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dimanche 29 septembre 2019

Quillifer, tome 1 de Walter Jon Williams

Saga Press, 544 pages, 2017, Fantasy



Il s'agit d'un low-fantasy dont l'univers se déroule dans une époque semblable à l’Europe du 16/17ième siècle. Le commerce et les bourgeois ont une position de plus en plus importante et les grandes industries sont en train de changer vers ce qui est un début de méthodes plus mécaniques et optimisées. Mais on n'est pas encore totalement dedans car la noblesse est toujours au cœur du pouvoir.
Du coup ça fait très capes et épées comme ambiance même si on n'a pas de combats à l'épée ni d'épéistes, on est pas sur ce genre de personnages.

L'intrique se déroule dans une ville portuaire en embouchure d'un des plus grands fleuves du pays et qui est en fin de vie. Pourquoi? Parce que les alluvions du fleuve sont en train de changer son cours. Cela fait déjà quelques temps que les plus gros galions ne peuvent même plus rejoindre le port de la ville, dont le niveau d'eau ne cesse de baisser. Évidemment c'est un énorme problème et on sent que la ville va devoir changer pour survivre.

Le jeune Quillifer est un fil de boucher avec un don pour la parole. De ce fait il c'est déjà élevé dans le rang social en étant l'apprenti homme de loi d'un célèbre avocat de sa ville de province. C'est un jeune homme insouciant, heureux, toujours de bonne humeur, qui sait profiter de la vie et qui passe son temps à séduire des femmes quand il n'est pas en train de remplir une mission pour son boulot de façon astucieuse.
Rares sont les personnes à ne pas se laisser séduire par son bagou naturel et il connait tout le monde.
Quand la dureté de la vie le rattrape, il va sortir de ses sentiers battus pour essayer de survivre et de se trouver un but dans la vie.

En gros ce roman raconte les mésaventures d'un jeune homme du peuple, un peu fanfaron, qui tente de se faire une vie et un nom alors que tout les obstacles sont la pour l'en empêcher. Il devient toujours plus ou moins l'instrument de la gloire d'autres personnes, son nom à lui finissant par être oublié ou mis de coté.

Ceci dit tout ce qui lui arrive n'est pas vraiment naturel. En effet, lors de ses pérégrinations, Quillifer c'est mis à dos une déesse qui va s'amuser à ses dépends et lui mettre des battons dans les roues.
On assiste donc au début d'un duel entre un homme mortel qui essaye juste de vivre avec ce que lui donne la vie et d'une déesse revancharde qui mettra toute son influence (limitée, car les dieux ne sont plus vénérés, mais tout de même suffisante) pour faire en sorte qu'il échoue à chaque étape de sa vie.

Il sera tour à tour, homme de loi, secrétaire, courtisant, traqueur de bandits, marchand, propriétaire de bateaux, officier dans l'armée, soldat, chevalier ... Une vie très chargée à un si jeune age (entre 3 et 5 ans se sont passé environ durant ce tome, sachant qu'il à moins de la 20ène au départ). A chaque fois Quillifer se bat, armé de son bagou et de son ambition, contre le destin qui a bien décidé de ne pas le laisser en paix.

Et tout ça toujours avec le même flegme et bon caractère qui est son attitude naturelle, et sa capacité à se faire des amis dans toutes les situations qui l'aidera à ne pas se laisser détruire.

En fait on est sur une fantasy qu'on pourrait limite qualifier de tranche de vie. On est loin de la high fantasy, pas de héros, pas de faits héroïque, juste la vie d'un personnage qui aurait pu être banale mais qui se raccroche à la vie malgré les sorts du destin et la déesse qui lui veut du mal. Il y a un coté épisodique aussi dans ce livre, chaque passage fait finalement peu de pages avant qu'on passe à une autre.

Franchement j'ai passé un bon moment, c'était une lecture agréable. Si j'ai mis autant de temps à le lire (2 semaines) c'était surtout parce que le vocabulaire et le style employé faisaient très historique et donc n'étaient pas des plus simples à lire en anglais.

L'ensemble fait penser à de l'aventure historique, ressemblant plus à un livre classique qu'à ce qui se fait en fantasy actuelle. Et mine de rien ça donne un charme un peu désuet au livre.

Je lirais la suite avec plaisir.


16/20

samedi 24 août 2019

This Is How You Lose the Time War de Max Gladstone et Amal El-Mohtar







Année de sortie : 2019
Éditeur : Saga press
Nombre de pages : 208
Genre : Science-fiction







Mon avis :

Il s'agit d'une novella d'environ 200 pages écrite à deux mains. Je connaissais déjà Max Gladsone (ceux qui me suivent régulièrement savent surement que j'ai adoré sa série Craft Sequence) et du coup je découvre Amal El-Mohtarune, autrice couverte de prix pour ses histoires courtes (elle a eu un Hugo award, un Nebula award et 2 Locus Awards).

Cette histoire est vraiment très poétique et très bien écrite. Le style évolue d'ailleurs avec les personnages au fur et à mesure du temps.

On y suit deux "agents" dans un futur très très très lointain ou on a découvert le voyage dans le temps et ou on est capable de calculer des probabilités qu'un élément a d'arriver de façon extrêmement précises.
Deux camps se sont formés, deux camps qui souhaitent un futur particulier et qui feront tout pour arriver à leur fin, manipulant leur passé encore et encore en essayant être le seul survivant à la fin de la "time war".
Les humains des deux cotés sont ce qu'on pourrait appeler des "post-humains", totalement modifiés pour faire leurs mission.

Blue est l'agent du "Garden", une entité presque vivante composée d'humains qui ont pour but de faire triompher la nature. Son but : créer un espèce de jardin d'éden dans le futur, ou tout ne sera qu'harmonie. Sa technique de combat : influencer un élément très longtemps avant celui qu'on souhaite modifier en plantant des "graines" qui prennent racine dans l'histoire, jusqu'au jour ou la "plante" est totalement formée et le passé modifié. Subtilité, stabilité et surtout discrétion sont ses maîtres mots.

Red est l'agent de "the Agency" une entité hyper technologique, qui fait penser à la matrice (oui celle des films), dans laquelle les humains vivent dans des pods et sont en réalité dans un monde artificiel adapté à leurs besoins, en permanence connectés les uns aux autres. Le tout en ayant des machines subvenant automatiquement à leurs moindres besoin physiques pendant qu'eux profitent de leur vie. Son moto : ne plus être dépendant de la nature, sa méthode d'action : l'intervention lourde et directe, action => réaction. Action et technologie sont ses maîtres mots.

Les deux agents vont commencer une correspondance. Tout d'abord comme une façon de se motiver, de se lancer des défis, tout dans la confrontation, le moyen de montrer à l'adversaire qu'on a toujours la main, qu'on arrive à anticiper ses plans et les détruire.

Puis petit à petit les points communs se découvrent, les sentiments se mettent à apparaître et les deux personnages évoluent dans leur vision de l'autre et du monde. Du temps des dinosaures à une guerre spatiale éclaire dans un lointain futur, d'un café dans l'Angleterre victorienne aux hordes à cheval de Gengis Khan ou sur les pentes d'Atlantis en train de sombrer, les deux agents s'enflamment.

Bien entendu tout ça doit rester caché, donc on ne parle pas de lettres écrites sur du papier mais de code dans les mouvement d'un insecte, dans les cernes d'un arbre coupé, encryptées dans l'ADN d'un fruit ou sous la peau d'un animal ...

Finalement le background et les mondes des personnages n'ont pas vraiment plus d'importance que ça dans l'intrigue. Le tout reste assez flou sans que ça soit gênant un seul instant. Leurs actions qui étaient au début bien détaillées finissent en phrases qui résument tout, seules les lettres comptent.

On est la sur une formidable d'histoire d'amour qui transcende tout, et peu importe si on fini par perdre la guerre ... Je n'en dit pas plus pour ne pas trop spoiler.
Ce livre ne manquera pas susciter des gros "waou" aux personnes touchées par ce genre d'histoires. Par contre le style est très fort, plein d'envolées lyriques et de métaphores ça passe ou ça casse...

C'est sur que ce n'est pas un livre pour tout le monde, c'est très marqué finalement. Pour ma part j'ai vraiment beaucoup accroché. Je pense que cette novella me restera en mémoire très longtemps ! 


17/20

dimanche 23 juillet 2017

The Red, Tome 1 : First Light de Linda Nagata







Titre Original : First Light
Date de sortie
:  2015
Éditeur : Saga Press
Nombre de pages
: 405



 

Avis de Lianne :   

Un techno thriller SF très intéressant
L'industrie de la guerre est devenu une industrie tellement importante qu'on ne peux pas se permettre de la perdre. Les grandes entreprises de défense sont devenu des monstres qui brassent des milliards, tellement importants que leurs créateurs sont appelés des Dragons. Pour entretenir cet état de fait, elles ne jouent pas forcement franc jeu, elles interviennent comme mercenaire dans tous les camps de toutes les guerres ou guérillas de la planète, on dit même qu'elles créent elle même et entretiennent les guerres dans lesquels on les engage pour faire tourner la machine à billets.


Le Lieutenant James Shelley est un soldat d'élite des marines, ancien repris de justice à qui on a donné le choix entre pourrir dans une prison de haut sécurité ou s'engager, il n'a plus aucune intimité. Il est cybernetisé ce qui fait que ses supérieurs voient en direct et en permanence tout ce qu'il fait, un système contrôle même ses émotions, lui permet de dormir dés qu'il le souhaite ou de ne plus rien ressentir lors des missions a haut risque.
Lors d'une guerre en Afrique centrale, une de ces guerres ou personne ne sais qui se bat contre qui, il se met à avoir des intuitions non expliquées ... à tel point qu'on fini par le surnommer Roi David, car les soldats comment à croire que dieu lui parle à l’oreille car ses intuitions se révèlent toujours vraies et leurs sauvent la vie à de nombreuses reprises. 


Mais à un moment donné leur drone de liaison est piraté, il cesse d’émettre lors d'une mission, forçant le Lieutenant à prendre les décisions qui lui semblent les plus justes, et qui vont, il en est conscient, à l'encontre des ordres qu'on lui aurait surement donné si il avait été en contact direct avec ses supérieurs. Ce petit événement va déclencher en quelque jour un effet papillon qui va mettre définitivement fin à la guerre ...
A partir de ce moment la, le Lieutenant comme à se poser des questions, qui a piraté le drone? Ses intuitions sont elles naturelles ou provoquées? Il s’aperçoit aussi que tout ce qu'il a fait dans cette guerre a servi à créer un programme de télé-réalité de propagande sur son unité sans même qu'on les consulte sur la question. 


Un enquête est menée et il s'avère bientôt que tout ce qui lui est arrivé a été déclenché par une AI inconnue, autonome, qui joue à dieu en utilisant tous les moyens à se disposition.
Mais d'ou sors-t-elle? Que veut-elle? et dans quel camp est elle? A-t-elle provoqué les événements pour booster les vues de l’émission?
Cette découverte et les questions posées vont déclencher une panique chez les entreprises de défense provoquant le pire des scénarios ....



J'ai vraiment adoré ce livre, il m'a fait me poser des centaines de questions, j'étais excitée comme une puce à chaque fois qu'un indice arrivait .. j'ai beaucoup aimé la fin, j'ai même versé ma petite larme, chose qui m'arrive très rarement !


Le futur qu'ils décrivent m'a bien fait froid dans le dos, il parait tellement réaliste qu'on se demande même si (en dehors des avancées techniques) il n'est pas déjà en marche. 


J'ai beaucoup aimé aussi le personnage principal, il est cynique, réaliste, il c'est résigné sur son sors et fait de son mieux malgré les contraintes. Il sait qu'il n'est qu'un pion et que sa survie ne tiens qu'a son talent et il hésite a faire confiance à ses mystérieuses intuitions pour sauver sa vie et celles de ses hommes, même si elles se sont révélées utiles.


Bref un livre que j'ai beaucoup aimé, et dont je lirais la suite dés que je peux ! 


 17/20