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mardi 15 octobre 2019

De haut bord, tome 3 : La dernière trouée du Cumberland de H. Paul Honsinger

L'Atalante, 382 pages, 2017, Science-fiction


Un tome fun et plein d'actions mémorables, même si le rythme était peut être un peu inconsistant. 


Nous découvrons le commandant Robichaux en bien mauvaise posture au début de ce tome. Après avoir fuit à la fin du tome précédent, le voici acculé par les Krag dans un piège. Entouré de huit vaisseaux qui savent qu'il est dans le coin et qui l’empêchent de sortir, il n'est encore entier que grâce au camouflage de son nouveau vaisseau qui le rend indétectable sauf au scan direct. 

Il va bien falloir trouver un moyen de s'en sortir, surtout qu'il est chargé d'une mission importante pour qui pourrait changer le visage de la guerre : détruire un amiral ennemi qui se rend actuellement sur le front ...


Petit rappel du contexte de la série : Le commandant Max Robichaux est à la tête de l'USS Cumberland. Lui, son ami le docteur Ibrahim Sahin, le medecin de bord, et tout son équipage se battent contre les Krags, une espèce extraterrestre qui a décidé de faire des humains sa première cible, dans des missions spéciales d'infiltration. Le tout grâce à un tout nouveau type de vaisseau qui est capable de masquer sa chaleur pendant un temps et donc d'être totalement indétectable sauf si on passe un scan directement dessus (et vu l'immensité de l'espace, à moins d'être acculé, c'est un coup de chance).

*****

La narration est à la troisième personne, de ce fait l'auteur utiliser la présence du docteur comme ressort explicatif. Celui ci n'étant pas du tout familier avec la marine, il n'en comprend ni le jargon, ni les principes. De ce fait celui ci n'arrête pas d'interrompre Robichaux et les autres officiers pour demander des explications. Explications bien entendu bienvenues pour le lecteur qui ne comprenait pas plus que lui ce qui se passait avant.

Dans le tome précédent ce principe m'énervait, c'était d’ailleurs pour moi le principal point noir. Surtout que je trouve que la présence du docteur est vraiment "en trop" dans la plupart des cas. Il n'est pas marin, il n'a rien à faire dans les briefings de mission top secret par exemple, même si il nous permet de les comprendre.
Mais le point positif dans ce tome, c'est qu'il y en a beaucoup moins. Du coup ça m'a moins braqué et j'ai pu apprécier le tome plus sereinement.


Franchement le début de ce tome était admirable. Les tactiques utilisées par Robichaux sont à entrer dans les annales tellement son esprit tactique et son ingéniosité brillent.
Si il y a un point fort dans cette série c'est la façon dont l'auteur arrive à trouver toujours de nouveaux détails et tactiques qui rendent passionnant les passages difficiles. Les 150-200 premières pages de ce tome étaient donc vraiment totalement ce que j'avais envie de lire.

Au final le livre se découpe en deux parties. La première étant de se sortir de sa situation de départ bloquée, donc j'ai parlé juste au dessus. Le problème vient de la suite. Ayant été bluffé par le génie de ce passage, j'ai trouvé la suite bien plus plate et en comparaison sans grand intérêt. Surtout les passages du début de cette seconde partie qui ne sont que des blabla et des problèmes de hiérarchie sur une mission à plusieurs.

Même quand l'action arrive enfin on est sur un niveau en dessous. L'auteur innove un peu en nous montrant tout un passage important de la seconde mission par les yeux de l'ennemi. C'était bien trouvé parce que du coup on n'a aucune idée de ce que va faire Robichaux. On le découvre au fur et à mesure que les Krags le subissent. Par contre on se doute un peu de la fin de cette manœuvre et donc ça donne moins de palpitations que le début. 

Reste le passage final qui était une bonne conclusion au tome mais qui manquait un peu de puch car n'étant qu'une succession d'attaques rapides qui finissent rapidement aussi. Robichaux est toujours aussi bon, rien à redire. Il arrive toujours à trouver un truc à faire dans une situation désespéré mais vu que tout s'enchaîne trop rapidement on n'a pas vraiment le temps de sentir la tension monter.

*****

Sur l'ensemble de la série (et pas spécifiquement sur ce tome ci) si je devais faire une critique je dirais que des fois ça fait peut-être un peu trop carte postale pour la marine. Tout se passe trop bien, pas de conflits, les personnages ont toujours la bonne attitude. C'est trop lisse pour être crédible, du coup il faut limite se croise dans du Star Trek pour apprécier (il y a d'ailleurs des références dedans). Ça ne sera pas un point négatif pour tout le monde, bien sur.

Le fait d'avoir éliminé les femmes simplifie aussi la tache de l'auteur qui n'a donc pas à se soucier du coté sentimental de ses personnages. Ça n'est pas non plus très crédible, surtout qu'à aucun moment ce fait devient une frustration pour les hommes, étonnant vu le nombre d'ados et de jeunes hommes que le vaisseau comporte.

D'après ce que j'ai lu sur le site de l'auteur, il souhaitait faire de cette série une série récurrente mais n'en a pas eu l'occasion pour l'instant. Ce tome est sorti en VO en 2015 et rien depuis (il comptait sortir un tome par an). Apparemment il est tombé malade et n'a pas pu reprendre l'écriture. J'espère qu'il se rétablira et que dans les années à venir on aura le plaisir de retrouver Robichaux et les autres.

Au final j'ai passé un bon moment dans ce tome. Il était très sympa, un peu mieux que le précédent au niveau des explications mais un peu moins bon au niveau du rythme. Le tout se compense et place donc ce tome au même niveau.

16/20


D'autres avis sur ce tome : Apophis,

Mes avis sur les tomes précédents : tome 1 : Cœurs d'acier, tome 2 : Rapprochement à gisement constant,


Livre lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, session 63.


mardi 12 mars 2019

De haut bord, tome 2 : Rapprochement à gisement constant de H. Paul Honsinger






Titre original : For Honor We Stand
Année de sortie
: 2017 (2013 VO)
Éditeur : L'Atalante
Nombre de pages : 512
Genre : Science-fiction

 
 
 
 
 
Mon avis :
   
Bien que souffrant des mêmes problèmes que le tome précédent, j'ai tout de même passé un meilleur moment dans ce tome ci. 

Pour pouvoir combattre les Krag, qui sont bien trop puissants, les humains doivent s'allier. Malheureusement les nations sont multiples et les enjeux très lourd, rendant les négociations difficiles.
Max Robichaux, nouveau commandant du Cumberland, doit escorter le docteur Ibrahim Salim qui a rendez vous avec les dirigeants des mondes unifiés de Rashid dans l'espoir d'accélérer les choses. 

Mais les obstacles sont nombreux, aussi bien externes qu'internes, et le voyage de Max ne sera pas de tout repos ...


Je ne vais pas à nouveau détailler tout les points que j'ai moins apprécié, ils sont quasiment identique à ceux que j'avais décrits dans ma chronique du premier tome, Coeurs d'acier, bien que moins marquants ici.
Heureusement d'ailleurs, sinon j'aurais du mal à dire que cette lecture a été meilleure. Ce qui a été le cas ici, étrangement. On peu peut être dire que le fait que je m'attende à les trouver m'a aidé à les oublier rapidement et à m’immerger plus facilement dans le récit.

Je vais tout de même vous parler de ceux qui m'ont le plus gênés ici.
Le premier est que j'ai trouvé qu'Ibrahim n'était en fait que l’excuse pour Max d'expliquer ses actions au lecteur. En fait en dehors de ça, il ne sert quasiment à rien. Sa présence dans la salle de commande ne se justifie absolument pas et est même contradictoire avec tout les règlements dont Max est pourtant très friand en temps normal. Il pourrait très bien être un autre membre lambda de l'équipage, ceux dont on n'entend jamais parler parce qu'il ne se passe rien autour d'eux.

Le récit est donc émaillé de "Explique moi Max, je ne comprend pas ce que tu es en train de faire et le vocabulaire utilisé", suivi de "Mais bien sur mon cher, voici ce qui va se passer ..."
Et j'ai trouvé ça très énervant,  leur relation n'évolue pas un poil, le docteur ne comprend toujours pas plus à la fin qu'au début, il demande sans cesse des explications pour tout. 

Le second point est le coté trop parfait de Max. Ce type est vraiment un génie sur tout les points, il a toujours LA bonne idée au bon moment, dans les pires situations, etc ...
Et du coup on a la liaison avec le point précédent, il passe donc le tome à expliquer ses points de génie ce qui donne l’impression qu'il est toujours en train de vanter le fait qu'il est bon et qu'il le sait Et bien sur, que les autres ne le sont pas, on ne rencontre personne qui est à son niveau, vu que le seul qui pourrait l'être est trop éloigné pour être vraiment inclut dans l'histoire. On est dont souvent confronté à l'imbécilité des autre commandants ce qui oblige Max à de nouveau prendre la main d'une façon ou d'une autre.
   
Bref, une fois mis de coté tout les défauts qui peuvent énerver, le reste m'a bien plu. L'ensemble se tient, et on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Pour une fois je n'ai pas noté de sentiment de tome de "milieu de série" tellement il se passe d'événements importants et capitaux pour la suite.
     
Le fait d'ajouter aux problème interne un coté politique était une bonne idée. Ça rajoute de la profondeur au récit et ça nous sort un peu de la routine qui s'était installée dans le premier.
Au final j'ai tout de même passé un bon moment dans cette lecture, contrairement au premier et j'ai du coup bien envie de lire la suite, ce qui est un bon point étant donné ma réticence à donner sa chance à ce tome ci que j'avais à la fin du premier. 


16/20

Mon avis sur le tome précédent : Coeurs d'acier,

mardi 13 décembre 2016

De haut bord, tome 1 : Coeurs d'acier de H. Paul Honsinger






Titre Original : To Honor You Call Us
Année de sortie : 2016
Éditeur : L'Atalante
Nombre de pages : 480




Résumé :

Par ordre de l’amiral « Tape-Dur » Hornmeyer, le lieutenant Max Robichaux, promu capitaine de corvette, reçoit le commandement du Cumberland, un destroyer de classe Khyber, moderne et puissant. Sa mission : arpenter furtivement le Libre Corridor et frapper le commerce krag afin de saper son effort de guerre. Son handicap : un équipage sans moral et sans efficacité qui a fait du Cumberland la risée de la flotte. L’Union de la Terre et des Mondes colonisés est en guerre contre les Krags, une guerre sans merci dont l’issue peut conduire à l’anéantissement de l’espèce humaine. Son bouclier : la Spatiale de l’Union, cœurs d’acier ses vaisseaux, cœurs d’acier ses matelots et ses officiers. 
Dans la tradition du roman de la marine à voile, la trilogie « De haut bord » s’inscrit au plus haut de ses prédécesseurs : « Honor Harrington» et « La Flotte Perdue », David Weber et Jack Campbell.

Mon avis :

Bon je vais le dire dés le début, ça n'a pas été une excellente lecture mais je ne peux pas dire non plus que je n'ai pas aimé ce roman, on est vraiment entre les deux. Une lecture mitigée en fait, d'un coté j'ai bien aimé l'action, le scénario global et certains des points abordés que je trouve relativement originaux, alors que je n'ai pas trouvé crédible d'autres points que je vais détailler ici.

Je pense qu'une partie de ma déception vient justement de la comparaison que j'attendais avec Honor et la Flotte perdue, que j'ai lu et bien aimé. Comme toujours c'est plus facile d'expliquer ce qui ne va pas donc on va surtout parler des problèmes de ce livre.
J'ai trouvé que toute la première partie du livre, qui concerne la gestion de son équipage vraiment pas à mon gout. En fait tout était trop lisse, trop facile. Un problème? La solution est trouvée dans les pages qui suivent. Mais je pense que pour une personne qui lit ce genre pour le première fois ce livre peut être une bonne introduction au genre parce qu'il est loin d'être aussi dense que ceux de ces prédécesseurs qui peuvent faire peur. En gros c'est pour moi un tome parfait pour un nouveau lecteur, voir un amateur de YA.

La gestion de l'équipage, qui correspond environ à la moitié du livre manquait de plein de petits détails qui airaient pu rendre le tout plus réaliste. Un exemple vraiment pris au hasard : ils ont en réunion au début, et on a vraiment un monologue du capitaine, assez long, qui liste une foultitudes de points à changer. Et a aucun moment l'auteur ne décrit ce que font les autres personnages participants à cette réunion, il ne dit pas de quelle façon ils retiennent la liste sans prendre de note, ni comment ils organisent les changements, il manquait les interruptions pour clarifications et autres dialogues quoi, ça m'a directement donné une impression de stérilité du récit.

Je n'ai pas non plus vraiment aimé le fait que pendant toute cette partie du livre, les seules fois ou on suis d'autres personnages que le héros c'est pour un point bien précis pour étayer le problème qu'on était en train de résoudre. Ça ne faisait absolument pas naturel, c'était comme si on mettait une flèche pour souligner le problème avec pour sous-titre "vous voyez, il a raison le capitaine, il y a bien un problème". C'était redondant et ça gâchait un peu la résolution vu qu'on se doutait comment ça allait finir à chaque fois.

En gros j'avais l'impression que l'auteur avait une liste de problèmes à résoudre dans ce genre de situation et qu'on les passait les unes à la suite des autres en les résolvant de la meilleur façon qu'il soit bien sur.
Et c'est un des autres points que je n'ai pas trop aimé sur cette partie, c'est le capitaine, notre personnage "principal" qui manquait de cohérence que ça soit au niveau de la narration (des fois on a toutes ses pensées et à d'autres moment c'est le blanc complet) ou niveau de son caractère et de son passé.

C'est difficile à expliquer concrètement ce que j'entends par la. En fait, la plupart du temps on entend ses pensées, ce qu'il décide, et pourquoi il le fait, ce qui est normal quand ce personnage est le narrateur, alors qu'a d'autre on s'en éloigne et on le traite comme si le narrateur devenait extérieur, et ces changements m'ont déstabilisé je pense. Par exemple à un moment il consulte des personnes sur un n-ième problème, on nous décrit les dialogues, les débats que les consultants ont sur le sujet, et finalement le capitaine les interromps et leur dit que c'est bon, qu'il a décidé ce qu'il fallait faire. En fait pendant tout le passage pour moi il manquait le débat intérieur que le capitaine aurait du avoir dans sa tête en écoutant ses consultants pour nous expliquer pourquoi il a pris la décision, c'était comme si le personnage du capitaine sur cette scène n'était plus le personnage principal, et qu'on se contentait d'être un observateur extérieur.
Je ne sais pas si j'ai été claire la dessus en fait.
En tout cas le résultat c'est que j'ai pas eu l'impression de connaitre le personnage, je m'en suis détachée et il a fini par manquer vraiment de profondeur.
Surtout que pendant la quasi totalité du livre on a vraiment l'impression que c'est une personne équilibrée, même dans les pires moment il est calme, posé, sensé, aucun souci quoi. Et d'un coup ... on découvre qu'il avait en fait un gros problème psychologique et qu'il a un passé très sombre et dramatique qui le mine de l'intérieur depuis longtemps ... Non, vraiment la pas crédible, ça fait vraiment trop "rajouté à la fin pour dramatiser la situation". Il n'y avait vraiment RIEN qui laissait supposé que ça soit le cas avant, pas la moindre indice.

Bon je précise que malgré ces problèmes à aucun moment je n'ai eu l'envie de fermer mon livre, non pas à ce point, en fait j'ai juste trouvé que c'était vraiment trop traité en surface, et que ça manquait de profondeur. Un peu comme si le livre était destiné à un public YA plus qu'adulte. Passons sur ce début orageux.

Pour ce qui est du reste sur cette première moitié de livre, il y a plusieurs points abordés que j'ai bien aimé. Par exemple le fait que l'auteur ajoute des abordages de vaisseaux dans son histoire. C'était bien la première fois que j'en lisais, en général dans ce genre de littérature on est plus dans de la tuerie à distance que dans le corps à corps (vu les distances dans l'espace). Et j'ai trouvé que ça rajoutait le coté combat à l'arme blanche très sympa.

Le second point que j'ai bien aimé c'est le coté psychologique de l'équipage et l'usage et la fabrication de drogues sur les vaisseaux. J'avoue que c'est la aussi un point qui est très rarement abordé, en général on retrouve le thème sur des bases, au sol quoi, mais jamais dans le confinement d'un vaisseau. Sans parler des histoire de dépression et de suicide qui la encore, même si elles étaient abordées de façon trop simple (je ne vais pas revenir sur le sujet), étaient originales.

La seconde partie du livre, qui était bien plus centrée sur l'action était pour moi bien meilleure. On sortait enfin du huis clos d'avant pour se tourner vers l’extérieur. Et le résultat était bien distrayant, l'histoire est sympa et la résolution aussi. Je l'ai lu quasiment d'une traite et ça à fait du bien à mon humeur je dois dire.

Du coup c'était d'autant plus dommage que ce début ai duré si longtemps pour pas grand chose vu que ce n'était que l'introduction de l'histoire.
En gros je me doute que la suite sera meilleur, car maintenant que les problèmes sont principalement résolus on ne va surement pas revenir la dessus, et on va rester sur les parties les plus intéressantes du livre.
C'est pourquoi malgré cette lecture moyenne je donnerais sa chance au tome suivant pour voir ce que ça peut donner sur le long terme !

14/20