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mercredi 16 octobre 2019

La Campagne des Ombres, tome 1 : Les mille Noms de Django Wexler

Panini (Eclipse), 604 pages, 2014, Fantasy


Une belle découverte !

On est sur de la fantasy à mousquet ou Flintlock fantasy, du coup d'inspiration du 17-19ième siècle environ (suivant le pays de référence). Ici l'inspiration est principalement Napoléonienne.

Une révolution religieuse menée des fanatiques a eu lieu dans l'une des colonies (de type arabe) d'un grand empire du nord. C'est une colonie indépendante, l'empire n'était la que pour soutenir le prince en place, pas pour totalement occuper la place.
Du coup celui ci, en exil, exige que ceux ci l'aident à reprendre son trône.

Seulement voila, être colonial jusqu'ici était la porte de sortie de tout les mauvais de l'armée régulière. C'était le poste ou on envoyait tout ceux qui gênaient ou qui étaient incapables. En plus ils ont tout perdu dans la retraite précipitée qu'ils ont du faire au moment de la révolte.

Pour faire bonne figure l'empire envoie quand même trois mille hommes. Mais pas question d'envoyer des vétérans bien formés, il envoi tout les nouveaux, la plupart n'ayant même pas effectué la formation de base qui normalement dure 6 semaines.
A sa tête un énigmatique Colonel, plus érudit que soldat, assisté par une agent des services de renseignement dont tout le monde se méfie ...

Dans ce contexte on suis principalement deux personnages. Hiver Ihernglass, une femme déguisée en homme qui fuit un passé difficile et qui sur un concours de circonstance monte subitement en grade, à la tête de 120 hommes et Marcus d’Ivoire, capitaine des Coloniaux en place au moment de l'attaque, qui va devoir accepter le changement et veiller à ce que le nouveau Colonel ne fasse pas trop de catastrophes qui pourraient faire massacré le peu d'hommes qu'ils ont.

Car en effet, malgré leur technologie, les Coloniaux ne sont pas en force, ils vont combattre au mieux a 1 contre 7, sachant qu'en plus on soupçonne les autochtones d'avoir accès à la magie ...

*****

On retrouve tout les thèmes classique à ce genre de période, Par exemple le fait que les officiers de l'armée qui sont nobles, et qui doivent gérer la vie d'hommes du peuple qui forment la masse des soldats, sans vraiment s'en soucier. Les personnages vont devoir faire de leur mieux pour éviter que la situation critique finisse en catastrophe pour eux, et survivre bien sur.

C'est assez frustrant ici c'est que je ne peux pas vraiment vous parler de ce qui m'a le plus plu vu que ça va tout spoiler.
Je vais juste vous dire que finalement sous couvert de militaire ce n'est pas ça la partie la plus importante du livre (même si la campagne reste au cœur de tout). Finalement c'et le coté intrigue magique qui prend le dessus dans la seconde partie du livre. Les occidentaux sont à la recherche de la magie des Mille Noms et se servent de leur campagne militaire pour essayer de mettre la main dessus alors que les autochtones essayent de la garder caché.

Au niveau des personnages j'ai bien aimé le personnage d'Hiver. Au milieu de tout ses hommes, dans des condition d'hygiène un peu nulles, autant dire qu'elle va avoir du mal à se cacher. On est plus sur un poste tranquille comme avant. Elle a un background assez difficile aussi, ses souvenirs m'ont fait frissonner. C'est vraiment un personnage quelque il m'a été facile de m'attacher. Elle fait de son mieux même si elle ne se sent pas du tout à sa place, ce qui dans une position de commandement est des fois préférable à quelqu'un de trop sur de lui qui fait des erreurs sans même s'en rendre compte. 

Marcus aussi était agréable à suivre, mais peut-être un peu plus fade en comparaison. Il fait de son mieux aussi, même si son amitié avec le capitaine du 4ième bataillon, totalement incompétent, va lui poser des problèmes. Heureusement, son officier supérieur, le Comte Janus Vhalnich l'écoute et lui fait confiance (des fois un peu à tort, c'est vrai). Celui ci a des grandes idées et sait déjà comment mener sa bataille. Mais il n'a pas trop d'idée de l'état déplorable des troupes qu'on lui a donné et il va vite déchanter et devoir adapter ses plans. C'est un homme déterminé et avec un objectif.


Dans l'ensemble on fait de grosses découvertes et c'était vraiment très intéressant !

J'ai été prise dans le livre et je n'ai plus pu le lâcher jusqu'à la fin. En fait je l'ai lu vraiment très rapidement, moins de deux jours, ce qui montre ma motivation à avancer. Il y a certains développements que j'avais deviné avant qu'ils n'arrivent mais sans imaginer la suite et les conséquences, du coup c'est resté une belle découverte malgré tout.

Je suis ravie de cette lecture et je lirais la suite avec plaisir.


16.5/20

D'autres avis sur ce tome : Apophis, Blackwolf, Phooka,

samedi 5 octobre 2019

Immortel de Catherynne M. Valente

Eclipse, 465 pages, 2014, Fantasy


Un roman basé sur le folklore russe, beau et tragique. Mais pas du tout pour moi.

Maria Morevna est une toute jeune femme quand commence la révolution russe du début du 20ième siècle. Mais Maria n'est pas n'importe quelle femme, elle est aimée de Kochtcheï l’Immortel, le dieu de la vie. Celui ci est en pleine guerre ouverte avec son frère, le dieu de la mort. Et si Maria commence par lui apporter un soutient inconditionnel et bienvenue, elle provoquera aussi sa perte...

Nous sommes ici sur une ré-écriture de contes russes. Contrairement à la majorité des ré-écritures récentes, celle ci garde totalement son coté conte, réactualisant juste le contexte global de l'intrigue en l'intégrant à notre monde au début du 20ième siècle.

L'ensemble est vraiment très bien écrit, de façon très imagée et poétique, jouant beaucoup des les répétitions. C'est vrai que des fois il se perd un peu en en faisant un peu trop à mon gout mais ça passe quand même bien pour un roman qui est de base dans un genre que je n'aime pas du tout (les contes et leurs revisites). Le fait de mélanger les mythes et une période récente donne un plus à l'ensemble. Il encre vraiment le récit dans la Russie stalinienne, avec tout les changements que ça a apporté au peuple et ses périodes difficiles.

On est sur une histoire à la fois magique et fascinante et en même temps cruelle car arbitrairement dure pour les personnages à certains moment (à l'image des contes originaux, loin des niaiseries à la Disney- oui je n'aime pas) - sans tomber dans la violence ouverte et sanglante - Cette dureté est aussi renforcée par le fait que les événements tragiques ne sont pas cachées mais racontée de façon crue et sans fioritures.

Dés le début j'ai su que ce n'était pas un livre pour moi. La première raison est que je ne connais strictement rien aux mythe russes et donc je suis surement passé à coté de plein de ce que j'imagine être des références sous la forme d'événements qui n'avaient ni queue ni tête au milieu du récit.

Le ton du récit aussi était atypique, très posé et cru, ce qui donnait une impression de froideur générale. Pourtant j'ai voulu savoir la suite et je l'ai lu jusqu'au bout. Du coup ça a été une lecture assez longue et pas facile. Mais je ne regrette pas de l'avoir fait, même si je ne l'ai pas apprécié.

Fidèle à l'esprit conte et merveilleux, il n'y a aucune explication sur les choses et la magie, elle se contente d'exister et de prendre les personnages dans ses conséquences des fois totalement farfelues. Il y a un coté naïf qui mélangé au coté tragique de l'ensemble est assez étrange mais pas vraiment désagréable.

Alors oui, l'ensemble est beau, il est magique et très bien écrit aussi. Mais ça n'a pas suffit. Je ne suis pas du tout le public cible de ce genre de récit.

Du coup pour une fois je ne vais pas mettre de note, je ne veut pas déprécier un bon livre juste parce que ce n'est pas ma tasse de thé.




Divers extraits
Citation 1 :
Les fermiers veillent toujours à ce que leurs fils aient peur des jolies filles, afin qu'ils ne quittent pas trop tôt le foyer ; alors, ils leur racontent qu'une belle femme a noyé le cousin de l'ami de leur frère dans un lac, non pas parce que ce porc le méritait, mais parce que les belles femmes sont mauvaises, et souvent des sorcières. Et peu importe qu'elles n'aient jamais demandé à être belles, ni à naître dans un lac, ni à vivre éternellement, ni à ignorer que les hommes ont besoin de respirer tant qu'ils n'ont pas cessé de le faire.
Citation 2 :
« J’ai arrêté un homme qui spoliait ses ouvriers. C’est grâce à cela que nous avons ces pêches avant n’importe qui à Leningrad, annonça Ivan Nikolaïevitch.
- Pourquoi te les a-t-on données ? » demanda Maria Morevna en en faisant tourner une dans la main.
« Parce que je suis très doué pour les arrestations. C’est un art, tu sais ? L’astuce, c’est d’arrêter quelqu’un avant qu’il n’ait fait quelque chose de mal. C’est mieux pour tout le monde. »
Citation 3 :
Une carte de rationnement dit : Nous vous avons alloué telle portion de vie. Ou encore : Voici telle portion de mort que nous tiendrons à l'écart de votre porte. Mais plus maintenant. Désormais, elle annonce : À Leningrad, il n'y a qu'une quantité limitée de vie. Ou encore : La seule chose qui n'est pas rationnée, à Leningrad, c'est la mort.

D'autres avis sur ce livre : Blackwolf, Boudicca,


mercredi 13 mars 2019

Avis en Vrac #60 : Mercedes Lackey, Harry Connolly, Olivier Gay et Sonya Bateman

Comme les précédents, cet avis en vrac regroupe des avis courts que j'ai d'abord publié sur ma page facebook avant de vous les regrouper ici quand il y en a suffisamment.



La Trilogie des flèches, tome 2 : L'envol de la flèche
de Mercedes Lackey
Années de sortie : 1999 VF, 2008 cette édition, 1987 VO
Éditeur : Milady - Bragelonne
Nombre de pages : 281
Genre : Fantasy

 Talia est enfin sur le point de devenir un Heraut ! Elle se prépare à partir dans sa première grande tournée au coté de son compagnon cheval et de son mentor.
Mais ses pouvoirs commencent à changer, elle ne comprend plus rien et commencer à perdre le contrôle ...

Dans l'ensemble mon coté nostalgique de la fantasy d'avant me dire que j'ai bien apprécié ma lecture, mais il faut reconnaître qu'il n'a pas que des qualités quand on le prend avec du recul.

Pour moi le principal défaut est qu'on est sur un tome totalement intermédiaire. On a l'impression qu'il n'a été mis la que pour fabriquer artificiellement une trilogie alors qu'on aurait pu résumer ce qu'il s'y passe en 30 pages soit dans le précédent, soit dans le suivant.

Concrètement il n'y a pas vraiment d'intrigue, on est sur un livre de style "tranche de vie". Tout le tome n'est basé que sur les changements dans l’héroïne et sa première tournée en tant que Héraut.

Ceci dit ce n'est pas non plus un énorme défaut si on sait déjà à quel type de fantasy s'attendre avant de l'ouvrir. Le personnage est hyper attachant, et le monde bien construit. Certes on est sur de la fantasy clairement adaptée à un public assez jeune (on appellerait ça YA ou jeunesse de nos jours quoi) mais le tout est bien écrit et passe tout seul.

A noter que je trouve bien pour son époque (il ne faut pas oublier qu'il date des années 80, ce qui rend la chose assez rare mine de rien) c'est le fait qu'on décrive une jeune femme faisant ses premières expériences sentimentales et sexuelles sans la mettre dans le carcan qu'on voit souvent en fantasy à savoir : relation durable, mariage ... Et tout le monde trouve ça normal !
Et ça c'est cool, on peut envisager les relations temporaires, celles juste pour se faire du bien sans chercher à plus.

15/20





Twenty Palace Society, tome 1 : Les enfants du feu
de Harry Connolly
Années de sortie : 2011 VF, 2009 VO
Éditeur : Eclipse - Del Rey
Nombre de pages : 357
Genre : Urban Fantasy


Ray Lilly est le nouveau chauffeur de Annalise Powliss, membre de la Twenty Palace Society.
Celle ci est chargée de faire régner l'ordre et empêcher le profanes d'utiliser la magie.

En effet quand ceux ci le font il se connectent en fait à un univers parallèle peuplé de prédateurs voraces (des démons si on veut) qui ne demandent qu'à faire des pactes avec des humains en échange de "nourriture".
Le problème c'est que cette nourriture est quasiment toujours des humains et que si on le laisse faire un prédateur pourrait anéantir la terre entière sans que personne puisse faire quoi que se soit contre lui.

Annalise est donc chargée d'éliminer toutes les données concernant la magie, notamment les livres de sorts.

Ray sait qu'il n'a plus beaucoup de temps à vivre parce qu'il était justement l'un de ces utilisateurs illicites de magie et il ne doit sa vie sauve qu'au fait qu'il n'a pas invoqué de créature (malgré le fait que sa participation ai coûte la vie à la meilleur amie d'Annalise).

On est dans un univers très sombre, à l'ambiance bien plus proche du fantastique et de l'horreur que de la fantasy.

Annalise et Ray sont chargés d'enquêter dans une petite ville étrange ou il se passe toute sorte de choses bizarre. En effet les enfants disparaissent petit à petit dans des flammes, et personne ne semble remarquer leur disparition, comme si ils n'avaient jamais exister ...
Les soupçons se tournent assez rapidement vers une entreprise locale, celle qui a créé la ville et qui a une façon très bizarre de marcher malgré la crise, ainsi que sur le shérif qui a de gros problèmes avec des loups ...

En fait le point qui peut déstabiliser dans cette lecture (en dehors du fait que seul le premier tome a été traduit) est le fait qu'on a l'impression d'arriver au milieu de l'intrigue.
On ne fini par avoir des informations qu'au compte goutte sur leur passé, sur pourquoi Ray se sent si coupable ou pourquoi Annalise semble le détester et le mettre tout le temps en danger.

En plus dans l'ensemble, vu la fin, je dirais que ce tome ci était vraiment l'introduction du monde pour la suite. Bien qu'il puisse plus ou moins se lire indépendamment il y a tout de même un sentiment d'inachevé sur la fin.

Mais j'ai quand même bien apprécié cette lecture. Ça change de mes habitudes en fait. J'ai hâte de connaitre la suite !

16/20





Les mannequins ne sont pas des filles modèles
de Olivier Gay
Années de sortie : 2013 VF, 2014 cette édition
Éditeur : Editions du Masque
Nombre de pages : 354
Genre : Policier


J'ai moins apprécié ce tome par rapport au premier, même si il était tout aussi fun et déjanté.

Le nouvelle copine de Moussah, l'ami de Fitz est une mannequin qui rêve de gloire. Mais alors qu'elle participe au plus grand concours de sa carrière, elle disparaît mystérieusement.
Stress? Enlèvement? Evidemment Fitz et sa bande ne peuvent décidément pas laisser passer ça ...

En fait mon principal reproche a été le fait qu'il n'y ai pas vraiment d'enquête. Tout le roman n'est qu'une succession de moments ou ils cherchent, puis ils arrêtent, puis ils reprennent, sans rien trouver ... avant la toute fin.

A la fin j'avais l'impression que l'enquête avait à peine avancé et j'attendais une avancée. Du coup j'ai été un peu déçue.

Mais ceci dit, l'ambiance est toujours aussi sympa, avec ce groupe de losers au grands cœurs qui essayent de faire bien en ne réussissant rien.
Et la fin est vraiment bien trouvée ! Je n'aurais jamais pu imaginer ça, ça c'est sur.

Au final j'ai tout de même bien apprécié ma lecture malgré tout, et je lirais la suite.

15/20





The DeathSpeaker Codex, book 4: Return of the Hunters
de Sonya Bateman
Année de sortie : 2016
Éditeur : CreateSpace
Nombre de pages : 192
Genre : Urban Fantasy

Dans ce tome Gideon se retrouve obligé d'aider les Duchenes, qui sont ses colocataires / amis.
Ceux ci on été contraints il y a bien longtemps de se mettre au service d'un très puissant surnaturel qui depuis les oblige à répondre à ses appels et à faire ce qu'il leur dit, tel des esclaves.

Ce tome m'a vraiment fait traverser de fortes émotions, de la tristesse à la colère, en passant par le dégoût. La situation dans laquelle sont les Duchenes est vraiment tellement injuste qu'on ne peux pas s'empêcher de les plaindre, même si c'est vrai qu'ils n'ont pas vraiment utilisé une bonne méthode pour forcer Gideon à les aider.

Ceci dit, on les pardonne, vu qu'ils n'avaient vraiment pas d'autres choix.

Dans l'ensemble ce tome change un peu des tome précédents et pour ça j'ai trouvé que c'était un bon apport. On découvre de nouveaux surnaturels qui prennent ici une forme un peu originale.

Par contre je dirais que le seul point négatif est qu'à force d'additionner des bouts d'intrigues sur plusieurs sujets en même temps, on fini par ne pas s'y arrêter assez suffisamment vu la taille des livres.
Ici ce tome en plus de l'intrigue principale des Duchenes, traitait du passé de Gideon, de son ancienne famille, et du problème en faërie, ce qui faisait trop pour 200 pages.

Du coup c'est un peu le même reproche que pour le précédent, pour moi tout allait un peu trop vite, était un peu trop expédié rapidement.

Mais sinon j'ai passé un bon moment, et je lirais la suite avec plaisir.

15.5/20

mercredi 7 mars 2018

Miriam Black, tome 1 : Blackbird de Chuck Wendig






Année de sortie : 2014
Titre original : Blackbirds
Éditeur : Eclipse - Panini
Nombre de pages : 477





Mon avis :

Un livre qui m'a grandement surpris au début, il n'était pas du tout ce que j'en attendais, trop chaotique pour moi, mais que j'ai finalement réussi à apprécier sur la fin.

Quand Miriam Black touche quelqu'un, elle peut voir le moment de sa mort, et en détail. Cela rend ses relations très difficiles. Et le pire la dedans c'est qu'elle ne peut rien y changer. Si elle essaye d'intervenir c'est son action qui va déclencher la mort de la personne en question, en fait sa vision inclue déjà son intervention - ou pas - quand elle la reçoit. 
Du coup elle c'est résignée au fait que le Destin était déjà calculé à l'avance, et a décidé de ne jamais s'attacher à personne et a en profiter. Elle surveille les personnes dont elle sait que la mort est imminente, accidentelle et solitaire pour leur voler leur argent, elle reste en marge de la société. Elle est tout le temps en train d'avancer, voyageant de motel en motel ...

Du coup sa vie se passe sur les routes, toujours en mouvement. En fait on est dans un Road movie car tout se passe quasiment en chemin. Elle fait la rencontre de deux personnes qui vont changer sa vie. D'un coté le chauffeur de poids lourd, Louis, qui la prend en stop et qui dit son nom en mourant, et de l'autre un petit délinquant, Ashley, qui va lui apporter la ruine. 

C'est deux personnages sont vraiment totalement opposés. Autant Louis est le gentil par excellence, qui fait limite naïf et victime ici (même si on s'aperçoit quand même qu'il est bien plus complexe que ça), autant Ashley est dans une spirale de violence et de folie qui ne pourra pas s'arrêter. Et pourtant Miriam décide de s'attacher à Ashley et de rejeter Louis. 

On ne va pas se le cacher, on est dans un des livres d'urban fantasy les plus chaotique et violent que j'ai lu. Ce n'est pas nouveau que le genre peut l'être grandement, j'avais déjà expérimenté ça avec Blood Orange ou Kryna plus récemment, mais c'est vrai qu'en général je m'y attends, alors que la ça n'a pas du tout été le cas.
Mais la ou les deux précédent avaient franchis la barrière entre ce que j'apprécie et ce que je n'apprécie pas, celui ci arrive de par son final à totalement renverser la vapeur et à me donner vraiment envie de voir comment la situation va évoluer dans les tomes suivants.
 
J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal avec Ashley. Il est réaliste, mais justement c'est ça qui m'a le plus effrayé. Non pas que je ne le trouve pas bon dans son rôle, mais au contraire je le trouve trop bon. C'est le genre de personne qu'on n'a pas envie de rencontrer le soir en rentrant même si on sait qu'ils existant, l'incarnation de la peur du chaos qui peut nous tomber dessus alors même qu'on ne lui a rien fait, juste parce que pour lui c'est fun et qu'il rigolera en vous regardant vous débattre pour votre vie. Il est vraiment à moitié fou tout en étant totalement focalisé sur son but qu'il fera tout pour réaliser en prenant le maximum de plaisir en route. 

Miriam est un personnage qui c'est perdu en cours de route. Elle ne vit qu'au jour le jour, elle ne respecte personne, jure à toutes les phrases et la mort est devenu son quotidien. Vu de l’extérieur elle est badass et trash, mais ce n'est qu'une couverture. En fait elle se laisse totalement aller, et même quand le pire lui arrive elle s'en fou totalement. Elle se considère comme une charognarde, qui se repait de la mort des autres et même si maintenant elle s'y est fait, ça ne la réjouit jamais. Elle ne considère pas qu'elle a encore un avenir, elle est vraiment au fond du trou. Mais pas dans le sens qu'elle est en dépression, non, vu qu'elle continue à se battre pour survivre, mais au fond elle le fait plus pour la forme que parce que ça lui importe beaucoup. Elle a compris que le Destin était déjà joué et qu'elle ne pouvait rien y changer.

J'ai trouvé son personnage très réaliste, elle est bourrée de failles ce qui la rend très humaine. Elle est aussi complexe parce qu'on sent derrière tout ça qu'elle a aussi un coté très gentil mais que celui ci c'est fait battre à plate couture par le destin et se tapit dans un coin sombre depuis.

J'avoue que j'ai vraiment eu du mal au début. Le récit est très chaotique, il n'est pas raconté linéairement, et les personnages ne donnent pas forcement envie de les apprécier au premier abord. Mais finalement je ne regrette pas d'avoir persévéré car j'ai grandement apprécié la fin.

On est donc dans un roman qui raconte la descente en enfer d'une femme seule contre le Destin. On n'est pas dans un conte de fée mais l'espoir existe tout de même un peu et prendra un tour que Miriam n'attendait pas du tout, et en tout cas plus depuis longtemps.
Du coup je suis vraiment très curieuse de voir comment la situation peut évoluer vis à vis des personnages.

15/20
D'autres avis sur ce tome : Zina (les pipelettes en parlent), Blackwolf (Blog-O-Livre),

mercredi 18 janvier 2017

Matthew Swift, tome 1 : La Folie des Anges de Kate Griffin

Kate Griffin est le pseudonyme de l'auteur Catherine Webb qui écrit aussi sous le nom de Claire North (Les quinze premières vies d'Harry August)



Titre Original : A madness of angels
Année de sortie : 2011
Éditeurs : Eclipse - Panini
Nombre de pages : 636




Résumé :

Matthew Swift est l’apprenti du puissant sorcier Robert James Bakker. Il est aussi présumé mort, tué par un mystérieux attaquant. Mais deux ans plus tard, ce jour n’est pas un jour comme les autres, c’est le jour où il revient à la vie.
Il s’éveille dans son lit, dans sa maison. Sauf que ce n’est plus son lit, ce n’est plus sa maison. Il s’éveille avec des yeux bleu électrique, et avec des pouvoirs bien supérieurs à ce qu’il maîtrisait auparavant, partageant son corps avec un ange électrique.
Mais Matthew Swift n’est pas intéressé par les raisons de son retour, mais plutôt par sa vengeance. La vengeance contre son tueur et ceux qui l’ont envoyé.
Mon avis :

Un premier tome très original que j'ai vraiment adoré !

 Lu quelque part : Une version Urban fantasy de Kill Bill.
Et c'est vrai que finalement c'est assez ressemblant, c'est exactement le même genre d'histoire, ou on ne connais que le désir de vengeance du héros et ou on en apprends plus sur ce qu'il c'est vraiment passé et qui est le coupable petit à petit.

En fait c'est vraiment de la fantasy urbaine au sens littéral, ou les magiciens puisent leurs pouvoir de la ville elle même, Londres. Des mythes et légendes, des souvenirs laissés par les gens dans les lignes téléphoniques, des objets oubliés dans le métro, des graffitis se crée un pouvoir et certaines sources sont tellement fortes qu'elles crée la vie, une vie magique, avec par exemple "la Mendiante" qui est l'esprit de tous les sans abris. Se sont les esprits des lieux urbains, créés par le nombre de vie dans une même situation. La vie crée de la magie en quelque sorte et l'accumulation renforce son pouvoir.

C'est vraiment un des univers les plus originaux que je n'ai jamais lu et j'ai trouvé ça génial. Un vrai sentiment de merveilleux, mais de merveilleux par rapport à quelque chose qu'on a tendance à ne pas aimer, nous citadins. Qui verrait de la magie dans une flaque d'eau salle ou sur une voie ferrée polluée et pleine de détritus? C'est la le génie de ce livre, arrive à nous faire ressentir tout ça.

Un autre originalité du récit vient du fait que le protagoniste principal .. est multiple. Il est certes revenu d'entre les morts, mais il est changé, il n'est plus lui même. D'ailleurs quand il parle il s'oublie souvent et il passe du Je au Nous en plein milieu des phrases. Et c'est assez perturbant, un peu comme si il était schizophrène, on ne sait pas vraiment ce qu'il se passe avant au moins la moitié du livre.
  J’ai appuyé le front contre le verre froid, luttant contre la terreur soudaine qui menaçait de nous faire tomber à la renverse. Il fallait continuer à respirer, continuer à bouger. Rien d’autre ne comptait. Courir assez vite et assez longtemps et, peut-être, en passant, trouver un plan. Mais ça ne servirait à rien en étant déjà mort.

Mes jambes ont pris le relais de mon cerveau et m’ont entraîné hors de la pièce. Mes doigts ont doucement tiré la porte et j’ai cligné des yeux sous la lumière épouvantable de l’ampoule de cent watts du couloir. La moquette était neuve et épaisse, la rampe d’escalier polie, mais ce qui a attiré notre attention, c’était le tableau sur le mur, une reproduction d’un Picasso que j’avais acquis pour cinq livres, tout en couleurs étranges et proportions troublantes, j’avais l’impression que cela remontait à une éternité. Il se trouvait à l’emplacement précis où je l’avais accroché. Je me suis presque senti froissé. Nous étions fascinés : une explosion créative, un miracle visuel dans toute sa splendeur, devant nous, pour le même prix qu’un plat du jour dans un restaurant thaï. Est-ce que tout était comme ça ? J’avais du mal à me le rappeler.

Il est aussi étonnamment naïf, bon c'est expliqué et logique je vous rassure, mais il y a une colère limite d'enfant dans cette vengeance qu'il poursuit tout du long, avec un coté très manichéen, d'un coté ceux qui sont coupable et dont il faut se venger ... et de l'autre tous les autres, pas de bons dans cette histoire, des alliés, temporaires, et si il faut s'allier avec le diable, il le ferra.
Cela donne un sentiment de décalage, j'ai eu un peu de mal à s'attacher à lui finalement. Mais pas dans le mauvais sens non plus, c'est à dire qu'il exerçait plus de la fascination qu'une identification quoi.
Ce livre m'a vraiment sorti de mon quotidien, j'avais une sorte de recul tout en étant vraiment totalement prise dans l'univers.

Le style est vraiment bon, rien à dire la dessus, l'auteur arrive a nous faire ressentir la poésie urbaine. J'ai vu ce livre comparé à du Neil Gaiman, et si je dois dire que cet auteur n'a pas encore réussi à me réussir je trouve la comparaison intéressante.
En fait il y a quand même pas mal de descriptions, c'est vraiment fouillé, on ne passe pas les événements en une ligne, non. C'est assez dense et travaillé.
Ça n’aurait pas dû se passer ainsi.
Trop laborieux, ce réveil, le sol chaud sous mes doigts, un tapis qui gratte, épais, la peau qui me démange, un véritable assaut de fourmis affamées ; trop longtemps privé de sensations, faible, les jambes d’un nourrisson. J’ai ordonné à mes orteils de remuer, et mes orteils ont remué ; après un tel effort, tout mon corps a frissonné. J’ai ordonné à mes yeux de cligner, et mes yeux m’ont fait l’effet de deux caramels mous, collants, lourds, refoulés par mes paupières qui menaient une garde inflexible. J’avais l’impression d’essayer de soulever des haltères avant un marathon.

Après je dirais quand même que ce n'est pas un récit facile. On est longtemps perdu dans l'univers, aussi perdu que le héros en fait, ou même plus que lui. On n'apprends pas la magie, on n'a que très peu d'explications, elle est juste disponible pour notre héros qui sait en fait usage et qui l'utilise quand c'est nécessaire. Mais jamais il ne nous prévient avant ou nous explique ce qu'il est en train de faire, ça reste très mystérieux.
De même pour la situation, on la devine petit à petit quand les événements arrivent, c'est la que le parallèle avec Kill Bill est bien trouvé parce qu'on ne fais que suivre le personnage dans sa vengeance sans avoir vraiment idée de ce qui se passe vraiment (ou ce qui c'est passé).
C'est assez brut et sanglant aussi, ici il ne faut pas non plus trop s'attacher aux personnages, car des morts ça ne manquent pas. C'est noir et sombre, on est vraiment dans les bas fond de la ville.

Au final je dirais que ce livre est une énorme découverte, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de récit et du coup j'ai mis énormément de temps à le lire, je l'ai vraiment savouré.
Un livre que je suis vraiment heureuse d'avoir lu.

Pour ceux qui hériteraient à se lancer je rajouterais que ce live se lit totalement comme un one-shot, il a une vrai fin et seule l'envie d'en savoir plus sur ce personnage et l'attachement à l'univers nous poussent vers la suite qui n'existe malheureusement qu'en anglais.

17/20

mercredi 15 juin 2016

Jane Yellowrock, tome 3 : La Lame de Miséricorde de Faith Hunter






Titre Original : Mercy Blade
Date de sortie :  2011
Éditeurs : Eclipse - Panini books - Roc
Nombre de pages : 448




Résumé : 

Et ça chauffe à la Nouvelle-Orléans. Les garous ont révélé leur existence au monde, et ont ravivé les tensions de longue date qui les opposent à leurs vieux ennemis : les vampires. En tant qu’employée de confiance de Léo Pellissier, le maître de sang de la ville, Jane se retrouve prise entre deux feux.

Lorsqu’elle est attaquée par une meute de loups-garous en maraude, Jane est reconnaissante de recevoir l’aide d’un étranger mystérieux, répondant au nom de Girrard. Il lui explique alors qu’il a été la « Lame de Miséricorde » de Léo, une fonction sacrée qui lui donnait la charge de tuer les vampires devenus fous. Ce que Jane ignore est la raison pour laquelle le puissant assassin a quitté la ville et, plus troublant encore, la cause de son retour. Et ce n’est définitivement pas pour rendre la vie de Jane plus facile...

Avis de Lianne

Cette série est définitivement une de mes préférée.
Ce tome la est vraiment une suite directe des précédents, il introduit certes une nouveauté avec l'arrivée des Garous mais en fait tout est lié.
J'ai adoré l'idée que dans cette série tous les surnaturels ne sont pas brillants ou "gentils", ils ont tous leur coté sombre, même Jane. Les vampires me fichent la trouille la plupart du temps, ils sont loin d'être des personnes sur qui on peut compter, il faut toujours être sur ses garde en leur présence, surveiller ses paroles et ses actes. Les garous ne sont pas en reste, ils sont même pire car ils n'obéissent quasiment a aucun règle, et ils vont très loin pour arriver à leurs fins. J'ai vraiment ressentit de la tension tout au long de ce tome.

J'adore toujours autant la relation de Jane et de sa bête, leurs conversations sont intelligentes et souvent marrantes, elles apportent de la légèreté a l'ensemble. Mais sa relation avec les vampires et leurs façon de toujours vouloir avoir toutes les données en main met en péril son secret. Jusqu'ici elle arrive tant bien que mal à le conserver mais on sent qu'ils ne sont pas loin de la vérité et qu'elle finira par éclater à un moment ou a un autre.
Bon si y a un point que je reproche quand même à cette série c'est le fait que Jane est de temps en temps obnubilée par la religion, elle est vraiment croyante. Bon ça n'arrive pas vraiment souvent ce qui fait qu'on peut passer la dessus mais j'avoue que j'ai tendance à passer rapidement ces passages la qui ne m’intéressent vraiment pas.

Au niveau de l'intrigue on est vraiment dans un épisode lié aux précédents, et c'est encore un bon point pour cette série qui arrive à vraiment donner une profondeur et un passé à son monde, l'intrigue se complexifie au fur et à mesure qu'on en apprend plus. C'est un point que j'adorais dans une autre série d'Urban que j'adore, les Dresden mais qui arrive bien plus tard, dans celle ci les liens forts entre tous les éléments débarquent dés ce tome ci et ce n'est visiblement pas fini.
Le scénario est vraiment complexe, on a plusieurs intrigues liées entre elles et on met du temps à en démêler les bouts. C'est très intéressant, un vrai puzzle en fait, ce qui fait qu'au final le tome est dense pour de l'urban fantasy ! Le rythme est toujours aussi endiablé, comme dans les précédents tomes, rien n'est simple d’accès ni ce qu'il semble être au premier abord, le livre déborde de tours et détours pour habilement nous cacher la vérité.

En résumé : Encore un volume réussi pour cette série que j'aime décidément toujours autant, un tome riche et complexe, avec une héroïne double toujours aussi intéressante. Ce tome arrive à nous apporter de la nouveauté tout en nous approfondissant l'univers et le passé, le tout dans une intrigue qui va a un rythme endiablé et qui regorge de retournements de situations.
Dommage que la traduction s'arrête au 4ième tome pour l'instant, j'espère que quelqu'un lui redonnera sa chance !

17/20