : Science-fiction


Ce livre n'était pas du tout ce que j'en attendais, mais ça ne m'a pas empêché de passer un bon moment dans cette lecture.

Frank Compton est un ancien agent-espion du gouvernement. Lors qu'un message urgent lui arrive sous la forme d'un homme mort à ses pied, envoyé en plus par les aliens Araignées qui contrôlent le Qadrail, un train mystérieux qui est le seul moyen de transport rapide entre les galaxies, il n'hésite pas une seconde à se lancer dans une nouvelle aventure.

Il s'avère que ceux ci ont découvert que des vaisseaux de combat transitent illégalement via le Quadrail, ce qui devrait normalement être totalement impossible vu que tout ce qui est transporté est scanné à son arrivée et à sa sortie !

Evidemment Frank étant un agent aguerri, plutôt que d'essayer de trouver comment les vaisseaux sont passés, il décide de partir en chasse des commendataires, via le Quadrail, en mode infiltration, avec pour but de trouver qui pourrait bien vouloir commencer une guerre dans la zone ou les vaisseaux ont été retrouvés ...

Je ne sais pas pourquoi, j'avais ce livre depuis des lustres dans ma bibliothèque ebook et j'étais persuadé qu'il s'agissait de SF militaire. Mais en fait pas du tout, on est plus sur une enquête pleine d'aventure à la sauce espionnage sur fond de space opera.

Mais finalement malgré le fait qu'il était très différent de ce que j'avais imaginé j'ai finalement rapidement adhéré à l'intrigue. C'est la chose qui m'a le plus marqué. En plus je ne pense pas qu'il était possible de deviner le pourquoi du comment en se basant sur nos "trucs" habituels même si on lit régulièrement ce genre d'intrigues.

C'était aussi un tome qui est vraiment d'introduction. Le voyage de Frank sur le Quadrail était souvent plus une excuse pour nous dévoiler l'univers et les différentes races d'extraterrestres qui y vivent.

Cette diversité de physiques et de façon de vivre de ces différents peuples m'a vraiment fait penser à du Star wars, ce qui n'est pas étonnant pour ceux qui connaissent un peu l'auteur (vu qu'il a écrit pas mal de roman dans la franchise). Heureusement c'était vraiment le seul point commun, le reste était très différent.

Dans l'ensemble ce n'est pas non plus la lecture du siècle (on est loin des "waou") mais comme livre de divertissement il rempli totalement son rôle, avec une intrigue qui m'a tenue en haleine et un univers intriguant. J'ai bien envie de lire la suite maintenant, même si celui ci pouvait très bien se lire en tant que tome unique..

16/20




vendredi 11 janvier 2019

Craft Sequence, book 5: Four Roads Cross de Max Gladstone






Année de sortie : 2016
Éditeur : Tor books
Nombre de pages : 416
Genre : Fantasy
 
 
 
 
 
 
Mon avis :

Un tome bien réussi qui fait directement suite au tout premier de la série (dans l'ordre de publication).

Warning : spoilers sur Three Parts Dead, le premier tome de la série dans cet ordre de lecture.

L'histoire de ce tome se passe un an après Three Parts Dead.
Tara est devenue la principale conseillère de l'église de Kos tout en aidant Seril en cachette, un boulot très demandant et ne payant pas beaucoup, elle a toujours du mal à rembourser ses dettes. Les autres personnages, qu'on retrouve aussi, Abelard, Cat ou Raz ont tous leurs problèmes personnels aussi, en plus de leur fonction.

Kos va beaucoup mieux et il protège toujours secrètement Seril. Petit à petit Tara met en place des produits et une base pour Seril, qui lui permettront sur le long terme de pouvoir vivre seule et se défendre. Mais ça n'est pas encore le cas et Seril est extrêmement fragile. 
Les gargouilles commencent à semer le trouble, ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas aider ouvertement les habitants comme leur foi le leur demande, et du coup attendre devient de plus en plus difficile. En plus les habitants eux même comprennent très vite le retour de Seril, qui est donc obligé de se dévoiler publiquement, bien trop tôt, au grand dam de Tara qui aurait voulu la maintenir secrète plus longtemps.

Un important groupe d'investisseur qui finance une partie de Kos commence à ce moment la à attaquer la relation entre Kos et Seril. Ils pensent que Kos est fragilisé et que si Seril tome, Kos tombera avec. Ils attaquent donc l'église de Kos en justice ...

*****

En fait ce tome est vraiment la suite directe des événements du premier tome.
C'est pour ça qu'il est difficile de vraiment faire un résumé, puisqu'il y a un nombre très important de facteurs qui influencent l'intrigue. 

Pour ceux qui ne connaitraient pas, Craft Sequence est une série de 5 tomes (+1 final ensuite) qui a différents ordres de lecture et qui est centrée sur une magie qui tient tout du droit des contrat et de la finance internationale. 

Pour résumer le système magique rapidement :
- Les dieux de ce monde sont l'esprit collectif de leurs croyants qui a fini par prendre vie, ils reçoivent de l’énergie par toutes les prières qui leurs sont dévolues et l'utilisent pour faire les miracles que le peuple espère. Mais quand un dieu devient trop puissant il lui reste de l’énergie non utilisée. 
- Un système d'échange international c'est donc petit à petit mis en place dans lequel les dieux peuvent prêter de leur puissance à d'autres sous des règles dictées par des contrats gérés par leur clergé. ce système marche un peu comme nos marchés financiers actuels. 
- Les mages de leur coté peuvent utiliser la puissance des phénomènes naturels ainsi que celle des dieux (si ils peuvent se l'offrir) pour réaliser ce qu'ils souhaitent, ils peuvent même devenir immortels si ils ont suffisamment de puissance pour maintenir leur corps (ou ce en reste).

Bien sur ce que j'en dis la n'est vraiment qu'un trait grossier en comparaison de tout les détails que l'ont découvre petit à petit dans la série.

*****

En plus de Tara, Cat et les autres que l'on connaissait déjà et qui continuent sur leur lancée, on nous introduit de nouveaux personnages qui forment une représentation des différentes façons de penser des habitants de la ville d'Alt Columb. Certains croient en la nouvelle Seril tandis que d'autres sont toujours enfermés dans la peur de la folie passée des gargouilles et ne veulent rien entendre. 

En fait l'intrigue est une fresque des différents protagonistes alors que la ville est de nouveau prise dans une crise. Une crise qui finalement est quasiment aussi dangereuse que la précédente, car si Kos est déclaré fragile, c'est toute l'économie et la puissance de la ville qui va tomber avec lui.

Tara va devoir luter de toute ses forces pour ne pas se laisser submerger. En plus elle commence elle même à douter. Est-elle en train de devenir la première prêtresse de Seril à force de l'aider? Et ce n'est vraiment pas le bon moment pour se laisser distraire ou avoir des questionnements sur sa foi.

Elle se lance dans ce qui pourrait totalement être considéré comme une quête ou elle va devoir trouver un moyen de protéger Seril sans mettre en danger Kos, et sauver Alt Columb d'un ennemi très déterminé à récupérer toute la puissance du dieu si il mourrait vraiment cette fois ci.

Au final il y a vraiment un nombre important de sous intrigues qui avancent toutes en parallèle. Elles jouent un rôle quasiment aussi important que l'intrigue principale.

Dans l'ensemble j'ai vraiment bien apprécié ce tome. C'est sur que le coté nostalgique de Three Parts Dead a certainement bien joué mais pas que. Le coté "Waou" du world building continue a faire son petit effet, même quand on n'a pas vraiment de nouveaux éléments comme ici. 

C'est vrai que si on cherche la petite bête on pourrait facilement dire que certains points ne sont la limite que pour faire plaisir aux fans, comme la romance, mais finalement pour ma part ça ne m'a pas dérangé car ça fait parti de l'ensemble et ça donne un peu de diversité aux différentes relations entre les personnages.

Je trouve que Three Parts Dead et ce tome forment un bon tout, il s'agit en fait vraiment de la même intrigue qui se poursuit. Du coup c'est vrai que j'imagine bien quel effet ça doit faire de les lire à la suite comme dans l'autre ordre de lecture ou ils sont en position 3 et 4.
Ce qui fait que j'anticipe avec plaisir ma futur relecture de la série, cette fois ci dans l'ordre des titres, pour voir la différence que ça offre à l'ensemble.


17/20

Mes avis sur les autres tomes de la série : tome 1: Three Parts Dead, tome 2: Two Serpents Rise, tome 3: Full Fathom Five, tome 4 : Last First Snow,

samedi 29 septembre 2018

Imager Portfolio, book 2: Imager's Challenge de L.E. Modesitt






Année de sortie : 2009
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 544
Genre : Fantasy






Mon avis

Dans Imager Portofolio, nous suivions Rhennthyl un jeune homme, fils de manufacturier qui décide de se lancer dans le métier de portraitiste dans un monde qui tient beaucoup de l'Europe de la Renaissance dans laquelle les armes à feu existeraient déjà. Carrière qu'il doit abandonner quand il s'aperçoit qu'il peut manipuler la matière mentalement, une forme de magie appelée "Imaging". Le voici donc dans le Collegium des Imager à apprendre comment s'en servir sans se tuer accidentellement. En parallèle il rencontre Seloria une jeune femme appartenant à la minorité des Pharsi, un peuple assez mal vu car on leur prête des talents magiques comme celui de Farsight, pouvoir deviner l'avenir. Rhen finissait par mettre à jour une tentative d'assassinat sur les membres du conseil du pays. 

Ce tome ci reprend l'histoire juste après. Rhen a été muté dans la garde civile de la ville pour l'éloigner de ceux qui pourraient lui vouloir du mal suite à l’attentat manqué. Mais ça ne l'éloigne pas du danger pour autant, car en plus de ça il a mit en colère un des nobles les plus puissants quand il était au Collégium en s'opposant à son fils qui menait la vie dure à tout le monde.
Il se met à subir un nombre important de tentatives d'assassinat qui le rendent très impopulaire dans la garde civile, sans parler du fait que certains officiers de la garde sont corrompu et voient d'un mauvais œil l'arrivée d'un Imager dans leurs rangs ...

Le Collegium voit en fait cette mutation comme une façon d'éloigner Rhen de la notoriété. En fait le politiquement le Collegium a toujours su se faire oublier et c'est sa façon de survivre dans ce monde ou en général les Imagers sont plus brulés vifs qu’accueillit à bras ouverts. Du coup leur survie tient du fait qu'ils ne se font pas remarquer, semble inoffensifs et ne s'impliquent pas ouvertement dans la politique.
Mais les actions de Rhen ont eu de telles conséquences que ça remet ce statu quo en jeu. Du coup sa mutation était plus une façon de le parquer à un endroit ou il ne pourrait pas créer de problème.

En gros Rhen se retrouve vraiment au cœur du mécontentement général dans ce tome, tout les couteaux sont pointés vers lui. Mais le pire c'est qu'il ne s'en rend pas vraiment compte parce que pour lui il a fait la bonne chose en empêchant un attentat. Il a un coté idéaliste et il veut faire ce qu'il juge bien. Dans ce tome il commence à comprendre tout ce que cela implique et que ce n'est pas parce qu'on ne remarque pas quelque chose que ça n'existe pas. Des fois on a l'impression que ce que Rhen apprend au Collégium est assez cynique, c'est une façon de voir le monde assez sombre et du coup ça fait vraiment un contraste avec le coté enthousiaste et ouvert de celui ci.

L'ambiance de ce tome est vraiment similaire au précédent mais un peu plus active, chose que j'ai bien apprécié. Rhen a en effet pas mal de choses sur le dos et il doit jongler avec les différentes menaces présentes dans sa vie. Heureusement il n'est pas sans alliés, surtout dans la personne de Seloria et de sa famille qui finalement se retrouvent être la branche à laquelle il se raccroche lors qu'il ne sait plus quoi faire. J'ai vraiment apprécié de découvrir cette famille plus en détail. Au final elle devient plus la famille de Rhen que sa vrai famille qu'il voit beaucoup moins.

Franchement j'aime beaucoup cette série pour l'instant. Certes on est loin de la fantasy d'action mais le monde est richement décrit, complexe et surtout bien nuancé. On en apprend encore à tout les points de vue  dans ce tome. Le mélange du coté visuel Renaissance avec le coté industriel qui lui se rapproche plus de la fin du 19ième siècle marche vraiment bien et lui donne un coté unique. 

J'aime bien aussi le fait que l'intrigue ne se déroule pas en quelques jours. Ici les journées se succèdent des fois sans qu'il se passe la moindre chose. D'un coté ça diffuse un peu la tension mais d'un autre coté ça rend la chose pour réaliste. On est très loin d'un thriller ou les événements s'enchainent à n'en plus finir. Et pourtant on ne s'ennuie pas, l'action est bien répartie sur l'ensemble du livre et il ne se passe pas un chapitre sans changement.

Je crois que je suis en train de développer une petite addiction à cette série car rien que d'en écrire la chronique me donne vraiment envie de commencer le suivant. Bref, pour moi c'est vraiment une réussite, tout à fait le style de fantasy que j'apprécie.


17/20

mercredi 26 septembre 2018

Signal Airship, book 1: The Guns Above de Robyn Bennis






Année de sortie : 2017
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 352
Genre : Steampunk, Gaslamp Fantasy






Mon avis

The Guns Above est un livre difficile à décrire. Techniquement il est dans ce qu'on appelle la Gaslamp Fantasy, qui est expliqué rapidement l'équivalent du steampunk mais dans un autre monde. Ici pas de magie, mais par contre une histoire très militaire sur la guerre et la place de la femme.

Le royaume de Garnia est constamment en guerre. Du au manque d'hommes qui commence à se faire sentir, les militaires ont fini par accepter les femmes dans ce qu'ils appellent des "rôles secondaires" dans l'aviation, en gros jamais directement en position de décision. 

Le Lieutenant auxiliaire Josette Dupre est la seconde d'un vaisseau lorsque son capitaine se fait tuer, elle prend le commandement et provoque un mouvement décisif qui permet à son pays d'obtenir une grosse victoire qu'il espérait depuis longtemps. 

Ne pouvant pas ignorer ce fait, le Roi la nome première Capitaine de vaisseau de l'histoire. Mais le général en charge des armées du pays ne supporte pas de voir une femme à ce poste. Il lui confie le Mistral, le tout dernier né de l'imagination la plus fertile des ingénieurs aéronautiques du pays. A elle de se débrouiller pour ne pas finir en boule de feu car aucune des technologie présente n'a jamais été testée avant et les pièges que lui réserve ce vaisseau sont mortels.

En plus de ça, au cas ou elle s'en sortirait quand même, il décide de trouver un moyen de la discréditer, il envoie donc à son bord son neveu, Lord Bernat, un noble déchu qui n'y connait rien à la guerre et qui a pour mission de débusquer et de monter en épingle tout les défauts de Josette ...



Vous l'aurez compris le thème principal dans l'ensemble de ce livre concerne Josette et ça façon de lutter contre le fait que même dans son équipage on ne la considère jamais aussi compétente que si elle avait été un homme. Alors que pourtant elle a bien plus d’expérience pour un premier commandement que tous les autres capitaines qui ont pris leur commandement depuis le début de la guerre. 

Une grosse partie du roman est constitué de manœuvres aériennes, de test du vaisseau et bien sur de batailles assez nombreuses. Il y a d'ailleurs pas mal de parties un peu techniques sur les calculs d'angles de rotation, de vitesse et de poids du vaisseau qui m'ont des fois un peu perdues même si ça ne m'a pas empêché de comprendre les problématiques abordées et leurs conséquences lors des combats.

Le gros point fort pour moi dans ce livre a été la relation et les dialogues entre Bernat et Josette. Dés le début les deux s'envoient des piques en permanence et certains passages sont hilarants. Finalement les deux personnages sont vraiment à l’opposé. Bernat est un courtisant habitué au calme et à la volupté, il vit normalement sa vie en étant l'amant de femmes riches et âgées, un rôle si on l'inverse habituellement réservée aux femmes dans la noblesse alors que Josette avec des manières fortes et son autorité naturelle a totalement sa place en tant que commandant dans l'armée.

Évidemment j'ai apprécié Josette très rapidement. Malgré ses manières brusques elle a beaucoup d'humour qui lui permet de prendre du recul vis à vis de sa situation.  Par contre Bernat ça a été plus difficile au début. Il joue le jeu de son oncle et les lettres qu'il écrit sont des fois hilarantes tellement on voit qu'il exagère le trait sur les supposés défauts de Josette. Mais au fur et à mesure on s'aperçoit en fait qu'il est plus que juste un noble inutile et qu'il pourrait même faire un bon allié pour Josette.

Et pourtant malgré tout ces points positifs j'avoue que j'ai du mal sur l'ensemble à mettre un bonne note à ce livre. 
Pourquoi? Parce que pour moi il manquait de tension. J'ai trouvé l'ensemble trop plat. Au final on se doutait que quoi qu'il arrive Josette n'allait pas faire exploser son vaisseau dés qu'elle mettait la main dessus en le testant. Du coup les 3/4 du livres qui constituent la partie des tests dangereux qui frôlent la catastrophe à chaque fois a été vraiment très longue pour moi. J'ai fini par limite m'ennuyer à certains moments. 

Heureusement la dernière partie relève un peu le niveau niveau action et le retournement de situation de la relation des personnages m'a vraiment bien plu. 

En résumé je suis un peu mitigée sur ce premier tome. D'un coté j'ai bien aimé les personnages et leurs relations, mais la partie centrale du livre m'a semble bien trop longue et sans grand intérêt. Je ne sais même pas si je lirais un jour la suite, si c'est le cas ça sera pour retrouver les deux personnages et pas pour le reste.

15/20

mardi 12 juin 2018

Lock In, book 2: Head On de John Scalzi






Année de sortie : 2018
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 335
Genre : Science-Fiction





Mon avis :

J'ai passé un excellent moment avec cette nouvelle enquête, je l'ai préféré au précédent du fait qu'on n'a plus besoin d'avoir toutes les explications que les Haden cette fois ci du coup plus de pages sont vraiment consacrées à l'intrigue elle même.

Petite précision : je désignerais Chris par un "il" dans cette chronique par facilité mais en fait on aucune idée de son genre réel (et ça n'a aucune importance).

Chris Shane est un agent du FBI, mais il est avant tout un des plus célèbres Hadens de l'histoire. Alors qu'il est spectateur d'une partie de Hilketta, un jeu très à la mode qui se joue dans des threeps (cispés en VF - les robots dans lesquels les Hadens peuvent se déplacer) car le but du jeu est de décapiter un des membres de l'équipe adverse et d’amener sa tête à un certain endroit pour marquer un but, il est témoin comme tout le stade de la mort en directe d'un des joueurs.

Étant sur place et ayant repéré une anomalie dans les données du joueur en question, il décide bien sur de prendre l'avant et de commencer a enquêter directement sans attendre que la piste refroidisse ...


Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le contexte, même si cette histoire est indépendante et donne suffisamment d'explications pour comprendre, il faut mieux tout de même lire le premier tome avant histoire de mieux explorer le monde.

On est ici dans un monde ou une terrible épidémie a eu lieu et a condamné un certain pourcentage de la population a devenir des "enfermés" (Haden ici en VO). Ces personnes ont un cerveau tout à fait actif mais ne peuvent plus du tout contrôler leur corps. 
Du coup les technologies ont évolué et on a mit en place un système leur permettant de "prendre le contrôle" de robots (ou du corps de certaines personnes ayant la bonne disposition mentale, fait que l'on exploite plus en détail dans la première enquête) qui leur permettent de se déplacer et à nouveau de vivre.

On est dans le milieu du sport de haut niveau dans cette enquête, ce qui fait que ceux qui lisent régulièrement des enquêtes la dessus ne seront surement pas très surpris par une partie de l'intrigue car elle comporte tout ce qu'on y attends, sponsors, managers, dopage, gros sous ... Mais ce qui est quand même original est le fait que les "athlètes" star sont des Hadens, ce qui change pas mal de choses au final. Du coup j'ai eu l'impression que ça donnait un autre contours à ces éléments plus habituels.

Un point que j'ai vraiment apprécié c'est le fait qu'en fait cette enquête et ce milieu permet à l'auteur de vraiment faire évoluer le monde des Haden durant ce tome. On en découvre bien plus sur tout le contexte autours et ce que la loi qui est passé dans le tome précédent va changer.

J'ai trouvé le tout vraiment très bien intégré, on n'a pas l'impression de suivre deux parties différentes, vu que tout est lié. Et cette partie de science-fiction est vraiment très intéressante, même si c'est sur que d'un point de vue français elle m'a semblé vraiment très typique des états unis et de leur politique de santé, c'est clairement (à l'heure actuelle) un fait qui ne pourrait jamais arriver chez nous (enfin j'espère !). En plus bien entendu j'aime bien l'idée général de parler de handicap de cette façon ouverte et jamais négative.

N'étant pas du tout une personne intéressée par le sport à l'origine j'avoue que ce thème ne me parlait pas du tout avant de commencer le livre et si on m'avait dit que c'était le sujet principal ça ne m'aurait pas du tout motivée à le lire (j'ai tendance à ne jamais lire les résumés avant de commencer un livre). Et pourtant il a réussi à m’intéresser du début à la fin justement de par se mélange et le fait que finalement le sport ne soit pas le seul sujet principal.

L'humour de l'auteur est bien présent tout du long et je me suis surprise à sourire à de nombreuses reprises voir même de bien rigoler. Le ton reste léger malgré le coté un peu sombre de certaines parties de l'enquête. Je dirais même que pour moi il était bien plus présent que dans le précédent tome, ce qui est vraiment très agréable et je ne m'en lasse pas.

Un autre point que j'ai vraiment apprécié en comparaison du premier tome est le fait qu'on entre directement dans le vif du sujet dés le tout début, et du coup on n'a pas cette impression qui arrive souvent dans les policiers ou on attends que le crime arrive un long moment. Ici c'est bien sur du au fait qu'on a moins d'explications à donner sur le monde, pour le rendre compréhensible, vu qu'elles ont été faites dans le tome précédent. Pour moi ça a bien allégé le tout et donné plus de place à l'intrigue elle même. 
En plus on est sur une intrigue qui semble ne jamais ralentir, on a toujours des éléments en plus à se mettre sous la dent ce qui est très agréable. J'ai trouvé le rythme vraiment très bon, sans parler de la fluidité de l'ensemble qui se lit vraiment tout seul.

Pour ce qui est des personnages j'adore le fait que Chris reste toujours positif et n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort. Sa relation avec sa partenaire Leslie est toujours aussi sympa et leurs interactions funs, cette façon qu'ils ont de toujours s'envoyer des vannes et des piques.

Au final j'ai vraiment apprécié cette enquête. Si sur le plan sportif elle reste dans des thèmes classiques, le fait d'y ajouter les éléments de science-fiction et ce traitement positif du handicap en fait une lecture vraiment très agréable, et en plus il y a de l'humour, que demander de plus.

16.5/20
Mon avis sur le premier tome : Les enfermés,


mercredi 6 juin 2018

One Dozen Daughters, book 1: The House of the Four Winds de Mercedes Lackey et James Mallory






Année de sortie : 2016
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 336
Genre : Fantasy





Mon avis :

Un livre d'aventure fantasy fun et léger, plein de rebondissements, qui se laisse vraiment bien lire mais à qui il manque malheureusement un peu de tout pour faire un très bon roman (ce qu'il aurait pu être).

J'ai pris ce livre parce que je voulais un livre d'aventure avec des pirates et sur ce point j'ai été servie.

Nous suivons Clarice, qui est l'ainée des 12 princesses d'une toute petite province indépendante. Ses parents n'ayant pas assez d'argent pour donner un dot à leurs filles ils leur ont demandé de choisir un métier et de l'apprendre comme toute personne du peuple pour pouvoir faire leur vie ensuite. Et Clarice à choisi l'épée.

Mais avant de se poser pour devenir maitre d'arme quelque part elle veut voyager, découvrir le monde. Et du coup elle décide de se déguiser en homme pour pouvoir être libre et ne pas devoir voyager accompagné et elle embarque à bord d'un vaisseau qui traverse l'océan en quelques semaines.

Elle devient amie avec Dominique, le navigateur ainsi qu'avec le médecin de bord.
Mais l'ambiance à bord est insoutenable, le capitaine est hyper violent avec ses hommes. Jusqu'au jour ou il fouette à mort le plus jeune des marins et la révolte gronde ...

Tout d'abord je vous déconseille de lire le résumé éditeur du livre parce qu'il raconte plus de la moitié de l'histoire et je trouve ça dommage.
Ce livre rappelle les livres d'aventure qu'on lisait plus jeune, avec plein de péripétie et joue vraiment sur le coté nostalgique de ce genre d'ouvrage. Il en a tout les éléments, une fille déguisée en homme, des pirates, de la magie ...

En fait il rappelle aussi énormément les films Pirates des Caraïbes, parce qu'on est vraiment exactement sur le même type de monde qui est pratiquement le notre mais avec des éléments magiques (notamment des médaillons) et des monstres en plus.
Du coup on ne peux pas s’empêcher de s'attendre à retrouver le même type d'ambiance et d'intrigue. Et c'était pratiquement le cas. Mais pour moi qui manquait l'humour. Ce livre en est totalement dépourvu et ça manquait du coup, j'avais l'impression de lire un Pirates des Caraïbes un peu raté car il aurait voulu être trop au premier degré.

Concernant le personnage principal, Clarice, je l'ai trouvé un peu basique, parce qu'en fait la seule chose qui la caractérise c'est le fait d'être déguisée en homme. Non pas qu'elle manque de personnalité, mais j'avais un peu l'impression qu'elle n'était que spectatrice de l'histoire (en dehors de 2 passages bien précis). Pendant la quasi totalement de l'intrigue, à chaque fois qu'un problème se posait, il était résolu finalement par un autre personnage (avec elle à coté). Et du coup elle n'évolue pas du tout durant tout le récit, et elle fini exactement dans le même état qu'elle avait commencé. En fait on pourrait limite dire que tout ce qui se passe ne la concerne pas vraiment parce que dés le départ elle commence comme passagère payante et ne fait pas vraiment parti de l'équipage.

Finalement je dirais que ce n'est pas un mauvais personnage en soi mais qu'il lui manquait une petite touche d'autre chose pour la rendre vraiment intéressante.
Pareil pour Dominique, il est un peu trop "trop gentil et droit" pour être un personnage charismatique. C'est le Will Turner de ce livre, il ne se démarque pas vraiment.
Au final voila, c'est exactement comme si on n'avait eu que Will Turner et Elizabeth Swann en personnages principaux dans Pirates des Caraïbes, il aurait manqué quelque chose pour en faire un bon film.

J'ai aussi été un peu déçue par la romance. Elle arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, trop facile. On a en gros une seule conversation et hop c'est réglé, pas de questionnement, rien : "Tu m'aime?" "Oui".
Et en plus ça tombe super bien parce que ça résout du coup un des gros points importants du scénario. Et au final on a un peu l'impression qu'elle ne sert qu'a ça, résoudre le problème parce que Clarice ne commence à en parler qu'après le moment ou justement on a besoin de cette romance pour faire avancer l'histoire.
Limite j'avais l’impression que les auteurs avaient peur de mettre trop de romance et se sont dit qu'il fallait la réduire au maximum pour ne pas la faire trop empiéter sur le reste.

Pour finir je conclurais la dessus, finalement à chaque fois on avait l'impression qu'il manquait quelque chose pour faire passer ce livre au niveau supérieur.

Le pire c'est que ça a été une bonne lecture, je ne me suis pas ennuyée, il y a plein de péripéties, c'est intriguant, il y a de la magie ... Mais le livre ne décolle jamais vraiment vers la catégorie des romans qu'on remarque sur le long terme et c'est bien dommage parce qu'il y avait du potentiel.

15/20

mardi 5 juin 2018

Terra Ignota, book 1: Trop semblable à l'éclair de Ada Palmer





Année de sortie : 2016
Éditeur : Tor Books (VO)
Nombre de pages : 432
Genre : Science-fiction
Disponible en VF chez Le Belial' le 24 Octobre 2019



Mon avis :

Un premier tome brillant dans un univers riche et complexe. J'ai adoré, c'est facilement ma meilleure lecture de l'année à cette date.

Pour résumer sans trop vous donner de détails je dirais que ce livre raconte, via de nombreux chemins différents, comment un système utopique qui semble limite parfait sur le papier peut être totalement déstabilisé par le plus petit élément insignifiant qui va le faire s'écrouler.
Ce premier tome est en fait une façon de nous représenter ce qui était, le monde utopique dans lequel commence l'histoire et de nous introduire l'élément perturbateur.

C'est un récit qui se passe dans les 25ième siècle et dont la trame principale commence par une enquête sur un vol. Il se révèle politique, philosophique et très intellectuel certaines fois mais dans le bon sens du terme. On peut ressortir un amour pour le Siècle des Lumières et les références historiques sur l'époque sont très nombreuses, mélangé à un futur très visuel ce qui donne un mélange détonant et mais vraiment fantastique.

Ce n'est pas la seule période historique qui est présente bien sur car il semble que nos descendants dans le futur sont fascinés par le passé et reproduisent - en les améliorant - les faits historiques. Ainsi on retrouve par exemple l'équivalent de l'empire romain antique, les Masons qui appellent leur dirigeant désigné à vie Caesar et qui ont réintégré un latin simplifié (sans déclinaisons) comme langue officielle.

*****
Le monde :
Pour l'instant vous ne devez pas trop comprendre grand chose à ce monde mais c'est un des éléments les plus marquants du livre et donc je vais y revenir plus en détail. Ce sont des informations très générales sur le background, je me suis limitée dans mes explications pour vous laisser le plaisir de la découverte du reste.

La première information importante est de savoir qu'on est dans un monde utopique  ou plus personne ne meurt de faim, tout est abondant, régulé technologiquement parlant. On en a terminé avec les pollutions, les injustices, les gens ne sont même plus obligés de travailler si ils ne le souhaitent pas (bien que ça reste théorique, une personne sans apport ne sera pas accepté dans une Hive et donc devra travailler pour vivre).

En fait dans ce monde les Pays physiques en tant que Nations ont disparu. Il n'existent plus que théoriquement parce qu'on ne peux pas non plus totalement effacer ce qui a été la règle pendant des millénaires et le sentiment patriotique d'appartenance à une région que peuvent avoir certaines personnes. Du coup les gens portent des brassards ou des pins (et autres décorations) pour montrer d’où ils viennent.

A leur place sont apparu ce qu'on appelle des Hives (ou Ruches en français) qui sont des rassemblements de personnes sur un point commun. Les gens se groupent donc de par leurs convictions, leurs envies (et peuvent en changer quand ils le souhaitent, sur le papier), ou simplement par tradition familiale.
Il existe 7 Hives différentes, dont par exemple les Cousins qui sont ceux qui veulent aider leur prochain - à la base le groupe était un groupe de soutien solidaire dans lequel chacun des membres était considéré comme le "cousin" des autres, un espèce de grande famille, et le concept c'est répandu dans le monde entier, finissant par en faire une des plus grandes Hives.

Ce n'est pas un concept uniforme, les Hives se sont créées au fur et à mesure et on trouve vraiment de tout dedans. Certaines sont des noms qui nous disent des choses par exemple Greenpeace a existé en tant que Hive avant d'être absorbée par la Hive asiatique Mitsubishi, d'autres ont un passé qui se situe dans note futur et qui est expliqué au fur et à mesure durant le livre.
Du coup on retrouve aussi bien des lieux comme l'Europe qui a été la première Hive internationale créée, que les Utopians qui sont ceux qui voient dans le futur ou les Mason et les Cousins dont j'ai parlé plus haut ...

Himself: “If you wrote a poem titled ‘The Source,’ what would be its subject?”
Of the Directors, Andō is least afraid to answer His strange questions. “Nature,” he ventured, “the interconnectedness of life, forests, the ocean, maybe rural life, a farm, a spring of water.”
Himself: “Do all agree?”
Shanghai: “Mine would be about Spring. New growth.”
Beijing: “Spring, yes.”
Dongbei: “Land, perhaps. Land changing, the parting of the snow.”
[...]
“Then you are alone.” The dead softness of His voice felt cautious now, as when you comfort a wounded animal, and you know your syllables are meaningless, but, seeing it in pain, you must do something.
“Faced with that question, a Cousin might answer 'the heart', a European 'the past', a Humanist themself, a Brillist 'the psyche', a Utopian 'imagination'. All are pieces of the Masonic answer: 'humanity'. Only the Mitsubishi place the Source outside humanity, in Nature.”

Et dans tout ça ce qui prévaut dans ce monde est la liberté d'être ce qu'on souhaite, d'habiter ou on souhaite, avec qui on souhaite. Les genres ont été abolis aussi, désormais on ne devra désigner une personne que par le neutre. En fait le narrateur n'est pas très bon pour ça du coup il nous donne sa propre interprétation du sexe de la personne qu'il rencontre, même si souvent on fini par comprendre que ce n'est pas forcement la vérité.

Bref, je savais que cette chronique serait difficile à écrire, j'ai déjà écrit un pavé alors que je n'ai fait qu'esquisser le monde. Je vais arrêter la niveau explications sur le monde pour laisser la découverte du reste à ceux qui ne souhaitent pas trop en savoir.

Je dirais juste que c'était totalement fascinant de découvrir tout ça. J'ai trouvé cet univers mélange de technologie, de futur "parfait" et d'une grosse dose de passé vraiment très visuel, ça donne totalement un effet "waou" très fort durant toute la lecture.

*****

Les personnages :
Ce que j'ai aussi vraiment apprécié dans ce livre se sont les personnages. Mais en fait je dirais même qu'ils sont plus des Personnages. On voyage vraiment au cœur du pouvoir de ce monde pour cette enquête et donc tous les personnages qu'on croise sont très importants et ont de fortes personnalités.

La narrateur est Mycroft Canner, un condamné au service public à perpétué, car il a commis un crime et n'a plus le droit de posséder de biens physiques. La règle pour ce genre de personnes est qu'une demi journée de travail équivaut  à un repas gratuit et c'est la seule chose qu'on a le droit de leur donner.
Il raconte donc l'histoire car il a été en son centre. On suis donc ses propres rencontres ainsi que celles qu'il a pu reconstituer via des témoignages ou des enregistrements.

C'est vraiment un sacré personnage ce Mycroft. Au début on a du mal à le cerner mais il semble si doux, si effacé et en même temps si brillant. On se demande bien comment il a pu être condamné et pourquoi. Il a beau n'être personne, il a des liens et la confiance de toutes les Hives et même au plus haut niveau. Du coup durant tout le livre il est un peu l'homme derrière le pouvoir, il rend des comptes à tous les dirigeants au fur et à mesure que son enquête avance.

Mais il n'est pas le seul à enquêter. La personne chargée officiellement de résoudre l'affaire est en fait J.E.D.D. Mason, le fils adoptif du caesar. Cela peut sembler contradictoire que ça soit lui le tampon dans cette affaire qui touche toutes les Hives, mais en fait c'est la seule personne de tout l'empire Mason à ne pas pouvoir devenir caesar lui même un jour (car le pouvoir ne peux pas être héréditaire), et du coup il sert tout le monde.
C'est le génie bizarre de l'histoire, le personnage qui ne sait pas comment aborder les gens et qui pourtant trouve toujours la bonne phrase pour faire avancer une situation donnée. C'est un personnage totalement fascinant, et le pire la dedans c'est qu'on ne le rencontre que de très rares fois et pourtant comme Mycroft le vénère on sent vraiment son influence pour faire de ce personnage un personnage fort.

C'est vraiment difficile, j'ai envie de vous parler de tellement d'autres choses mais je me retiens pour ne pas trop vous spoiler. Je vous laisse donc découvrir les autres Personnages par vous même. 

*****

Structure, Rythme, style :
Le livre est en fait un récit des événements après coup, racontés par une personne chargée de compiler tous les éléments comme une mémoire pour le futur.
Cette structure donne aussi un élément de narration qu'on n'a pas trop l'habitude de voir à savoir que le narrateur est souvent interrompu dans son récit par un être appelé lecteur qui demande des précisions ou qui le remet sur les rails quand ils s'égare un peu. Comme si le récit était raconté en direct à un témoin au moment ou il le compile. Mais du coup le narrateur ne se gêne pas pour souvent s'adresser à tout ses lecteurs, à nous poser des questions, à nous interpeller sur des points, etc ...

Pour ce qui est du rythme, ne vous attendez pas à une histoire rapide. Il faut du temps pour commencer à voir la situation dans son ensemble, à faire en sorte qu'on comprenne le monde dans toute sa profondeur. Il y a plein de passages dont on ne comprend l'utilité que bien plus tard ou des phrases dites en passant qui des chapitres après nous reviennent en tête et on se dit "haa j'ai enfin compris !". En plus arrivé à la fin de ce tome on n'a encore pas tous les éléments et on commence à peine à voir ce qui va pouvoir arriver et pourquoi. Le voile n'est pas levé, loin de la.
Je pense que c'est un livre qui méritera une seconde lecture car j'ai du louper pas mal de détails lors de la première.

Surtout c'est un livre que j'ai mis très longtemps à terminer. Pour moi qui ai tendance à dévorer mes livres, surtout quand ils me fascinent, ici je n'ai pas pu le faire.
Le style met un peu de temps avant de vraiment devenir familier, le narrateur explique au début qu'il écrira son livre comme si l'histoire il écrivait un mémoire du 18ième siècle. Il y a donc de nombreuses tournures qui au début m'ont un peu déstabilisé.
Mais finalement on s'y fait et je n'ai pas trouvé le style d'écriture particulièrement difficile en soi.

C'est surtout le fait de combiner ça au coté totalement différent et à l'imagination qu'il faut pour se représenter et comprendre ce monde qui est difficile et qui rend la lecture particulièrement exigeante.
Surtout parce que le narrateur écrit le texte pour des personnes de son futur, et donc il n'explique pas vraiment la situation initiale car la personne est censé déjà la connaitre, il nous plonge donc en plein dedans et c'est à nous de faire notre propre conclusion et de lier les éléments entre eux. On est très loin d'être pris par la main ici, ça c'est sur.

*****

Arrivé la vous me direz : "mais je croyais qu'il y avait un élément fantasy dans le livre? Tu n'en a pas parlé."
En effet, il y en a bien un, qui arrive dés le tout premier chapitre et qui m'a obligé à relire celui ci car lors de ma toute première lecture je n'avais rien compris parce que je n'imaginais pas que ça puisse être possible (je partait sur de la SF pure et dure).
Mais en fait ce fait est à la fois central et peu important dans ce tome. C'est la raison d'être du livre mais finalement on revient très peu dessus sauf à des moments clés.

Au final le coté Science-fiction est bien plus important que ce coté ci, c'est limite plus un fait non expliqué qui est pris tel quel qu'un vrai élément fantastique.

*****

Conclusion :
Finalement je dirais que c'est une lecture formidablement marquante.

C'est un livre ou chaque chapitre est différent et nous apporte une nouvelle couche à l'intrigue ou au monde. (il y a même un chapitre entièrement en latin ! - avec la traduction). On trouve de tout dedans et c'est limite jouissif à certains moments, bizarre et fascinant en même temps.

Ce patchwork pourra plaire à un grand nombre de personnes de l'amateur de romans historiques ou philosophiques, celui qui aime les romans de type enquête, à celui qui recherche une intrigue et un monde complexe et différent de science fiction.

C'est une lecture exigeante sur plein de points mais elle en vaut vraiment le coup !

Je ne dirais qu'une seule chose : ce livre sort normalement en 2019 en français (Le Belial' à acheté les droits), jetez vous dessus.

18/20


Autres avis sur ce livre : L'épaule d'Orion, Blackwolf, Justaword, Cédric Jeanneret (Reflets de mes lectures), La vie page à page ...

vendredi 11 mai 2018

The Faithful and the Fallen, book 1: Malice de John Gwynne






Année de sortie : 2012
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 672
Genre : Fantasy





Mon avis

De la fantasy très classique, à l'ancienne, mais solide malgré quelques défauts de jeunesse que l'auteur réglera surement dans les tomes suivants.

C'est sur que niveau originalité on repassera, les thèmes sont déjà vu et revu (le bien contre le mal), le monde n'a rien d'original non plus. En fait si on ne se base que sur des faits concrets, on pourrait se dire que ça ne vaut pas le coup de lire un n-ième livre la dessus. Mais en fait c'est bien la qu'on voit toute la différence entre stéréotype et cliché, car si rien n'est nouveau, le tout forme un ensemble unique qui arrive tout de même à se démarquer et qui donne une histoire intéressante à suivre.
Je ne m'arrêterais pas plus sur les influences, Apophis en a longuement parlé et il le fait mieux que moi.


Je ne vais pas vous faire un résumé du livre à proprement parlé mais plus vous donner le contexte de l'intrigue ce qui est bien plus intéressant finalement.

A l'origine il y avait deux dieux : Asroth et Elyon. Elyon a créé les géants et les humains qui le vénéraient, et tout vivaient en paix. Mais Asroth est devenu jaloux, il n'était plus le centre de l'attention de son frère adoré et donc il a commencé à corrompre les pensées des deux peuples, leur donnant des ambitions,  le pouvoir et surtout l’accès à la magie via des artefacts. Petit à petit la discorde a fini par s'installer et la guerre c'est déclenchée.
Elyon ce met en colère, il a commencé à massacrer ses peuples adorés dans un geste de fureur. Asroth, ravi, ne peut pas s’empêcher d'éclater de joie à cette vue. Mais Elyon l'a entendu et il a compris ... Il se rend compte qu'il est en train de détruire ses créations et que tout est à cause de son frère. Il arrête son geste avant la fin du massacre et décide de se retirer, sous le choc, laissant le peu de survivants se débrouiller seuls sur terre.
Les années passent et Asroth n'a pas dévié de son but initial : détruire totalement les créations de son frère, il est donc toujours la à apporter le chaos de partout, mais maintenant les humains et les géants n'ont plus l'aide Elyon pour les sauver ...
*****

 
On va commencer par les points plus mitigés, histoire de passer ensuite à ce qui m'a plus plu.

Tout d'abord nous suivons en fait plusieurs personnages dans le même continent qui se croisent à de nombreuses reprises.
Et parmi les trois points de vue les plus importants, j'ai trouvé qu'ils étaient tout les trois sur le même principe : ce sont tous les trois des jeunes hommes à divers moments de leur formation de guerrier, et tous les trois sont dans des situations ou ils sont malmenés injustement par des personnes de leur entourage.
Certes ce n'est pas toujours exactement la même situation mais dans tous les cas on fini par se sentir de leur coté parce que c'est injuste.
Et tous les trois arrivent à un moment a avoir la discussion avec quelqu'un, de type mentor, qui leur dit qu'il ne faut pas écouter la personne qui les malmène et qu'ils peuvent très bien s'en sortir et qu'il se trompent en pensant être nuls. Et à partir de la chacun des personnages sors de sa coquille pour s’épanouir dans la vie.

Du coup j'ai trouvé ça un peu redondant. J'avais l'impression de suivre un copier coller du même personnage dans 3 situations légèrement différentes. Surtout qu'en fait niveau personnalité il n'y a rien qui les démarque vraiment dans ce premier tome. Tous les trois sont du bon coté, gentil, un peu perdu (au début) et commencent à peine à s'affirmer.

Le second point est le manque flagrant de point de vue féminin. En fait, ce n'est même pas trop que ça manque fondamentalement, je veux dire par la que dans la fantasy classique c'était déjà le cas et que ça ne m'a pas vraiment manqué en soi (je ne suis pas du genre à avoir besoin que le personnage soit une femme pour m'identifier). Mais en fait le problème ici c'est qu'il y en a un mais que dans les deux bons premiers tiers du romans il ne sert à rien.

La ou les scènes ou on suis les hommes servent toujours à quelque chose, nous apportent une information, font évoluer le personnage ou la situation, et malgré la lenteur du récit sont justifiées en fait, ce n'est pas du tout le cas les rares fois ou on suis la seule fille qui existe en personnage principal. Du coup j'avais l'impression que l'auteur a rajouté ce personnage après coup parce qu'il est important dans la fin mais qu'il n'avait rien à lui faire faire au début (ou qu'il c'est rendu compte qu'il devait en mettre un sur la fin et l'a fait intervenir et a rajouté des scènes avant histoire de ne pas le faire juste débarquer à la fin comme un cheveu sur la soupe).
Du coup sur la grosse première partie du livre on le suis vraiment très peu comparé aux autres et à chaque fois la scène ne sert à rien.
*****

 
Pour ce qui est des points plus positifs, j'avoue que j'ai vraiment bien apprécié le rythme. C'est certes lent, il faut se le dire, mais j'aime bien ce genre d'intrigue ou on prend le temps de faire les choses, et ou on a le temps de vraiment faire évoluer les personnages avant que l'action prenne le dessus.
C'est ce qui, pour moi, fait le charme de la fantasy à l'ancienne et pourquoi je continue à en lire dés que je peux.
C'est vrai que ce tome ci du coup fait vraiment introduction car chaque personnage prend ses marques dans ce qui sera sa position dans l'intrigue principale, avec un coté roman initiatique très présent, mais ça nous permet de vraiment nous familiariser et nous faire apprécier l'univers.

Un autre point que j'ai bien apprécié est en fait le thème principal du livre : savoir qui a été manipulé à l’insu de son plein gré, qui est dans la machination volontairement, en gros essayer de positionner les différents personnages sur l’échiquier. J'avoue que ce coté la m'a bien rappelé la Roue du Temps (ou c'était également un des thèmes les plus importants) qui reste une de mes séries phares dans le genre. Et ce coté où on cherche à savoir où se trament les trahisons et les intrigues en arrière plan me plait beaucoup et donne du piment à l'intrigue.

Et finalement je termine sur un point plus rigolo, j'avoue que tous l'univers m'a vraiment fait penser à Skyrim. C'est vrai que visuellement parlant c'était ma référence que je m'imaginais à quoi ressemblait le paysage ou autre.
*****

 
Au final je dirais que si ce n'est pas un coup de cœur, j'ai tout de même bien apprécié ma lecture. J'espère que l'auteur réglera les quelques points qui m'ont moins plu dans les tomes suivants parce que ça peut vraiment donner une bonne intrigue. Pour l'instant on en est encore à parler de potentiel car ce n'est que le tout début, j'espère vraiment que ça se concrétisera en tout cas.

16/20
Les autres avis sur ce livre : L'ours Inculte, Apophis,

jeudi 3 mai 2018

Craft Sequence, book 4: Last First Snow de Max Gladstone







Année de sortie : 2015
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 380
Genre : Fantasy







Mon avis :

La série Craft Sequence est différente des séries habituelles dans le sens ou les tomes ne se suivent pas et nous font visiter de nombreux endroits du monde à de nombreuses périodes temporelles différentes.

Ce tome ci, qui est le 4ième dans l'ordre de publication, est en fait le premier dans l'ordre chronologique. C'est aussi le premier tome ou on retrouve une ville qu'on connaissait déjà, avec des personnages qu'on avait déjà suivi dans les tomes précédents. Du coup on a un peu l'impression de lire un "crossover" des tomes précédents.
Ceci dit, je conseille néanmoins de lire la série dans l'ordre de publication pour une première lecture, même si ça ne se suis pas temporellement parlant.

Dans la série ce tome a été pour moi un tournant (et le serra surement aussi pour toute autre personnes lisant la série dans cet ordre). Parce que c'est en fait le premier tome ou je n'ai pas eu se sentiment de découverte et donc d’émerveillement et le coté "waou" qui allait avec. Et même si j'ai bien apprécié le reste, j'avoue que ça m'a manqué. En effet, jusqu'ici à chaque tome on en apprenait plus sur le monde, on découvrait une nouvelle structure, façon de fonctionner. Ce n'est pas le cas ici vu qu'on connais déjà la ville et son histoire avant.

Nous retrouvons dont Dresediel Lex, 15 ans avant le second tome. Nous retrouvons aussi Temoc, qui était un personnage secondaire important de ce second tome, ainsi qu'Elayne, un des personnages principaux du premier tome.
En fait de nombreux points abordés dans le second tome ont leur explication dans celui ci, le plus important étant la relation entre Temoc et le Roi Rouge (et aussi son fils, Caleb, qu'on retrouve enfant dans cette histoire).

Pour ce qui est de l'histoire elle est aussi très différente des trois précédent cas elle n'implique pas une enquête ni un mystère.
En fait ici on nous raconte l'histoire du quartier Skittersill. Ce quartier, ancien quartier des esclaves sacrificiels des dieux, est en train de s'affaiblir. Ses anciennes protections, qui n'ont pas été renouvelées depuis que les dieux ont disparus, 40 ans plus tôt, sont en train de faiblir et menacent de faire entrer le chaos et les démons dans la ville.

Le Roi Rouge ainsi qu'un investisseur originaire du quartier mais ayant fait fortune font donc appel à Elayne pour trouver une solution. Mais lors de la présentation du projet au juge de l'affaire, celui ci déclare que leur proposition est caduque car ils n'ont pas pris en compte un point très important : la volonté des habitants du quartier en question qui commencent à se rassembler et ne veulent pas que des grands groupes prennent possession de leurs biens ...

Elayne va donc devoir aller voir sur place ce que les habitants veulent et entamer des réunions de conciliations. Sur place deux leaders du peuple se démarquent, un est un révolutionnaire qui se fait appeler le Maire et qui compte bien employer la méthode forte et de l'autre le dernier survivant des Grands Prêtres des anciens dieux, Temoc, qui lui prêche une solution plus pacifique.
Mais la situation explose quand un sniper isolé blesse grièvement un membre de la délégation venue sur place pour les négociations ...

J'avoue, j'ai trouvé la première moitié de ce livre un peu trop lente à mon gout. C'est vrai que les négociations, la façon dont les différents partis se distinguent est très importante pour l'histoire et pour comprendre le monde, et sans doute encore plus pour les personnes lisant la série par ordre chronologique et donc commençant par ce tome. En gros pendant 150 pages on ne fait que poser la situation initiale en long en large et en travers.

Je n'ai pas trouvé ça très excitant. Surement aussi parce que comme je le disais au dessus ce n'est plus une découverte, on connait déjà la ville et du coup ça n'a pas eu ce coté "waou" que j'avais eu dans les tomes précédents. C'est vrai qu'en y repensant, il y avait aussi cette lenteur d'introduction du monde et de l'intrique dans les tomes précédents, mais je n'y avais fait beaucoup moins attention.

Ceci dit une fois que la situation change, j'ai été vraiment happée par le récit et je n'ai pas vu les pages défiler. Chaque personnage fait de son mieux pour s'en sortir avec ses propres moyens et j'avais vraiment l'impression de lutter avec Elayne et Temoc pour faire avancer leur cause.

En dehors de l'intrigue principale, le point le plus intéressant a été pour moi le fait de découvrir Temoc en personnage principal. Je ne l'imaginais pas du tout comme ça et c'est surement totalement fait exprès. Du coup ça me donne vraiment envie de relire le second tome maintenant pour mieux comprendre sa relation avec Caleb et tout ce que ça implique.

Elayne aussi m'a surprise. Elle est plus jeune dans ce tome bien sur par rapport aux précédents et fait preuve d'un remarquable sang froid. En fait elle semblait un peu froide avant mais ici on se rend compte que ce n'est pas du tout le cas. Elle prend vraiment parti et fait tout ce qui est en son pouvoir pour que la situation ne finisse pas en bain de sang, j'ai vraiment apprécié ça. En fait on a des fois l'impression que c'est la seule à être vraiment raisonnable dans l'affaire.

Au final je dirais que malgré le manque de l'effet découverte et malgré la lenteur de la première moitié, j'ai tout de même vraiment bien apprécié ma lecture. Certes je le mettrais un peu en dessous des tomes précédents à cause de ces défauts la, mais je trouve que ça reste une intrigue vraiment très intéressante et qui est très solide dans l'univers. On découvre véritablement un Temoc et une Elayne plus jeunes et plus passionnés, et j'ai bien aimé le voyage.

16/20
Mes avis sur les autres tomes de la série : tome 1: Three Parts Dead, tome 2: Two Serpents Rise, tome 3: Full Fathom Five,

jeudi 29 mars 2018

Guns of the Dawn de Adrian Tchaikovsky






Année de sortie : 2018
Éditeur : Tor Books
Nombre de pages : 658
Genre : Fantasy





Mon avis

Un roman vraiment très intéressant et une de mes meilleures lectures depuis le début de l'année malgré quelques longueurs.

Emily Marchwic est une jeune aristocrate. D'un caractère fort, elle tombe toujours en désaccord avec le gouverneur local qu'elle tient responsable du suicide de son père. Puis vient la guerre. Au début seuls les volontaires sont encouragés à s'y rendre et on compte bien sur les mages de guerre du roi pour remporter des batailles décisives. Mais à mesure que les combats s'intensifient c'est tous les hommes de 15 à 50 ans qui doivent aller sur le front. La famille Marchwic envoie donc son chef de famille, le mari de la sœur ainée d'Emily, ainsi que son plus jeune frère, de 15 ans tout juste. 

Les femmes sont bien obligé de reprendre les travaux des hommes et deviennent des chefs de famille. La famille Marchwic s'en sors plus ou moins bien, aidés justement par le gouverneur. Jusqu'au jour ou deux mauvaises nouvelles arrivent : leur petit frère est décédé ... et une femme par foyer doit à son tour partir à la guerre.
Emporté par la tristesse de son deuil, c'est Emily qui décide de s'y rendre. Et l'expérience de la guerre, brutale, va drôlement la changer ...
*****

La première chose qui m'a vraiment frappé dans ce roman, surtout dans la première partie donc, c'est que pour moi l'ambiance, ainsi que les thèmes et certains des personnages avaient vraiment pas mal de ressemblances avec Autant en emporte le vent (le film). On est exactement dans le même contexte (des femmes avant, pendant et après la guerre ...), dans le même type d'époque (guerre de sécession, technologiquement et visuellement), et dans un pays qui à le même climat que le sud des États Unis.
On est aussi du coté de ceux qui combattent pour leurs privilèges contre ceux qui sont plus pour la démocratie, du coté des perdants et de ceux qui n'ont pas la technologie pour eux et on traite aussi de l'après guerre et de ses conséquences pour les perdants.
Les parallèles sont vraiment très nombreux et j'y reviendrais quand je parlerais plus en détail des personnages.

Pourtant malgré tout, on ne peut pas non plus dire qu'on est sur une ré-écriture. Déjà parce que le personnage principal, Emily, ici n'a absolument rien d'une Scarlett. Et en plus, dés le moment ou elle part en guerre on prend vraiment un virage qui différencie totalement les deux. Et finalement si le coté romance existe dans le live, et est sur les même thèmes que le film (le fait de ne jamais être en phase avec celui qui nous aime) il est très loin d'être aussi important que dans le film niveau place prise dans l'histoire. Ce qui au final donne une histoire très différente et traite de sujets comme les traumatismes de guerre ou l’héroïsme qui étaient totalement absents du film.
*****

On est vraiment dans une histoire portée par un personnage fort, Emily. C'est une femme au sens pratique fort, tout en étant très fière et déterminée. Elle privilégie toujours la logique et l’intérêt de tous aux superstitions ou à ses privilèges. Elle n'hésite pas non plus à chercher elle même la confrontation, même si c'est mal vu dans la région. D'ailleurs ce point de caractère particulier fait qu'elle a quasiment perdu tout espoir de trouver un jour un mari car plus personne ne semble intéressé par elle. Et ça l'arrange bien car elle ne se voit pas reléguée au second rôle.

Mais Emily ne prend pas toute la place, les personnages secondaires sont aussi bien fait et leurs personnalités peintes dans une gamme tout en nuance.  Il n'y en a pas deux qui se ressemblent, aucun qui reste neutre, et il suffit des fois de quelques mots pour rendre un personnage totalement unique. 

Parmi eux je dois dire que j'ai adoré Mr. Northway, le gouverneur. La par contre on ne peux que voir la ressemblance avec Rhett Butler. Il est cynique, sombre et toujours habillé en noir. Il est séduit par la forte personnalité d'Emily plus que par son physique et il est tout à fait inconventionnel. C'est un homme qui sait utiliser son pouvoir pour obtenir ce qu'il veut, même si c'est de façon illégale. D'un coté il a autant de sens pratique qu'Emily. Les deux sont toujours dans la confrontation, du début à la fin.

Il y a aussi le "club des survivants" que rencontre Emily sur le font (si tu meurs, tu en est banni, haha) et qui deviennent ses amis dont j'ai vraiment apprécié les membres et leurs différentes personnalités parmi lesquelles le beau-frère d'Emily, un jeune mage de guerre très dévoué à sa cause et un éclaireur atypique. 
Et les sœurs d'Emily qui m'ont bien fait rire à certains moments. Du point de vue des personnages, on est vraiment gâté.
*****

Comme je l'ai dis précédemment on est dans une période de type guerre de sécession. Les combattants utilisent des fusils, ainsi que des grenades et des canons. L'ennemi profite d'avancées technologiques alors que le camp d'Emily lui se repose au début sur une armée de métier bien formée à l'ancienne, à cheval, ainsi que de mages, avant de devoir faire aussi appel à des gens du commun.

Emily se retrouve sur un font qui est dans un marécage et j'ai trouvé l'atmosphère de tout ce passage vraiment bien faite. On sentait presque la chaleur, les insectes, la puanteur de l'air, les blessures qui s'infectent .. Je comprends tout à fait les gens a qui ça a rappelé la guerre du Vietnam même si pour moi la description du paysage et des arbres fait bien plus penser au bayou de Louisiane qu'a un paysage plus exotique.

En fait le seul point que j'aurais aimé voir plus développé dans l'univers est le coté magie. Le roi appose sa marque sur des hommes qui ensuite peuvent utiliser la magie. Au final on ne sait pas vraiment comment ça marche concrètement, il ne semble pas vraiment pouvoir faire de la magie lui même, est-il le seul à pouvoir faire ça? Le fait que les femmes ne soient ni mage ni initiateur est juste par convention sociale ou un vrai fait? Et ensuite une fois mage, est-ce un pouvoir qui demande une connaissance? Demande-t-il de la force?
Bref, on n'a aucune de ces réponses et ça m'a un petit peu frustré je dois dire.

Au niveau du rythme ce n'est pas parfait non plus. La période avant qu'Emily parte en guerre est très longue et finalement il ne se passe pas grand chose si ce n'est nous mettre dans l'ambiance. On aurait largement pu faire sauter au moins une 50ène voir une 100ène de pages tout en gardant l'ambiance à mon avis.
Mais finalement ça ne m'a pas vraiment dérangé. J'ai lu le livre rapidement, j'étais vraiment prise dedans.

J'ai aussi vraiment bien aimé la dernière partie du livre. On nous parle de traumatisme de guerre, de retours à la vie civile et tout les changements que ça implique. Et en plus j'ai adoré le final, il était tout à fait dans l'esprit du livre et il m'a vraiment surprit !

17/20
Autres avis sur ce livre : Apophis,